mardi 29 novembre 2011

Malavita savait

  
La solution du Politiqui n°12 était Victor Kravtchenko. Malavita a trouvé seul la bonne réponse. 

Ne me demandez de vous présenter l'auteur de "J'ai choisi la liberté", publié aux Etats-Unis en 1946, dans lequel est dénoncé le système concentrationnaire soviétique. 

Le livre connaît un grand succès dans de nombreux pays, en particulier en France. Le parti communiste lance une offensive en règle contre l'auteur et son livre notamment par le biais de la revue "Les Lettres françaises" que Kravtchenko attaque pour diffamation. Procès dans lequel témoigne Margarete Buber-Neumann qui est passée par les camps soviétiques avant d'être livrée aux Nazis. Kravtchenko gagne le franc symbolique.

Aujourd'hui, on imagine difficilement la cécité des intellectuels de l'époque. Il faut faire un retour en arrière et comprendre comme le souligne Charlotte Cachin-Liébert que Kravtchenko "n'apparaît guère sympathique". Voilà  un type "qui a abandonné son pays en pleine guerre" qui a vraiment une sale gueule d'agent provocateur à la solde des Américains... C'est très facile de se dire que ce Kravtchenko ment, qu'il n'est qu'un ivrogne. C'est d'ailleurs ce qu'écrit un journaliste américain du nom de Sim Thomas dont le témoignage est repris par Les Lettres Françaises. Un dirigeant de la revue (Claude Morgan) racontera trente ans plus tard qu'il connaissait la véritable identité du "journaliste". A l'époque, Morgan ne parvient tout simplement pas à croire Kravtchenko et ses témoins : "Les uns étaient des Koulaks, les autres des ennemis politiques."

Aujourd'hui, nous avons Wikipedia et nous savons que Sim Thomas appartenait probablement au NKVD. Nous vivons une époque de transparence et de vérité. D'ailleurs, vous qui êtes honnête (hum), pouvez-vous imaginer une seconde que vos pires ennemis sont de votre bord et que seul votre adversaire peut les vaincre ? 

* * *

Merci aux courageux participants infiltrés : Lucia,  Nicolas et MHPA

A noter que Nina Berberova a écrit"L'affaire Kravtchenko" (Actes Sud) que je n'ai pas lu. Et je ne mens pas.

Signalons aux acheteurs d'ouvrages en ligne qu'une certaine Nadia Volf a publié un ouvrage intitulé lui aussi "J'ai choisi la liberté".  Ce n'est pas une raison pour la traiter d'ivrogne.  En cherchant bien, vous trouverez l'ouvrage d'époque (vous pouvez le traiter d'éponyme) à un coût très modique. Le genre de cadeau que vous pouvez envisager à Noël pour un membre de votre famille qui n'est pas encore passé à l'ouest.


La photo publiée dans le Poliqui n°12 est de Keystone, même source que le Politiqui n°11.
Les deux illustrations ci-dessus sont empruntés à des sites de vente en ligne bien connus.


lundi 28 novembre 2011

Politiqui (12)

    
Le Politiqui de cette semaine est particulièrement difficile. Je ne voudrais pas avoir à trouver de qui il s'agit sans avoir une toute petite piste. Disons que s'il n'a pas donné de la noblesse aux lettres françaises, celles-ci ne lui ont pas fait de cadeau non plus.

Commentaires modérés jusqu'à la publication de la solution prochainement.
  

vendredi 25 novembre 2011

Je dirais même plus : Eva Joly

  
Nous vivons un grand moment de la politique française. Après que la plupart des partis et des entreprises soient tombés d'accord pour revendiquer l'écologie comme patrimoine commun de leurs campagnes (de communication), il a été décidé d'un commun accord que le mieux était de se débarrasser des écologistes, de leur parti, de leurs alliés et de leurs idées. Pour gagner du temps, il a été convenu que la droite s'occuperait du papier glacé et les écolos termineraient le boulot.

La petite fête s'est poursuivie ce soir sur Twitter, l'outil des révolutions qui foirent (#ToiAussiEcrisTonAccordEELVPS). Ca ressemblait à une manif de droite un peu tâche. Le norvégien, première langue au collège. Les lunettes rouges obligatoires. Arf, arf, arf. 

Les hiérarques approuvent. 

Cécile Duflot (qui perd son temps sur Twitter elle aussi) a "bien ri ce soir (et c'était pas gagné) avec #ToiAussiEcrisTonAccordEELVPS Tant que les écolos gardent le sens de l'humour....

Evidemment, ça change d'Eva Joly : "Nous savons que ce n'est pas une machine froide norvégienne même si elle a un humour luthérien qui parfois suscite un peu d'incompréhension." (interview d'Yves Cochet dans le JDD)

Vogelsong nous avait prévenu hier : "Eva Joly vacille, les cons plastronnent". Tout ce qu'a écrit Vogelsong dans son billet hier semble encore plus vrai ce soir. 

Je dirais même plus... 

Le mouvement prend une ampleur inédite. Il y a même des sondages dans lesquels on demande aux gens s'ils souhaitent que Eva Joly se retire de la campagne présidentielle. Et si on posait la question à propos de Chevènement, Bayrou, Sarkozy...

Pendant ce temps, à l'Assemblée... "une proposition de loi débattue la semaine prochaine prévoit d'obliger les agriculteurs à payer des droits lorsqu'ils voudront utiliser les semences qu'ils auront eux-mêmes produites, dès lors qu'il s'agit de variétés protégées par un droit exclusif. " (merci dada)

Et quand on croît que ça s'arrête, ça repart en boucle. Interview de Cécile Duflot par Le Figaro : «Personne n'est en mesure d'encadrer Eva Joly». 

images : humour luthérien (Total et Suez)
  

jeudi 24 novembre 2011

Longtemps

   
J'ai décidé de profiter un peu des subventions publiques versées au spectacle vivant dans ma communauté d'agglomération. Pour 10 €, j'ai vu un spectacle de danse. J'ai choisi un peu au hasard. Le nom de la danseuse m'a bien plu - KAT VÁLASTUR - ainsi que la photo qui se trouvait sur le programme. Un spectacle intitulé "lang", c'est un peu bizarre. Est-ce que cela allait me laisser de bois ? Si c'est de l'allemand, ça peut vouloir dire "longtemps".


C'est difficile à raconter. Une "moon walk", ça dure quelques secondes mais ça m'épate toujours. Quarante minutes de "moon walk", vous avez le temps de réfléchir à la manière dont ça marche et à d'autres questions nettement plus intimes, cosmogoniques, terre à terre... A la fin, les danseurs finissent toujours par se coucher par terre, quelle audace. Je dis ça mais j'aime bien faire pareil. 

Je dédie ce billet à un habitué des histoires sans paroles poignantes. Une longue expérience de danseur dans un potager lui permet aujourd'hui d'affirmer "je déterre qui je suis". L'art nourrit ceux qui creusent !
   


mercredi 23 novembre 2011

Vingt-cinq ans, ça passe très vite !

 
La photographie du Politiqui n°11 est extraite de l'album "Keystone, 60 ans de grands reportages"(Filipacchi, 1987) p. 104.

De gauche à droite : Bernard Pons, François Léotard, Edouard Balladur, Alain Madelin, Jacques Chirac et André Giraud. C'était le 3 septembre 1986, à la sortie du premier conseil des ministres. Première cohabitation. Chirac est Premier ministre depuis le 20 mai. Pons était aux DOM-TOM, Léotard à la Culture, Balladur à l'Economie, Madelin à l'Industrie, Giraud à la Défense.

A droite, on se siglait encore RPR, UDF, PR ou bien encore CDS. On se souvient de quelques boulets de l'époque (Pasqua & Pandraud), d'autres figures de proues (Seguin, Chalandon, Monory, Méhaignerie...) sans parler de ceux tombés du haut de la dunette (Noir, Carignon, Devaquet, Malhuret, de Villiers, Barzach) ou de ceux qui sont parvenus à s'y agripper (Alliot-Marie, Juppé, Longuet).

L'Assemblée s'apprête à examiner quelques lois touchant le terrorisme, la lutte contre la criminalité et  le séjour des étrangers. Le CSPPA menace la France d'attentats si Georges Ibbrahim Abdallah n'est pas libéré. Francis Mer est nommé à la tête d'Usinor-Sacilor. Balladur s'apprête à annoncer une baisse de 3% de l'impôt sur le revenu pour 1987 et de 5 % en 1988.


Nicolas a dégainé très vite mais sans trop s'intéresser au second plan avant de revenir et d'en trouver 5 sur 6. Il a bien cerné la période d'entrée. Sans conteste, le grand vainqueur.

Un dénommé "25 ans, ça passe très vite" fait presque aussi bien mais il lui manque Giraud.

Le Captain Haka ainsi que GaëlDedalus et Mike auraient presque pu crier "Quine !", il ne leur en en manquait qu'un. Ils n'ont pas évoqué la période ou se sont trompés là-dessus.

Lucia et Dandan ont presque le même nombre de haricots.

Dorham, 2 haricots.
  

mardi 22 novembre 2011

Politiqui (11)

 
Keith Haring est passé par là, a balancé des oeufs pourris sur ces pauvres responsables politiques.

Qui sont-ils ? A quelle époque s'est déroulée cette scène ?

Vous pouvez cliquer sur l'image pour l'agrandir. Réponse demain, commentaires modérés jusque-là.

     

lundi 21 novembre 2011

Les indignés vont aux urnes

   
Surprenant le fait que nulle part on n'ait cherché à relever deux chiffres :

- 9 mars 2008, Zapatero remporte les législatives (169 députés pour le PSOE, 43 % des voix) avec une participation de 73,85 % ;
- 21 novembre 2011, Mariano Rajoy remporte les législatives (286 députés, 44 % des voix), la participation étant à 71,69 %.

Puisque l'abstention n'a pas varié dans des proportions marquantes, risquons deux hypothèses :
- les indignés (ou ceux qui sont sensibles à leurs idées) sont allés voter pour le PP auquel cas on peut espérer qu'ils songeront rapidement à parfaire leur culture politique en y incluant quelques références historiques comprenant le bilan des gouvernements libéraux en Europe dans les 50 dernières années ;
- les indignés (ou ceux qui sont sensibles à leurs idées) n'ont guère d'influence sur le débat politique espagnol.

Je penche plutôt pour la seconde hypothèse. Il est plus facile de trouver des mécontents que des indignés. Malheureusement, c'est sans doute cette leçon que nos élites retiendront.

image : collectif Equipo Crónica

Elections anticipées espagnoles, l'offre alternative

En dehors du PP et du PSOE, quels étaient les autres partis étaient présents ? 


Convergència i Unió (« Convergence et Union » en catalan) fédération de partis politiques catalans de centre-droit.

IU : Izquierda Unida (gauche unie) : coalition comprenant le PC.

AMAIUR : parti basque indépendantiste, classé à gauche.

UPyD : Unión Progreso y Democracia, parti anti-autonomiste.

PNV : parti nationaliste basque
ERC (Esquerra Republicana de Catalunya) : Gauche républicaine de Catalogne
BNG : Bloc nationaliste galicien
CC-NC-PNC : parti de coalition des îles Canaries 
Compromís : coalition à Valence (nationalistes, écologiste)
FAC : Foro de Ciudadanos : centriste, réformiste, autonomiste (Asturies)
Geroa BAI : coalition basque à laquelle participe le PNV

Etant donné le niveau de participation (71 %), ces mouvements ont du mal à profiter de la proportionnelle. En tout cas, ils ne mettent pas en danger l'hégémonie PP/PSOE.

Je ne vais pas gloser : figurez-vous que l'analyse de cette élection fait déjà l'objet d'un article sur Wikipedia. Je retiens cette remarque de l'auteur (ou des auteurs) : "L'effondrement du PSOE profite surtout aux tiers-partis. La Gauche Unie confirme sa percée aux élections municipales et obtient son meilleur résultat depuis 1996. Ce parti passe également de 2 à 11 élus et sera donc en mesure de former son propre groupe parlementaire pour la nouvelle législature. Union, progrès et démocratie connaît également une forte poussée, plus visible en voix qu'en sièges puisque ce parti n'obtient que 5 élus."

Ceux qui pensent qu'il y a terme une possibilité sérieuse de renouvellement de l'offre politique avec la proportionnelle notamment peuvent rester optimistes (et patients). Il leur faudra songer à inclure une bonne dose d'indignation dans le cocktail s'il comptent atteindre l'ivresse.

source image : Le Monde et fmplf

dimanche 20 novembre 2011

Comment gâter un candidat : les billets à Variae

 
Jeudi, je suis tombé sur un billet à Variae. L'intitulé du blog : "Choses vues et commentaires consécutifs". Quelle prétention ! Le titre latinisant... L'emprunt à Victor Hugo.

Une petite note entre parenthèses sur le blog en question m'a décidé à finalement vider mon frigo ce soir : "combien de Français comprennent de quoi il s’agit ?" Variae parlait du MOX, ce combustible pour centrale nucléaire, utilisé par les EPR notamment, des milliers de fois plus dangereux que l'uranium enrichi. Celui qui lira ces quelques lignes fera désormais partie de cette élite en France qui sait ce que ce MOX veut dire et pour ceux qui n'auraient pas saisi, disons-le en un mot, une belle cochonnerie.

Voilà en résumé tout ce que je déteste en politique. Un type qui sait ce que les Français savent, ce qu'ils retiendront dans quelques mois et ce qu'ils doivent oublier.

Variae. L'auteur informe ses futurs lecteurs dès son premier billet : "De l’adjectif latin varius : “varié, nuancé, tacheté, bigarré, moucheté (…) divers (…) abondant, fécond en idées (…) mobile, inconstant, changeant”" Le problème, c'est que variae, c'est une forme de pie. 

Comment la pie jacasse-t-elle ? Un petit coup d'oeil à quelques billets.

Comment François Hollande est campé de manière rigolarde par les médias. Le Point est pointé du doigt pour cette photo : 

Reportez-vous à l'article pour suivre les péripéties, les aveux du Point (une photo qui n'était pas "si humiliante") et le remplacement de l'objet du délit :

Commentaire de Variae : "On laissera, au passage, le lecteur juger de la nouvelle photographie utilisée par Le Point lors de sa mise à jour de l’article."

Voilà ce qui vous arrive quand on refuse de s'intéresser au MOX. Quand on voudrait que François Hollande soit beau. 

Une dernière petit chose sur laquelle je tombe : en octobre, en pleine primaire socialiste, Variae déjoue un complot. Des écologistes appellent à aller voter pour Martine Aubry. Commentaire : "Passons sur cette première rupture du contrat moral des primaires, consistant à y prendre part sans s’engager à soutenir leur vainqueur au premier tour des présidentielles. La chose pourrait être faite en douce, elle est ici crânement assumée. Admettons."

Vous l'ignoriez mais sachez-le vous qui avez voté à ces primaires, vous avez souscrit un contrat moral ! Vous devez désormais voter François Hollande ! 

Attention à ne pas nous en dégoûter trop tôt.
   

mercredi 16 novembre 2011

Les Tanks connaissent la vérité

 
Après son arrestation en 1945, il a connu la Loubianka, les chantiers de construction, la vie de travailleur-prisonnier dans un laboratoire et à partir de 1949, le camp d’Ekibastouz au Kazakhstan. Où un chirurgien bagnard l’opère d’une tumeur. Libéré en 1953 mais relégué à Kol-Terek, au Kazakhstan. Deux ans plus tard, nouvelle tumeur maligne. Réhabilitation en 1956. 

Alexandre Soljenitsyne, un effort de funambule à chaque fois que nous l'écrivons ! Mais quelques uns n'ont pas hésité à donner cette solution au Politiqui n°10 :  un certain "Aime-t-il slave ?" (de qui se moque-t-on ?) ainsi que Suzanne que nous félicitons ! 

La photographie date de cette période. Il enseigne la physique à l’école de Mizinovka, un lieu que je ne suis pas parvenu à localiser pour tout vous dire. Imaginons un lieu dans la campagne entre Riazan et Nijni Novgorod. Riazan, à deux cents kilomètres de Moscou où il s’établira en 1957. Il donnera d’ailleurs “La Journée...” à publier sous le pseudo de Riazanski. Et Nijni Novgorod, histoire de communier avec Michel Strogoff et Dumas qu’admirait Soljenitsyne. 
Soljenistyne sort du Goulag. Il se fait baptiser. Il écrit. C’est de 1959 que date l’écriture d’"Une journée d'Ivan Denissovitch" qui sera publié en 1962.

La photographie a été publiée dans “Alexandre Soljenitsyne, le courage d’écrire”, sous la direction de Georges Nivat (éditions des Syrtes). Georges Nivat souligne la mémoire phénoménale du mathématicien devenu écrivain mais aussi la forme particulière de personnalité qu’il a été contraint de développer :  “un vrai clandestin, stratège et tacticien d’une armée secrète qui était composée de lui-même et de quelques compagnons de combat, les “invisibles””. Alexandre n’en est plus à apprendre par coeur ses écrits, à les enterrer au fond du jardin. Il a appris utiliser des micro-films. Il travaille au “Premier Cercle” et à un scénario “Les Tanks connaissent la vérité” relatant les troubles qui ont agité le camp d’Ekibastouz auxquels il a participé. 

Nivat explique les grandes manoeuvres des années qui suivent : “rédaction initialement totalement affranchie de toute censure, puisque écrite pour le tiroir (ou plutôt une cachette), suivie d’une révision pour “adoucir” le tranchant du texte, dès que paraît l’espoir d’une publication possible, enfin nouvelle rédaction “rendurcie” lorsque cet espoir disparaît.” A observer la photographie, on se dit qu’il ne lui manque qu’une carte sous les doigts et une casquette de général sous le bras... Deux autres “officiers” l’entourent, deux enfants. 

Il a quarante ans. Il n’est pas encore l’historien talentueux ou l’incarnation discutable de l’âme russe. Il n’est pas encore père. Un père qu’il a perdu trop tôt. Il est débarrassé du petit Staline. Il est grand. Il considère l’essentiel, un repas improvisé par les deux petits apôtres. S’il y a mise en scène, elle ne se voit guère si ce n’est qu’il a les yeux presque clos comme s’il apprenait son texte. En ce sens, on peut voir là un grand acteur de la politique.

Félicitations aux autres participants, au premier chef Lucia Mel, qui n'est pas passée loin, Gaël, MHPA, Nicolas et Solveig
   

mardi 15 novembre 2011

Politiqui (10)


Qu'est-ce qu'un "politique" ? Avec ce Politiqui n°10, nous atteignons le coeur et les limites de cette idée plutôt glaçante quand on en reste prisonnier. 

A vous donc de jouer en identifiant le "politique" qui se trouve au centre de cette photographie.

Les commentaires seront modérés jusqu'à demain. Bonne chance à tous.
   

samedi 12 novembre 2011

Soyez utile au moins une fois ce week-end...

  
Il fait beau, vous avez profité de la fin de semaine pour ne rien faire ou pas grand chose au soleil de préférence. C'est bien mais la France a besoin de vous. Pas pour inventer des anglicisme idiots pour rebaptiser le 11 novembre... Ce qu'ils ont pu m'énerver avec leur "Memorial Day" ! Comme si on avait besoin des anglo-saxons pour trouver de quelle manière célébrer les morts au champ d'honneur. C'est déjà très con de perdre la vie à la guerre alors quand on vient nous expliquer que dorénavant, ce ne seront plus ceus de 14-18 qu'on honorera... parce qu'ils sont tous morts ! Célébrer des morts à la guerre vivants, c'est sûr qu'à Hollywood, ils possèdent le know how. Quand c'est ringard un anglicisme, c'est vraiment ringard. Plus personne ne le case celui-là...

Je ne veux pas dire mais toutes ces petites guerres d'aujourd'hui ne font pas plus de morts qu'une Toussaint sur la nationale 7. Alors, touchez pas à nos petits jours de congés. Ne nous nous dites même pas à qui on les doit bande de voleurs de jours de congés, esclavagistes, bourreau de la mémoire. J'ai le plus grand respect pour un professionnel du béret ou du képi qui passe l'arme à gauche en Afghanistan mais quoi, le chemin des Dames, la guerre de 14-18, c'est la connerie militaire expliquée aux enfants. Et il faudrait qu'on passe à autre chose ? Jamais. Je veux célébrer des vieilles guerres, pas la peine de m'en inventer des toutes neuves dont on est loin d'avoir tiré toutes les leçons. 

Il n'y a qu'à entendre Bernard Henry-Lévi. L'autre jour, il se félicitait du fait que l'armée française ait bien envoyé des troupes au sol dans le conflit en Lybie. On s'en souviendra la prochaine fois que l'application d'une décision des Nations-Unies lui tiendra à coeur. Il était heureux notre BHL de notre intrépide intervention. J'espère qu'il n'a pas mis Alain Juppé dans l'embarras. De toutes façons, il ne l'aime visiblement pas beaucoup notre ministre de la Défense. C'est Sarkozy qu'il admire même s'il reste opposé à sa politique. Je cite de mémoire. J'avais l'impression d'entendre une pom-pom girl jurer avoir acheté le dernier disque de Schopenhauer et qu'il était très bien. BHL, le seul nouveau philosophe encore vivant de l'Etat-Major qui écrive des livres qu'il n'a pas lu.

Pom-pom girl... Euh pardon... "une jeune sportive munie de pompons aux couleurs d'une équipe sportive, participant à un spectacle de chant, de danse et de figures acrobatiques ..."  Merci Wikipédia. C'est pas compliqué de mettre des guillemets. On met de l'argent de côté à la rédaction pour se les payer les guillemets ! C'est pas comme Rama Yade. La rédaction l'a contactée suite à l'affaire de plagiat qui lui est imputée. Elle nous a répondu : "de toutes façons, ce n'est pas parce que j'ai signé le livre que je l'ai écrit". Elle ne nous a jamais dit ça mais ce n'est pas grave. Pourquoi faudrait toujours que ce soient les anciens ministres (et notre unique écrivain-romancier-philosophe-essayiste-metteur-en-scène-acteur-cinéaste- éditorialiste) qui soient malhonnêtes ? 

Et vous continuez à vous sentir inutile... Peupeupeup ! C'est par ici. Vous voyez que servez à quelque chose finalement. Avouez que vous aimez ça, titiller les socialistes pour les rendre un tout petit peu utiles,  eux-aussi.

photo : monument aux morts, Ariège (fmplf)

vendredi 11 novembre 2011

Survivez aux grands froids

 
Nous entrons résolument dans le domaine des geeks avec ce billet particulièrement pointu sur le plan technique qui va rendre jaloux les spécialistes à la recherche des dernières nouveautés qui buzzent. Aussi mettons-nous en garde les lecteurs de ce blog accoutumé à des réflexions bas-de-plafond, mobilisez toutes les connexions disponibles entre cortex et thalamus, vous allez en avoir besoin car l'invention dont nous allons vous parler constitue une révolution mentale.

Observez sur la figure 1, le point a figurant un index recouvert d'un gant tout à fait banal. Celui qui s'en équipait par grand froid mourrait bêtement accroché à la falaise sans pouvoir déclencher les secours à partir de l'écran tactile de son portable.

Maintenant, concentrez-vous sur le point b qui figure une excroissance de plastique en forme de môle miniature d'environ 5 mm de hauteur, lequel est fixé sur le gant. Muni de gants de nouvelle génération, vous pouvez appelez les secours, consultez vos applications préférées et patienter en vous cultivant. Contrairement aux imbéciles comme moi qui n'ont même pas de portable, préfèrent de toute façon les moufles et sont donc condamnés à brève échéance.

mardi 8 novembre 2011

Eloge des pratiques pénitentielles

     
Je m'apprête à donner rapidement la solution du Politiqui n°9 mais comme trop souvent ce sont d'affreuses digressions qui se bousculent. Alors que le lecteur cherche simplement à trouver son nom couronné de lauriers... Nous avons cette semaine une grande gagnante, Solveig. Elle a été tellement rapide que j'ai dû effacer son commentaire. Le directeur de la modération sur notre blog s'était luxé le lobe frontal en début de soirée ; de ce fait, la modération n'avait pas été activée... Il suffisait de lire les commentaires pour trouver la bonne réponse. Nous reviendrons plus tard sur la validité des bonnes réponses qui ont suivi. Une réclamation est en cours d'examen. Notre équipe de juristes travaille sur l'épineux problème depuis maintenant plus 24 heures.

Il s'agissait de la Saint-Barthélémy. L'image était un détail d'une gravure allemande de 1572, se trouvant à la BnF. Elle s'intitule : "L'assassinat inouï, inhumain et cruel des chrétiens". Elle est reproduite dans une collection très attrayante (Histoire de France sous la direction de Joël Cornette, chez Belin), dans le volume intitulé Les Guerres de religions, 1559/1629, signé par Nicolas Le Roux.

Vous vous fichez de la cuisine mais sachez que j'ai tronçonné l'image et je l'ai retournée horizontalement pour déjouer la recherche d'image de Google, horriblement performante. Vous me direz, à l'état original, une réponse encore évasive était renvoyée par le moteur de recherche : "Best guess for this image : massacre". Dans l'article de Wikipedia qui arrive en première position, la référence à la Saint-Barthélémy figure parmi d'autres propositions de massacres. Je ne m'explique pas comment Google parvient à nous orienter sur cet article sans retomber sur l'image originale. Peut-être est-ce le cache de mes recherches Google qui permet ce petit miracle, je l'ignore.

La collection dirigée par Joël Cornette, Jean-Louis Biget et Henri Rousso est vraiment magnifique. J'avoue que j'étais allé faire un tour en librairie. Et oui, comme elles vont disparaître, je voulais m'offrir ce petit plaisir. Respirer l'air dans les rayons, importuner les vendeuses... et m'offrir un plaisir dont je m'étais privé jusqu'à la semaine dernière, feuilleter le dernier Prix Goncourt. Je déteste les ouvrages primés, je ne supporte pas de les toucher, c'est un problème médical sans nul doute. Qui est l'auteur de cette maxime : "Le Goncourt, le livre que ceux qui ne lisent pas offrent à ceux qui ne le liront pas... " Le désir de tenir entre mes mains "L'art français de la guerre" avait pourtant surgi à la faveur d'un matraquage subtil, de la rencontre accidentelle d'une actualité post-coloniale avec l'irruption de Régis Debray à la table de chez Drouant. Je voulais me payer quelques bonnes feuilles gratos, histoire de me faire mon idée. Il n'allait pas être difficile de trouver la pile, plus haute que le Burj Dubaï, avec un bandeau rouge sang en travers ("Marcel Bigeard bouge encore").

Vous ne me croirez pas, je n'ai rien trouvé.

J'ai dit adieu au précipité d'émotion tactile que je pensais m'offrir, erré dans les rayons en me répétant le mantra des membres de ma communauté : "Pas un livre de plus ici ou c'est le bûcher !

Le lendemain, je sortais de la bibliothèque municipale, poussant allègrement vingt-cinq tonnes de papier mâché. Une revanche. Un massacre. 

Ce sont ces gens, mis au supplice, embrochés, défenestrés, jetés à la Seine qui m'ont d'emblée séduit dans cette image. Plus encore l'idée de ces contemporains huguenots, contemplant de telles gravures. Se complaisant dans la détestation du papiste... "Tandis que les massacres étaient interprétés par les huguenots comme une forme inouïe de tyrannie royale ou comme un châtiment divin, les militants ultra-catholiques y voyaient une oeuvre miraculeuse, une vengeance du Seigneur annonçant la disparition de l'hérésie. Près de trente ans après les faits, le ligueur Louis Dorléans comparera encore la Saint-Barthélémy à un sacrifice, à un "propice holocauste" offert par le roi à Dieu pour purifier le royaume. Mais les catholiques zélés allaient se rendre rapidement compte que le protestantisme n'avait pas été entièrement éradiqué et que la violence n'en viendrait sans doute jamais à bout, ce qui les amena à retourner sur eux-mêmes le travail de purification sous la forme de pratiques pénitentielles." (Les Guerres de Religion, p. 150)

Je sens que le lecteur s'impatiente. Un avocat tout de noir vêtu me tend une enveloppe. Je la décachette.
Dada Vidov, Dandan, Dorham ainsi que Suzanne montent aussi sur le podium.

lundi 7 novembre 2011

Politiqui (9)

  
Quel est l'événement représenté ? Comme vous le voyez, le Politiqui n°9 se veut d'une simplicité biblique et nous espérons que les gagnants seront nombreux. Vous pouvez cliquer sur l'image pour l'agrandir. La solution sera de toutes façons livrée avec la plus grande exactitude demain ou après-demain.

  

dimanche 6 novembre 2011

La plus longue nuit de l'année

Grâce au cinéma Le Méliès et à ses "bobines du jeudi", nous sommes quelques uns à avoir vu "Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon" la semaine dernière. Si vous en avez l'occasion, surtout, ne manquez pas ce film. Je me demande si en quarante ans, nous n'avons pas perdu une part de lucidité politique.

Un certain Jean-Baptiste Thoret a animé une discussion à la suite de la projection. Il connaissait le film par coeur, son éclairage était très intéressant. Je me rends compte qu'il tient la chronique cinéma à Charlie Hebdo... Une soirée qui m'a permis de découvrir ce qu'était le "giallo" (tout à la fois le genre policier et une cinématographie dans le genre Dario Argento), Elio Petri (le réalisateur) et Florinda Bulkan.

La musique... Ennio Morricone est tout bonnement génial. Il devrait avoir dans les 83 ans. Je me demande s'il travaille encore. 

Ca n'a rien à voir mais j'ai vu aussi "Il était une fois en Anatolie". Un critique a titré de manière amusante "Anatolie d'un meurtre" ! Un film long comme une nuit sans sommeil (2 h 37) mais unique. Avec "Une Séparation", un des films de 2011 dont je me souviendrai. Et j'oublierai sans problème le "Tree of life" de Terrence Malick ou"Le Gamin au vélo" des frères Dardenne. 





photo : source (j'ai un peu trafiqué l'image pour qu'elle soit encore plus sombre comme dans le film)

vendredi 4 novembre 2011

Jeteur de cocktails molotov extrémiste : un suspect

 
On s'échine ici ou là pour savoir qui de l'islamisme radical ou du fondamentaliste chrétien est le plus à redouter. On se souvient du bon score obtenu il y a peu par Anders Behring Breivik... Certains ont des théories. Pour ma part, je pense que l'idéologie de départ importe peu. Les païens ne sont pas les moins à redouter. Tenez, vous faites partie des gens qui regardez avant de traverser ; bien, bien. Vous avez donc des frères qui sont comme vous. Des frères et des soeurs qui se préparent eux aussi à un possible accident dans l'avenir : les survivalistes. Des gens qui veulent être capables de ne pas mourir de faim ene forêt ou qui se construisent un petit abri au fond du jardin. Ils font parfois sauter des bâtiments conséquents comme à Oklahoma City : 168 morts.  Timothy McVeigh et Terry Nichols : méfiez-vous des bons petits gars qui aiment la patrie.

Le suspect ! J'y viens. Bidon ? Du lourd ! Ce sont nos services d'investigation qui ont réussi à le localiser à la suite d'une fuite. 


mercredi 2 novembre 2011

Libérons Charlie !


Si vous trouvez sur l'image un type qui se promène avec un bidon d'essence, veuillez nous le signaler très vite. Nous sommes en effet très émus. Comprenez-nous bien : que Charlie Hebdo se fasse hara-kiri, cela nous attriste mais c'est la vie. Certaines fins de vie sont difficiles. L'histoire du journal est émaillée d'arrêts de mort, de trépas et de renaissances. Quelqu'un dont on ignore l'identité a lancé un cocktail Molotov qui mis le feu au journal, le site a été piraté. Euthanasie ? Crime  !

On a beaucoup souffert avec Philippe Val mais depuis que le rédacteur en chef a changé, nous étions pleins d'espoir. Rappelons en effet que depuis la semaine dernière, Mahomet occupait le poste. Sans grande expérience dans le domaine de la liberté, plutôt à cheval sur la tenue vestimentaire des pigistes, on en attendait cependant beaucoup. Du coup Charb a repris le collier et est parti à la recherche de nouveaux locaux. Le rédacteur en chef de Libération, Nicolas Demorand, a proposé d'accueillir l'équipe de Charlie dans ses locaux. Nous exigeons qu'ils viennent chez nous. Accueillir des stagiaires est pour nous une vocation comme vous le savez. "On pourrait faire un numéro de Libé entièrement illustré par les dessinateurs de Charlie" a déclaré Nicolas Demorand, le célèbre marchand de sommeil. Ajoutons que chez nous la prière autour du veau d'or n'est pas obligatoire.

« Nous condamnons l'incendie, tout en étant vigilant sur l'origine » a réagit le Conseil français du culte musulman.  Pourtant, tout indique que le cocktail Molotov était rigoureusement conforme aux normes existantes en la matière. 
   

mardi 1 novembre 2011

Un photomontage de John Heartfield

 
Le photomontage du Politiqui n°8 datait du 26 juillet 1934. Il  a été publié dans le magazine AIZ dont la rédaction s'était exilé en Tchécoslovaquie après l'arrivée d'Hitler au pouvoir

Il porte la signature de John Heartfield, un artiste allemand né Helmut Hertzfeld. A 23 ans, en 1914, par écoeurement vis-à-vis du slogan adopté par son pays, "Gott strafe England" ("Dieu punit l'Angleterre") il adopte ce patronyme.  

En simulant une maladie nerveuse, il parvient à se fait réformer, ce qui lui permet de se lancer dans l'édition avec son frère. Il se retrouve à Zurich aux sources du mouvement Dada. 

Les Spartakistes sont écrasés à Berlin. Heartfield se rallie au KPD (parti communiste allemand). Avec ses photomontages, il s'en prend au militarisme, à la classe dirigeante de la République de Weimar et à la social-démocratie... Ce n'est qu'à l'automne 1930 qu'Heartfield change de cible, délaissant le SPD pour s'attaquer à Hitler. Ce qu'illustre le photomontage reproduit ci-contre (AIZ n°40, source), publié quelques jours après les élections de septembre 1930 qui ont permis au NSDAP de recueillir plus de 6 millions de voix.

Heartfield voyage ensuite en URSS et quand il rentre en 1931, les dés sont déjà jetés. C'est en tout cas le point de vue de John Willet  développé dans Heartfield contre Hitler aux éditions Hazan (1997). Ce qui pourrait faire dire à certains que finalement, il est assez ironique que l'auteur de l'injonction « Utilisez la photographie comme une arme ! » ait longtemps cherché à se tirer dans le pied... 

Pour revenir au photomontage support de notre petit jeu, signalons qu'il avait pour titre "Le fascisme est son dernier sauveur - la guerre est sa dernière issue". Chacun aura compris la dénonciation du soutien du nazisme par le capitalisme allemand. Dater l'oeuvre était une autre affaire...

Curieusement, les deux photomontages qui figurent sur cette page sont pratiquement absents de la toile. Pour ceux qui seraient curieux de découvrir les premières "unes" du magazine ouvrier AIZ, jetez un coup d'oeil ici.

Notre gagnant est Monsieur Poireau qui a donné la date la plus proche, suivi par Gaël, Nicolas et Dominique.

Archive de blog