jeudi 28 juillet 2011

Bal tragique à Claviers

   
On ne vous cache pas que l'information parvenue sur nos téléscripteurs nous laisse aux prises avec la plus grande inquiétude. Le Coucou ne peut pas avoir cassé sa pipe. On n'est pas d'accord. Aucune nécro n'a été préparée le concernant. On en a bien quelques unes pour quelques autocrates patentés et pour les stars du showbiz sur le retour. Mais pas pas pour les blogueurs dont on se considère ami. D'ailleurs, on n'imagine pas qu'ils puissent disparaître. Ils nous causent parfois du souci. On est inquiet pour eux mais on ne peut pas imaginer qu'ils nous lâchent.

L'idée de voir partir Le Coucou sans baisser son chapeau est impossible. La rédaction déclare un deuil de trois jours pendant lesquels aucun billet ne sera publié. Nous transmettons à ses proches et à ses amis l'expression de notre sympathie.


photo : P.B. Abery

PS : Michel Grimaud meurt une seconde aurions-nous pu titrer. C'était le pseudo qu'il avait adopté pour écrire avec sa femme disparue au tout début de l'année. Le Coucou ne manquait pas depuis de lui dédicacer chacun de ses rébus du dimanche, une délicatesse très émouvante. 

Je me souviens d'un mail un soir.  Il voulait savoir pour le cas où je me serais trouvé près de mon ordinateur si je pouvais lui donner un conseil rapide : "Personne n'a trouvé le rébus et je me demande si je dois laisser le jeu se poursuivre jusqu'à l'arrivée d'une bonne réponse dans la semaine, ou au contraire donner la solution… Tu en penses quoi?" Cette manie de ne pas mettre d'espace avant le point d'interrogation ! Malheureusement, je n'ai trouvé le message que trop tard pour pouvoir le rassurer. Pour ma part,  je trouvais très amusant quand personne ne trouvait ! 

Nous nous étions découvert quelques points communs  : une adolescence paloise dont il m'avait promis de me faire partager deux ou trois photos,  l'altruisme orthographique, une propension à l'anxiété...  Ces derniers temps, je redoutais de le voir décider de quitter la route. "Je n'irais pas à Compostelle", "Adieu à Claviers ensemble"... Lecture du billet faite, le malaise était dissipé. Le Coucou si ponctuel dans ses billets, une véritable horloge. Lui le savait dès le départ sans doute. Je ne l'avais réalisé que lorsqu'il me l'avait dit un jour. Je crois que par rapport à de nombreux blogueurs, il possédait un professionnalisme que nous n'imaginons guère dans la blogosphère. Dans l'écriture mais aussi dans ces idées du rendez-vous avec les lecteurs. L'idée qu'on doit quelque chose à son lecteur, le respect commençant par l'horaire !

samedi 16 juillet 2011

Domicile adoré

  

Dans une précédente édition, un membre particulièrement farfelu de la rédaction (remercié depuis) évoquait l’organisation des Jeux Olympiques à Lourdes. La capacité hôtelière de la ville est incontestable. A côté des établissements de grand luxe aux façades rutilantes mais dont le service n’est plus ce qu’il était, nous nous permettons de vous conseiller la toue.

Nous avons expérimenté récemment la toue de Castérie au pied des crêtes du Diable. L’ambiance est cavernicole puisque les architectes ont utilisé un bloc de pierre de plusieurs tonnes en guise de toit. En cas de pluie, vous passerez la nuit au sec. Le prix du séjour est modique. Le nombre de places limité. La toue de Castérie peut héberger 4 personnes dans sa pièce principale. Une alcôve attenante permet à un couple très amoureux ou à un anachorète souple de porter la capacité d’accueil de l’établissement à une hauteur que les services de la concurrence jugeront abusive et que donc par prudence nous préférons taire.

Souhaitant que notre billet fasse somme, après nous être adressé au plus compétent occitaniste de notre connaissance (plusieurs fois primé), nous vous livrons ses explications.

Pour la quasi totalité des toponymes de la région (hors "Domicile adoré" ou "lotissement les pervenches") le vocabulaire est occitan ou basque. Celui-ci est connu sur toute la Gascogne mais il est utilisé surtout en Lavedan ; en Béarn on utilise plutôt les synonymes tuta, espeluga ou espelunga. Voici l'article du dictionnaire qui lui correspond :

Toue [orthographe normalisée : toa (prononciation toue) ] cavité, grotte, canal souterrain ou ruisseau très encaissé. Dans certains endroits et particulièrement en val d'Azun désigne aussi la conque de l'oreille. 

Je n'en connais pas l'étymologie que classiquement on cherche du côté latin ou basque.
Votre proposition n'étant pas tombée dans la "toue" d'un sourd, à un de ces jours pour une balade.

Pour localiser l'établissement, allez dans google maps : il est tout à fait saisissant d'observer que la moindre cabane de berger est de nos jours répertoriée. Si vous ne trouvez pas cette toue à votre goût, cherchez bien, elles sont nombreuses dans cette vallée (toue de Doumblas, toue du Larribet, toue de Labassa). N'hésitez pas à vous rabattre sur le refuge Ledormeur ou du Larribet qui disposent d'un service de réservation moins efficace que la toue (premier arrivé, premier servi) mais offrent quelques compensations (une porte qui ferme, un poêle ou une cheminée, une table).

photo : dans la toue (fmplf)

jeudi 7 juillet 2011

Organisons les JO à Lourdes

Le dossier est préparé de longue date. Un bon nombre des infrastructures sont déjà en place.

Le funiculaire du Pic du Jer fonctionne depuis 1900. On se croirait en haut de Innsbruck. 

Des installations gigantesques dont la vocation n'était pas sportive à l'origine peuvent être aisément reconverties.




La basilique Saint-Pie X entièrement souterraine, 200 mètres de long sur 80 de large, un écrin pour une cérémonie d'ouverture qui sans cet équipement ne manquerait pas d'être perturbée par la pluie. 

Le centre de traitement des athlètes victimes d'addiction pourrait être placé dans le château médiéval (il a servi de prison dès le XVIIème).

La France pourrait récolter une moisson de médailles : le lieu est dit-on propice aux miracles. 




images : 

Archive de blog