dimanche 5 juillet 2009

Disparition du Dr Pratt

 

C'était un jeune urgentiste très talentueux. On le regrette déjà.

















source : dernière saison d'Urgences, le feuilleton le plus populaire de l'histoire de la télé

vendredi 3 juillet 2009

Classement divers : étreinte brisée dans l'accident du minibus

    

Le moment est venu pour nous de faire le bilan. Celui qui nous tient particulièrement à coeur, c'est le classement des Zozos Aquitaine. Nous avons planté nos racines dans ce terroir où Henri IV naguère enfantait chaque fille de ferme, le pays où au crépuscule la couleur orange teinte l'horizon nous plongeant dans une rêverie qui fait parvenir jusque dans notre coeur le propos de Chateauterni. "Je me suis rencontré entre deux siècles, comme au confluent de deux gaves ; j'ai plongé dans leurs eaux troublées, m'éloignant à regret du vieux rivage où je suis né, nageant avec espérance vers une rive inconnue."* Cette 26ème place est particulièrement remarquable, talonnés que nous sommes par Joan Taris de Blanquefort que nous sommes parvenus à reléguer à la 28ème. Cela a été un combat difficile. Songez que ce blog n'existe pas ! Dès lors, comment lutter à armes égales ?

Le blogage évolue. Que voyons-nous aujourd'hui ? Des blogueurs qui fabriquent des commentaires à la chaîne. D'autres qui fabriquent leurs billets à partir de leurs propres commentaires. C'est l'avenir. Une malfaitrice qui prend la place des malfaiteurs. Un faucon qui se prend pour un écureuil. De bons amis qui s'étripent : gare au hachis. Les petits animaux sympathiques et les noms d'oiseaux, c'est toute notre vie. En voiture, c'est notre destin.

La bonne nouvelle, c'est la montée de notre indice technocratique. Le monstre a toujours autant de difficulté à indexer les billets. Ce n'est pas grave puisque désormais il y a les laboratoires spécialisés dans la ficelle qui effectuent le même service.

Le Blog-au-nez ? 228 place. C'est excellent. Nous sommes dans la catégorie culture. Mais oui. Ca vous en bouche un coin. On parle de François-René de Chateauterni, on essaye de ne pas être trop balourds, trop empesés, ni trop, osons le mot, cool. Comme certains. Je ne critique pas mais je les trouve un peu trop cools. Si vous voyez ce que je veux dire. Cherchez pas trop non plus.

Le Classement Miko ? C'est vraiment le truc qui n'intéresse que moi, ça. Pardonnez-moi d'en parler. Ma consœur et néanmoins amie Yaëlle en sera particulièrement bouleversée, elle qui aime les titres sulfureux, les étreintes belliqueuses et les baisers à l'âme. Crions avec elle***. Notre effroi. Cette torpeur qui nous glace. Car le Miko a baissé. Nous n'évoquerons pas notre rang dans cette catégorie "divers" qui nous humilie chaque mois davantage. Nous ne sommes pas divers. Nous aspirons à l'unité du corps et du saint esprit. Enfin, bref. On perd 12 places. Un minibus. C'est incompréhensible. Enorme. Quand on pense que aussi bien personne ne réagira.
Il ne nous reste plus qu'à espérer un miracle, une 100ème place au général pour que le Toréador retourne la banderille dans la plaie. 

* François-René de Chateauterni, Mémoires d'Outre-Blog
** Très bon le billet dudit Faucon sur la presse people.
*** Un petit mot amical au sujet du classement de nos amis : criez votre joie, criez votre peine, c'est la nôtre.

    

Conseil de bolgage : plantez des commentaires

La rédaction vous prie de bien recevoir ses pattes écluses, le seul rédacteur disponible aujourd'hui est affecté d'un syndrome d'inversion kitenique. Sic.

Le classement Blog-au-nez a de plus en plus de succès auprès des bolgueurs. Sachez cependant qu'il prend en compte le nombre de commentaires. 

Il prend en compte le nombre de commentaires.

Il prend en compte le nombre de commentaires.

Il les prend en compte.

Ca compte.

Donc, pensez à laisser pousser les commentaires. Et à les arroser. Et les arroser. Arroser. Hic.






   

jeudi 2 juillet 2009

Bye Malden !

Dans les années 70, il n'y avait pas grand chose sur les chaînes de télé française. Les Rues de San Francisco donnait l'impression qu'on allait avoir quelque chose à se mettre sous la dent avec de vrais acteurs, qui avaient une gueule ou un nom et bientôt un prénom, Karl Malden et Michael Douglas. 

De bons seconds rôles, Henry Silva, Martin Sheen, James Woods...  

Un scénario un brin accrocheur. Faut dire que le producteur  était une pointure, Quinn Martin. Les Incorruptibles. Le Fugitif. Vous vous souvenez du Dr Kimble ? Les EnvahisseursCannon.

Karl Malden, son imper, son chapeau mou et son visage de flic à qui on ne la fait pas, c'était déjà ça. A l'époque, il n'y avait guère de grand cinéma à la télé et une série comme "Les Rues de San Francisco", c'était une un peu le ciné qui rentrait par la petite porte.

Et Mladen Sekulovitch, dans tout ça ? C'était un grand meilleur second rôle. Le méchant de One-Eyed Jacks (La Vengeance aux deux visages, en 1961),  un formidable western avec Marlon Brando. Dans Patton, manque de bol, il joue le général Omar Bradley et c'est George C. Scott qui a la chance de jouer le général foutraque, qui se voit décerné l'oscar du meilleur acteur. Et le refuse...  

Abonné aux rôles de sergent
- Winged Victory (caporal en fait...), 
- 13 Rue Madeleine (Jump master, entraîneur pour le saut en parachute en fait...), 
- Le Carrefour de la Mort (Sergent William Cullen, voyez, je vous le disais), 
- Okinawa (PHM2 C.E. 'Doc' Jones, grade indéterminé, vous le savez vous sûrement),
- The Sellout (capitaine Buck Maxell),
- Courrier Diplomatique (sergent Ernie Guelvada),
- Operation Secret (major Latrec),
- Bombardier B-52 (Master Sergeant Chuck V. Brennan, Line Chief),
- La Mort frappe trois fois (Sergent Jim Hobbson),
- Les Cheyennes (Capt. Wessels),
- Meurtres au soleil (Captain John Kiley)
- Sergent La Terreur (sergent Laverne Holt),

Dans La Cible Humaine, il est patron de bar mais qui sait si n'a pas eu un passé militaire.

Variante, le rôle de flic Mark DixonBoomerangLa Loi du Silence. De gardien intraitable (Le Prisonnier d'Alcatraz).
 
Alors forcément, vous pensez, quand dans Un tramway nommé désir il fait le joueur de poker, bingo, il rafle l'oscar. Sacrée performance pour le sergent.

Autre vocation, les rôles de père (Le Grand Imposteur). Père psychorigide (Prisonnier de la peur, L'Ange de la violence). Père d'as (Le Kid de Cincinatti). Curé (Sur les Quais). Père vert (Baby Doll). Père exigeant (Billy Galvin).

Petit à petit, certains se sont dit qu'on pourrait imaginer une autre carrière pour lui. Il a fait le riche industriel, le médecin, le prospecteur rustre, le tycoon du tabac, l'ancien acteur, devenu imprésario, patron de ranch, méchant bandit raciste, voleur, juge, amateur de puzzle aveugle. Toujours des second rôle.

Dans La Conquête de l'Ouest, il fait un caméo, cameo appearance, ça veut dire qu'il entre et qu'il sort, il n'a donc pas le temps de monter en grade, d'apprendre un métier ou de martyriser son fils.

A la fin de sa vie, dans Twilight Time, il joue Marko Sekulovic, c'est-à-dire un peu lui-même (son vrai nom, vous le savez était Mladen Sekulovitch).

Ajoutons que dans L'Arnaque 2, il interprète un rôle qu'il a beaucoup joué, le même que dans le précédent, L'Arnaque 1.
    
En guise de conclusion, vous pouvez lire le très joli billet de Birembaum sur Le Post intitulé "Karl madeleine". Il y en a toujours pour jouer les premiers rôles à votre place.
    
   

lundi 29 juin 2009

Portmanteau de la musique noire

   
Dans la nuit de samedi à dimanche, sur l'autoroute. Beaucoup de radios au monde devaient proposer des hommages au septième enfant de la famille Jackson. Je tombe par hasard sur celui de Vincent Théval sur France Musique*. 

J'apprends une chose que vous savez. Detroit, capitale de l'automobile à l'époque, surnommée motor town.

Motor Town, Motown. En anglais, il paraît qu'on appelle ça un portmanteau. Chapeau à Lewis Caroll qui aurait trouvé le mot. Un métaplasme me direz-vous, yes my dear, un mot-valise.

On vient de fêter les cinquante ans de la maison de disque fondée par Berry Gordy Jr. Lui aussi septième rejeton de la famille (sur 8 chez les Gordy, 10 chez les Jackson). Il avait d'abord donné son nom à sa boutique. Puis cela a été Tamla avant de tomber sur la contraction de Motor Town que l'on vient d'évoquer.

Tamla viendrait d'un film avec Debbie Reynolds sorti deux ans avant la création de la maison de disques ("Tammy and the Bachelor"). La chanson du film, "Tammy", avait été un succès, Berry voulait choisir ce nom, mince il était déjà pris.

Berry a eu une love affair avec Diana Ross pendant cinq ans (et une fille, Rhonda Ross Kendrick née en 1971 ; il faut maintenant l'appeler mamy ou mémé Di). Diana était la marraine des Jackson five pour leur premier gros succès.

Pour ceux qui voudraient lire un avis autorisé sur Motown, ne pas manquer ce qui se dit sur La Fabrique. Deux petits extraits pour vous convaincre de filer là-bas vite fait lire l'intégralité de la discussion entre Tivi et Doudourou. Avec en prime Who's bad, un texte exhumé d'Extra-Ball.

"En fait, il me semble que c'est précisément Motown qui a "dépolitisé" la musique noire, si on compare ses productions à celle des autres labels noirs ou labels distribuant de la musique noire (Stax, HI records ou Atlantic).

Les groupes Motown de cette époque étaient les ancêtres des Boys Band ou des Girls Band d'aujourd'hui : Supremes, Four Tops, Martha Reeves & the Vandellas, The Commodores...etc. Seuls Gaye et Wonder ont réussi (après avoir avalé pas mal de couleuvres) à disposer de leur "libre arbitre" et ont pu faire des disques qui ont compté dans l'histoire de la musique noire."


* Trois billets du Coucou vous convaincront de boycotter France Inter.


pochette : The Temptations et allez voir ici la démonstration de Dorham en image.
      

dimanche 28 juin 2009

La cuisine de la commission d'enquête

   





















photo : kennyb83
   

mercredi 24 juin 2009

Le carrosse et les laquais

   
Pour Didier Goux, "la nomination de Frédéric Mitterrand est une bonne nouvelle, en dépit de ses palinodies télévisuelles d'antan, car il est sauvé (à mes yeux...) par un tempérament aristocratique et élitiste (indispensable dès lors que l'on parle de culture) du meilleur aloi."

"Du reste, à titre personnel, je propose la suppression pure et simple du ministère de la Culture et son remplacement par un ministère du Patrimoine."

(lu dans les commentaires du billet de PMA)

Je n'ai pas recopié une partie du commentaire où il était question de la piètre qualité des films de Bertrand Tavernier et des sommes dilapidées pour soutenir des groupes de rap. Ceux-ci rapportent davantage à l'Etat qu'ils ne lui coûtent et leur survie économique ne doit pas grand chose à la manne ministérielle. Ce qui n'empêche que certains groupes peuvent opportunément bénéficier d'une aide tandis que le propos tenu par d'autres devrait leur interdire d'y prétendre. Il semble en particulier que ce sont les danseurs (hip hop) plutôt que les musiciens qui bénéficient de ces aides. Les équipements publics ont joué un faible rôle dans le développement de ces courants culturels ancrés dans des territoires plutôt défavorisés. Ce n'est pas absurde qu'un peu d'argent y soit consacré. C'est intéressant de lire les propos d'un sociologue (L. Lafargue De Grangeneuve) qui a étudié cette question.

"Il y a une spécificité de la culture hip-hop par rapport à d’autres formes de culture plus savantes ou plus classiques : c’est son ancrage spatial et territorial affiché. En France, une tradition de « grande culture » tente de faire correspondre art et universel. Il suffit de penser à ce que disait Malraux, avec la politique de démocratisation de la culture et l’idée d’oeuvre d’art à vocation universelle : c’est cette idée-là qui fonde la politique culturelle française, non seulement dans les ministères mais aussi chez les artistes. Pour les artistes, la reconnaissance passe par le fait de gommer l’ancrage spatial, les références au territoire – en tout cas, ce fut longtemps le cas. De ce point de vue-là, la culture hip-hop a une spécificité : elle affiche son ancrage territorial.

L’exemple le plus frappant est celui des rappeurs qui parlent sans cesse de la ville, du département, du quartier, voire de la cité d’où ils sont issus. Le nom des groupes est souvent une adresse ou un code postal. Or, dans l’art contemporain, on ne trouve pas ça. C’est donc assez unique dans l’art moderne. Rapidement, on peut l’analyser comme une sorte d’inversion du stigmate : ce sont des artistes de milieu populaire, souvent d’origine immigrée, donc, en France, souvent d’origine maghrébine ou africaine, et qui sont stigmatisés depuis de longues décennies. Par conséquent, revendiquer son appartenance territoriale est contrer ces images stigmatisantes."

L'acharnement contre ce type de musique est révélateur. Alors que ces musiques sortent du ghetto, faudrait-il, de manière purement symbolique, les y rejeter ? Alors que des sommes bien plus importantes sont consacrées aux bâtiments et à des formes d'expression musicales qui ont beaucoup de qualités mais qui n'ont pas l'ancrage populaire du rap ou du hip hop ?

Pour ce qui est de Tavernier, qui a beaucoup fait pour la préservation du patrimoine cinématographique, dont les films qu'on le veuille ou non, font partie de notre cinématographie, l'insulte le concernant est nulle et non avenue. De plus, on sait que les aides à la production cinématographique font partie de l'équilibre de la plupart des films produits. Sans l'avance sur recette, pas de film. Pourquoi un tel devrait se trouver exclu, fût-ce Bertrand Tavernier ?

Pour revenir à la question centrale, un ministère de la culture large ou restreint à la protection du patrimoine, la tradition française a toujours fait sienne la première conception. Si Louis XIV, Napoléon, de Gaulle ou Mitterrand avaient privilégié la seconde sur la première, on ne connaîtrait pas la Comédie française, Versailles, le pont des Arts, le Jardin des Plantes, le plafond de l'Opéra de Paris, l'avance sur recette et tout un pan du cinéma français actuel n'auraient pas vu le jour, la Criée de Marseille, Arte, le Grand Louvre... Je vois mal comment on peut revendiquer un patrimoine et remettre en question le mécanisme qui l'a produit. Et la tradition française ! Les réactionnaires sont de dangereux révolutionnaires...

Quant à Frédéric Mitterrand, au tempérament aristocratique et élitiste, il ne faut pas confondre le carrosse et les laquais.

photo : devant les chutes de Niagara, photo appartenant au patrimoine culturel de la famille Walsh.
   

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