jeudi 29 décembre 2011

Eli Eli lama sabachthani, ça veut dire quoi ?



L'année est proche de son terme et la publicité de ce blog est loin d'être assurée. La faute aux blogeurs qui ne prennent même plus la peine de s'en prendre à leurs condisciples. Et nous sommes les premiers à en souffrir. Les feuilles de papier journal servaient hier à emballer votre poisson. Pourquoi ne pas leur redonner cette vocation l'année qui vient, vous qui souhaitez tout faire pour sauver la planète ?

Nous n'allons pas rattraper le travail de critique des dérives de la catéchèse dans l'Italie du Sud en exhumant un 30 décembre un 400 coups calabrais dont l'héroïne serait une jeune fille aux prises avec le martyre occasionné à une portée de chatons et qui se demande ce que veut dire "Eli Eli lama sabachthani". Corpo celeste de Alice Rohrwacher est un film très subtil, bien plus intelligent que ce qu'un spectateur est capable de comprendre, aussi nous vous conseillons d'y aller à plusieurs, en procession. Pour assurer votre coup, emmenez-y Dorham qui nous a cette année prodigué magistralement une formation permanente indispensable pour notre catéchèse. Lui pourrait peut-être vous aider à comprendre comment arrimer un christ en croix sur le toit de votre voiture de manière à ce qu'il ne verse pas dans la Méditerranée au premier virage.

Nous n'allons pas nous lancer dans la critique cinéphilique, ni nous indigner, la patience du lecteur a ses limites. Une fois de plus cette année, on aura lancé des louanges à l'intention du CNR. Qui peut dire que Jean Moulin a rêvé de ce CNR ? Jean Moulin a décidé de créer le CNR uniquement pour concurrencer une initiative qu'il désapprouvait mais qu'il préférait lui-même prendre à son compte pour éviter de voir son pouvoir et sa mission compromise. Il me semble que c'est ce que dit Daniel Cordier dans ses mémoires. Il était bien placé pour  cela. Le noyautage du CNR par les communistes ou leurs faux-nez est une chose qu'il n'aurait sans doute pas acceptée. Et le plus drôle est de voir que certains ont voulu faire de Jean Moulin un crypto-communiste ! On attache aujourd'hui Jean Moulin et "l'oeuvre du CNR" dans le même mouvement et c'est troublant. Croyez bien que nous louons les bienfaits de l'Etat-Providence et Jean Moulin n'aurait rien eu contre. Soyez sûrs que nous sommes conscients de ce que nous devons à ceux qui ont lutté pour nous. 

"Nombre de chefs de mouvement, en particulier de zone nord, n'avaient accepté qu'à contrecœur la participation de partis politiques au Conseil national de la Résistance."* C'est ce CNR que Jean Moulin laisse en héritage à la Résistance en 1943. Par souci d'efficacité, il a accepté que les anciens partis politiques siègent au CNR. ... Autrement dit, le CNR a été à deux moments de son histoire l'émanation de deux politiques très différentes. Il n'a pas été à la fois gaulliste et communiste. La différence entre le CNR de Moulin (en mai 43) et celui de Bidault (en août 43) est aussi structurelle : "si Charles de Gaulle et Jean Moulin avaient surtout vu le CNR comme un embryon de représentation nationale, les chefs des mouvements participant au Conseil le considérèrent de plus en plus comme un organe exécutif dont le Bureau était le directoire de la Résistance."*


De fait, le général de Gaulle s'activa à la Libération pour priver le CNR de tout pouvoir. Ce même CNR qui mentionnait dans son programme le général de Gaulle pour en faire l'apôtre de l'insurrection nationale...  Extrait [Merci à Ladyapolline de l'avoir mis en lien] : 

"En conséquence, les représentants des organisations de RÉSISTANCE, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.  
Déclarent que c'est seulement par l'organisation, l'intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l'union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l'a dit le Général De Gaulle, de l'insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le C.N.R, sous l'autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d'assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.")

Finalement, la Libération terminée, l'insurrection n'était plus à l'ordre du jour. 

A propos, qu'en est-il vraiment de cette coutume de l'évêque de gifler le communiant ? Est-ce pour se souvenir de Saint-Nicolas, lui-même giflé pour s'être opposé à un évêque hérétique ? Je vous le dis, il faut bien arrimer les christs en croix sur le toit de votre voiture sinon très vite, tout le monde oublie comment le programme n'est pas respecté.


Guillaume Piketty, Le CNR après Caluire, Espoir n°135, juin 2003


photo : Life, soldats américains devant le Vésuve, mars 1944. La meilleure photo de l'année pour répondre au tag de Dada lancé par Corto et ses disciples 



    


mercredi 28 décembre 2011

Gandhi pris en photo avec sa secrétaire

 
Les gagnants de cette semaine : Nicolas, GdC, Didier Goux, Dada Vidov, Romain / Variae que nous félicitons grandement.

b. mode a répondu juste sur Twitter mais ce n'est pas bien, c'est un coup à foutre notre jeu en l'air...

La photographie du Politiqui n° 16 a été empruntée à l'album "Siècle" de Bruce Bernard aux éditions Phaidon page 74 (crédit : Hulton Getty). Nous avions "retourné" l'image pour que l'inscription sur la devanture soit plus discrète... 

Gandhi, au centre, est en compagnie de sa secrétaire, Sonia Schlesin, de son bras droit, Henry S. Polak (assis, à gauche) et de deux commis (debout), devant son cabinet à Johannesburg, en 1905.

Le cadrage original de la photo a été modifié. Sans doute ressemblait-il à celui, plus large, que l'on peut voir sur le site Fotosearch ; la photographie étant elle-même de meilleure qualité d'ailleurs. Mais on peut trouver pire, la GandhiServe Foundation propose la "même" photo mais avec des retouches : le mur en brique au fond a été comme recouvert d'une couche de peinture... C'est sûr, les phares de la politique méritent d'être repeints de temps en temps...

Je vous sens déçus. Vous vouliez des révélations sur l'affaire du culturiste allemand...
   

mardi 27 décembre 2011

Politiqui (16)

  
Un personnage dont la dimension politique et historique est avérée est présent dans cette photographie. Qui est-il ?

Les commentaires seront modérés jusqu'à demain, date à laquelle sera communiquée la solution.
  

samedi 24 décembre 2011

Des révélations très noires (dossiers wikilieaks, sources de la rédaction)

  
La rédaction vous souhaite la plus grande frugalité pour ces fêtes. L'abstinence est une ascèse dont vous recommandons les bienfaits moraux et physiques. Si vous êtes seul ou seule, si vos amis vous ont oublié et que vous même vous êtes abstenus de proposer à quelques vagabonds de votre espèce de partager votre rôt, soyez assurés qu'en cet instant nous ne pensons pas du tout à vous. Hélas, nous avons été contraint de préparer un plat typique pour la journée de demain. Certaines diasporas font preuve d'une exigence quelque peu tyrannique ; c'est la raison pour laquelle tous nos stagiaires sont actuellement en train de résoudre un problème culinaire jamais résolu depuis Fermat. Les plus grandes parties de Bobby Fisher ne nous ont été d'aucune aide pour dresser la liste exacte des ingrédients de notre plat. Des tonnes de dossiers transmis par WikiLeaks pour éclaircir les processus de cuissons ont laissés nos haricots noirs tout aussi sombres. 

Appelée à la rescousse, ma tante Beatriz a bien voulu me répondre malgré les exigences de sa domesticité, la veille d'une fête très célébrée sur les terres colonisées jadis par nos ancêtres portugais. Nous vous livrons donc la recette de la feijoada, telle qu'elle nous a été communiquée, en priant pour qu'aucun membre de notre rédaction (et nous n'excluons pas de nos pensées tous nos agents sur le terrain) ne soit inquiété.

Ajoutons que la feijoada est un plat inventé par les esclaves avec les restes qu'on voulait bien leur laisser. 

Ultime précaution, voici la traduction des deux premières phrases du document, afin que l'on ne trouve aucune erreur fâcheuse dans le New York Times, The Guardian, Le Monde, El Pais et Der Spiegel : "Tu t'es trompé en demandant de l'aide question cuisine. Je suis la négation de tout ce que l'on veut question fourneaux et autres."



"Querido sobrinho

Vc errou na tia para pedir ajuda na cozinha. Eu sou uma negação para qualquer coisa relacionada com fogão e similares.

Então o Lulu que é um grande cozinheiro está aqui em casa e Mariana pediu para ele dizer como ele faz a feijoada dele.

Ai vai:

Vc tem que calcular quanto de carnes você vai comprar: mais ou mesno 300gr por pessoa.

A ultima vez que o Lulu fez ele usou 1kg de feijão para 9 pessoas.

As carnes ele prefere comprá-las defumadas: linguiça, carne de porco lombo de porco, costelinha de porco, bacon e paio (que é uma espécie de liguiça mais grossa) . Isso porque aqui em casa a gente não gosta das carnes que normalmente são usadas como: orelha de porco e rabo de porco.De véspera colocar o feijão de molho com bastante água.  A medida que for baixando a água (se você estiver acordado) pode completar a água.

Colocar também as carnes de molho em outra tijela.  Elas devem ser partidas em tamanho menores mas não muito pequenos para não desmancharem. Isso porque aqui as carnes defumas são também um pouco salgadas. Aí eu não sei como são.

Mo dia seguinte jogar as águas fora. Juntar o feijão com as carnes numa água nova até cobrir tudo e botar no fogo para ferver.  Depois que começar a ferver, abaixar o fogo.

Lá na casa da Mariana leva umas 4 horas para ficar bom, sem panela de pressão. O jeito vai ser você ir experimentando para ver quando o feijão está macio e as carnes estarem cozidas. Se a água abaixar muito durante o cozimento você tem que completar com água quente. 

Tempero: o Lulu so usa alho. Ele espreme o alho, frita no azeite de oliva e mistura na feijoada em qualquer momento. Ele não usa sal por que as carnes já tem sal. 

Pimenta serve na mesa em um potinho porque fica a gosto de cada um. 

Espero que vc consiga fazer esta feijoada. Algumas vezes as carnes elas desmancham um pouco. Isso acontece porque aqui as pessoas gostam assim: então eles cortam em pedaços menores.
Caso as pessoas gostem das carnes inteiras é só cortar as carnes em pedaços maiores. 

UM FELIZ NATAL e um Ano Novo repleto de alegrias para todos você e um Bom Apetite para essa feijoada deliciosa."


jeudi 22 décembre 2011

Au pied du sapin, la littérature du désastre**

 
"Je suis le dernier Juif, Treblinka (1942-1943)" de Chil Rajchman. 5,5 € (traduit du yiddish par Gilles Rozier).

L'auteur a passé quelques mois dans un camp d'extermination, à Treblinka entre octobre 1942 et août 1943, date de la révolte des prisonniers du camp qui lui a permis de s'évader et de survivre.

Son témoignage a été rédigé alors que la guerre n'était pas terminée, si j'en crois la préface d'Annette Wieviorka, excellente, que dis-je, indispensable mais que je vous conseille de lire après avoir lu le livre*. Rajchman est mort en 2004 et il a demandé à sa famille de publier son récit. On a l'impression d'avoir tout lu ou entendu sur le sujet mais on se trompe plutôt deux fois qu'une.

Vous allez me dire, ce n'est pas un livre pour les fêtes. Ca, c'est un problème que vous avez, vous, en ce moment, il y en a des plus graves mais je compatis ; d'ailleurs, vous pouvez vous rendre utile, nous allons vous dire comment.

Quand j'ai acheté le volume en question, en fait, j'ai commis une erreur. J'ai écouté la semaine dernière une émission d'Alain Finkielkraut (consacrée à Primo Levi). Je les écoute toutes par acquit de conscience.  Donc trop souvent. Mais là je ne regrette pas. L'une de ses invités, Myriam Anissimov, a évoqué l'auteur d'"un texte aussi grandiose que Levi, un livre absolument génial". Je viens de vérifier, l'auteur qu'elle recommande s'appelle Mordekhai Strigler et son livre "Maïdanek"***  Cela n'a pas l'air facile de se le procurer...


* Après tout, faites comme vous voulez...
** L'expression de "littérature du désastre" semble être de Masha Itzhaki.
*** Traduction Maurice Pfeffer, Honoré Champion, Paris, 1998.
   

mercredi 21 décembre 2011

Le pied de Goebbels


Malavita et Dominique sont les incontestables vainqueurs de notre Politiqui n°15. Ils ont reconnu Joseph Goebbels. La photo avait été recadrée. Telle qu'elle est reproduite ci-contre, google images parvenait à la rattacher au ministre de la Propagande du IIIe Reich. La photographie de 1934 est reproduite dans l'album "Siècle" de Bruce Bernanrd aux éditions Phaidon page 329 (crédit : Hulton Getty).   

Félicitons pour leur participation Nicolas, Gaël, Dorham et Solveig

Merci à ceux qui ont fait des Tweets tout au long de la saison (JegounBlogs). J'ai essayé de retrouver la liste de ces propagandistes mais Snap Bird tourne toujours sans résultat. Qu'est-ce que je dois faire ? Leur envoyer une caisse de Jurançon ? Les honorer par un "follow friday" ? 


Goebbels avait un pied-bot. En 1930, dans un discours, il avait déclaré : « si les gens savaient l’origine héroïque de mon pied-bot, ils ne plaisanteraient pas là-dessus, en tant que patriote allemand, j’ai été arrêté par les troupes d’occupation françaises en Rhénanie et j’ai été torturé à Cologne en présence du général commandant la place ».  Gerhard LéoUn Allemand dans la Résistance ») rapporte que son père avait gagné le procès en diffimation intenté contre Goebbels : une photo du petit Joseph bébé, nu sur sa peau d'ours, montrait que son pied-bot était beaucoup plus ancien... Le père de Léo reçut la monnaie de sa pièce : battu, interné à Orianenburg, il parvient à fuir vers la France avec sa famille. 

En fouillant dans les archives du fonds Getty Hulman, je tombe sur une photographie de Lída Baarová à qui Goebbels n'a pas fait que du pied.

Goebbels était marié avec Magda érigée en mère modèle du régime nazi, ce qui ne l'empêchait nullement de multiplier les maîtresses. Avec Lída Baarová, la relation dure deux ans. C'est une actrice hongroise venue tourner pour l'UFA à Berlin. La MGM lui propose un contrat qu'elle refuse. En 1938, Hitler impose aux époux Goebbels une convention pour sauver leur mariage. Pas le pied pour Joseph qui est bien marri de devoir s'en séparer. 

Lída Baarová poursuivra sa carrière après la guerre en Italie. 

"Cette actrice vénale et ambitieuse a fait des choix déplorables et en a été bien punie." Une conclusion à laquelle on préfère l'adage qui recommande de ne pas se prendre le pied dans le tapis.



ci-contre : Lída Baarová dans "Les Vitelloni" de Fellini
  

mardi 20 décembre 2011

Politiqui (15)

  
On peut douter que ce Politiqui n°15 fasse autant fureur que le précédent, ce qui ne nous empêchera pas de vous le proposer. La question est simple : qui est ce type ? Rendez-vous demain. Jusque là, les commentaires seront modérés.

lundi 19 décembre 2011

Une réflexion sur les caméras de surveillance


   
Untitled by nobodinoz
C'est bien mieux qu'une nouvelle étude sur le sujet. Ian Rankin dans "Exit Music". Déjà, l'exergue laisse rêveur.

"Mon père disait toujours que la façon dont les policiers frappent à la porte est spéciale, et il avait raison : le choc contre le battant est un ordre qui revendique sa nature et se nourrit de la culpabilité de celui à qui il est destiné." (Andrew O'Hagan Be Near Me).

Je ne vous raconte pas l'intrigue, et pour cause, je n'en suis qu'au tout début. Mais un cadavre a été trouvé dans une rue et l'enquête révèle que le corps - celui d'un poète russe - a été traîné depuis le 4ème sous-sol d'un parking équipé de caméras de surveillance. Le commissaire Rebus interroge le vigile du parking. "L'homme a l'air d'un alcoolique", le système d'enregistrement est en panne. Un deuxième vigile se pointe. Il est du genre à passer son service avec un casque sur les oreilles : "Kaiser Chiefs, Razorlight, Killers, Strokes, White Stripes... (...) Tu devrais être sur scène, dans un groupe, pas dans un emploi sans avenir."

* * *

"- Vous aimez la musique, monsieur Walsh.
- J'adore ça.
- Vous vous installez sur votre chaise, les pieds sur le bureau, le casque sur les oreilles, les yeux fermés... Vous faites un sacré vigile."

* * *
On oublie trop souvent que tous les vigiles ne sont pas à la fête.


Untitled, a photo by nobodinoz.

Le vote Bayrou en tête dans la 4ème dimension

 
Ce matin, dans un demi-sommeil, j'ai cru entendre Jean-François Kahn révéler que son frère Axel avait voté pour Bayrou aux dernières présidentielles. JFK était-il dans l'isoloir ? Est-ce à l'issue d'une soirée familiale particulièrement arrosée que Axel, généticien réputé, candidat proposé par le maire de Paris actuel pour sa succession, a assené une énorme bourrade dans le dos de son petit frère ?
- Moi aussi, j'ai voté Bayrou !" Les volutes de cigares cubains se figèrent alors que les petits Kahn couraient à la kinect entourés d'une galaxie de nurses qui faisaient un extra pour la durée du week-end.

Jean-François Kahn ajoute derechef alors que je me laisse aller au doux balancement de mon matelas Pirelli que DSK a voté Bayrou...  

La cote de Bayrou aux présidentielles était affectée d'un mouvement paradoxal et inexorable. Chaque jour, chaque heure, chaque minute, davantage de votants voteraient dans le passé pour Bayrou

David Vincent, appelé comme consultant sur cette affaire, a bien voulu nous faire la déclaration suivante que nous vous communiquons dans un souci de transparence planétaire.

David Vincent : "J'ai longtemps fui la possibilité d'un tel dérèglement électoral. La démocratie avance dans les pays arabes, les élections reculent ici. Songez qu'au même moment disparaissent Vaclav Havel et Kill Bill Sung, c'est une opération coordonnée."
La rédaction : "... et le film sur Ang-Tchang Seppuku, vous l'avez vu ?"
David Vincent : Non mais mais devinez qui va être élue femme de l'année ? Les clics sont en vérité des voyages interstellaires au coeur de notre inconscient.
La rédaction : Vous confirmez pour les Kahn. Pensez-vous qu'on puisse stopper le phénomène ?
David Vincent : La polarité de François Bayrou, that's the consequency of the conspirationing inspiration in the politics of the right left of the Republican party convicted by the Tea Party that Africa is no more far than Lybia.

(la suite de cet entretien en vous abonnant à notre newsletter).


* * *
Et sur Twitter, toujours plus de 100 messages à la minute sur le sujet #kahn :

"Strauss-Kahn says Europe has ‘only weeks’"  (L'Europe en a pour quelques semaines) ; d'où le choix de l'illustration ci-contre.

"Strauss-Kahn compara euro a jangada prestes a afundar-se". Dans la langue de Camoões, cette jangada évoque une plage au sable blanc, des maisons, des pêcheurs... "un radeau prêt à sombrer". 

"French Kahn-Kahn". 

DSK dément. Du verbe démentir et non pas aliéné.



photo : De gauche à droite en bas Sigmund Freud, C. G. Jung (en bas, de part et d'autres) et Sandor Ferenczi (en haut à droite, avec un visage de ravi).

dimanche 18 décembre 2011

samedi 17 décembre 2011

La liste des 10 historiens dont on dit le plus de mal

 
J'ai pris pas mal de notes, cela me permet d'aller directement au but :
1 - mon beau-frère ; en fait, c'était le dernier de ma liste mais vous voyez, là, je produit un intense effort de mémoire et c'est d'abord ce qui me revient ; il faut dire qu'il est byzantiniste, on ne choisit pas sa famille.
2 - 3 - 4 - 5 - sans doute, Karl Marx, Fernand Braudel, Michel Foucauld, quelques révisionnistes [on en connaît davantage qu'on voudrait et pas assez qu'on devrait] ;
4 - écrire dans Midi-Olympique ne fait pas de vous un historien, mais si c'est le cas, vous êtes sur ma liste ; ceux qui griffonnent sur le sport en général sont des menteurs professionnels ; idem pour ceux qui aiment l'Olympique de Marseille ou vous narrent la vie d'un village occitan au temps de l'An mille ; ça aurait été plus courageux d'écrire "les journalistes sportifs et Emmanuel Le Roy-Ladurie" mais il ne faut pas généraliser. Crachons au passage sur les vrais historiens, les seuls qui méritent tout le mal qu'on peut penser d'eux.
5 - 6 - les historiens qui passent à la télé ou entrent à l'Académie française (Castelot, Decaux, Carcopino), les hommes politiques qui écrivent un livre au bon moment (à ne pas confondre avec les historiens qui font de la politique au mauvais moment) ; 
7 - 8 - les historiens qui ne font pas de politique ; ne pas donner de nom cette fois ; les historiens que vous ne cessez de dénoncer ; le nom est cette fois inutile. Je vous rappelle que c'était ma liste mais je vois que vous mourrez d'envie de blasphémer ; je vous entends murmurer que quelques plumes politiquement correctes, incorrectes, euh correctes... Max Gallo ? Mona Ozouf ?  Jules Michelet. Les historiens qu'on ne lit plus. Ceux qu'on ne lira désormais plus mais sur une tablette numérique (fabriquée en France). N'oubliez pas sur votre liste : les écrivains que vous n'avez pas lu. Pour ma part, ce sont ceux que je déteste le plus. Avec ceux dont on a tout oublié. Les pires étant ceux qu'on a pas lu et dont on se souvient. 
9 - 10 - gardez une place pour quelqu'un dont vous avez envie de dire du mal, un type qui aimerait Robespierre en cachette tout en feignant d'ignorer les horribles massacres de Vendéens, un type qui comploterait contre l'Histoire, fomenterait des conspirations réussies contre l'intelligence, quelqu'un qui se serait laissé prendre à admirer un philosophe des Lumières esclavagiste sans boire d'alcool. Le compte est bon, j'ajoute un pauvre type qu'on a traité d'ivrogne, histoire d'être inattaquable sur le plan éthique. 

(chacun s'il le juge utile pourra à son tour produire sa propre liste ; et ne faites pas tant d'histoire.)


images : la première, trouvée en cherchant une photo d'Howard Zin et la statue, attention, d'Angers.
    

mardi 13 décembre 2011

Valentino Giscard d'Estaing

 
Bravo à GdeCdada vidovStefMonsieur PoireauMike Hammer Papatam Andropov,  CaptainhakaThierryDorhamRomain,  Solveig, Malavita,  Estelle92 et Trublyonne qui ont trouvé la solution du Politiqui n°14Valéry Giscard d'Estaing jeune. La photographie est reproduite dans L'Histoire des présidents de George et Janine Hémeret p. 191 (publié aux éditions Morena en 1998). 

VGE est photographié à l'âge de 17 ans, vers 1943. Il est bachelier depuis deux ans. Il vient d'user ses fonds de culotte au lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand où il n'a pas eu le temps de croiser Claude Lanzmann (lequel, plus âgé d'un an, entre cette année-là en première dans le lycée auvergnat).

Pendant que Lanzmann choisit le PC et la Résistance en Auvergne, VGE prend son élan jusqu'à Louis le Grand, puis en toute logique, intègre Polytechnique.  Le voilà en 1944, interrompant ses études pour suivre la 1ère armée du général de Lattre jusqu'en Allemagne, ce qui lui vaut une Croix de guerre.

Franchement, on ne sait apparemment pas grand chose d'autre. Il n'était pas sur la Colline 400 dominant le Hurtgenwald avec Hemingway, pas là pour tendre une serviette à Lee Miller sortant de la baignoire du Führer à Munich. 

VGE, trop pressé, d'arriver, de repartir et de le raconter ?


Il faut dire qu'en 1943, il était difficile de se projeter en termes de développement personnel, de se recentrer tout en se libérant.

PS : VGE lui aussi rêvait à d'exquis rossignols.
  



photographie : David Sherman (la correspondante de guerre et photographe Lee Miller dans la baignoire de Hitler)

lundi 12 décembre 2011

Politiqui (14)

 
C'est toujours un plaisir lorsqu'après avoir dégotté une image pour le Politiqui, je la passe à la moulinette des moteurs de recherche et que celui-ci me renvoie le message "image non répertoriée"... A vous donc de jouer en alliant vos qualités de physionomiste et d'amoureux de la chose politique pour répondre à la question de savoir qui est le personnage figurant sur cette photographie. Les commentaires seront modérés jusqu'à une date ultérieure, demain probablement.


Un petit salut au passage à Mike Hammer Papatam Andropov qui a trouvé la solution la dernière fois mais que je n'ai pas comme il se doit salué alors qu'il aurait dû partager les feux de la rampe avec Malavita ; petit hommage à Trublyonne dont la participation émérite n'avait pas elle non plus été notée : voilà qui est fait.
   

jeudi 8 décembre 2011

Liberté pour Razan Ghazzawi - الحرية لرزان غزاوي

 
C'est bien volontiers que je relaie l'appel lancé quelques blogueurs (Yann Savidan, qui lui-même prenait la suite de Melclalex) à propos de l'arrestation par l'armée syrienne de la blogueuse Razan Ghazzawi.


L'arrestation  de Razan Ghazzawi soulève critiques et colère à travers le monde. Soyez de sont ceux qui réclament sa remise en liberté immédiate.


Le régime tyrannique Syrien démontre chaque jour sa violence et son intransigeance meurtrière, la vie de Razan est en danger, exigeons au plus vite qu'elle soit remise en liberté.

Pour suivre les réactions à l'arrestation de Razan Ghazzawi sur Twitter : #FreeRazan
Son compte twitter est http://twitter.com/RedRazan
Une page Facebook a été créé à la suite de l’évènement.

image : source
   
   

mercredi 7 décembre 2011

Un Nazi à Jérusalem

  
La solution du Politiqui n°13 était Adolf Eichmann. La photographie date du 11 avril 1961, le jour même de l'ouverture de son procès à Jérusalem,  il est soumis à un examen médical. 

On ne peut en quelques lignes retracer l'itinéraire de ce rouage de la machine de mort nazie... Etudiant médiocre, représentant de commerce, il trouve dans le parti nazi le moyen de faire carrière, notamment en intégrant sa police politique. Il traite si bien les "affaires juives" qu'il est promu. En 1942, il participe à la conférence de Wannsee qui planifie ce que les Nazis nomment la Solution finale...  

Après la guerre, il est parvenu sans trop de mal à se réfugier en Argentine... où le Mossad l'enlève. Il est condamné à mort pour crime contre l'humanité à l'issue d'un premier procès. En mars de l'année suivante, l'appel confirme le premier verdict. Il est pendu le 1er juin 1962.

Hannah Arendt couvre à l'époque le procès pour le New Yorker. Ses articles suscitent la polémique en Israël. Arendt essaye de comprendre comment cet homme qui est sans relief, ni fou, ni pervers en vient à laisser de côté toute valeur morale.... Elle forge le concept de "banalité du mal", lequel était évoqué à demi-mot dans la question de ce Politqui. Ce qui a peut-être aidé Malavita à trouver la solution, ce dont nous le félicitons.

Pour les autres, nous tâcherons de trouver quelque chose de plus facile pour la prochaine fois.


Source de la photographie publiée dans le Poliqui n°13 (c'est la même que les deux dernières fois, le service documentation ne s'est pas trop foulé...) : "Keystone, 60 ans de grands reportages"(Filipacchi, 1987) p. 95.

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