mercredi 30 juin 2010

Revue européenne des blogs présente My life / Mi vida / Mein leben / Minha vida

   
Un oubli ! Le nombre total de manifestants ...  J'avais oublié ce lien, l'unique objet de billet tardif mais je tiens mes promesses. Alors, un faux billet ? Presque mais avec un scoopuscule. Pour ceux qui sont capables de voir s'ébattre un ego sous la lentille d'un microscope électronique, ma bio, chez Miko ! Eh eh ! Vous pensiez mtislav intraduisible, bande d'incrédules... La rédaction est maintenant dans la Revue européenne des blogs. Désormais, nous savons où nous allons en espérant ne pas finir comme l'évêque d'Oloron dont on peut voir la très belle statue désormais à sur la place de la Cathédrale. 

L'évêque d'Oloron mourut à Jaca au VIe siècle. Les Aragonais et les Béarnais se disputèrent sa dépouille. Pour trancher, on proposa de confier, depuis le col du Somport, le choix de la destination finale du corps à la mule aveugle de l'évêque. Celle-ci ramena Grat bien ficelé sur son dos jusqu'à Sainte Marie.
   

 

mardi 29 juin 2010

La déclaration

"Chéri, n'oublie pas de porter sur la déclaration cet atoll paradisiaque que bonne maman t'a donné !"

* * *
Petit mot qui n'a rien à voir pour ceux qui nous ont communiqué des informations il y a quelques jours. J'avais promis un lien, le voilà ! 



Une remarque liminaire, le programme du Front populaire ne comportait aucune mention relative aux congés payés. C'est la lutte parfois bien plus que les urnes qui ont permis bon nombre de conquête sociales.

0 manifestants à Draguignan, on pense fort aux sinistrés. Appas en a vu le même nombre. 
La mobilisation était deux fois plus importante que le 27 mai, et ça ne fait que commencer dixit Stef .

3000 personnes à guingamp, 10 000 à saint brieuc, 5000 à lannion, 20 000 pour Brest. La Fée Paradis a compté dix-huit mille manifestants à Pau et elle y était. Eric blogueur citoyen a cité le chiffre de 10 000 : Mulhouse était dans la place !!!! MG s'est manifestée sur ce blog et ailleurs n'en doutons pas.





lundi 28 juin 2010

Le milieu hollandais est pourri

  
La rédaction a interviewé un fin connaisseur des Bataves après leur match contre la Slovaquie. Voici ce qu'il nous a déclaré.

"le pays bas a une chance sur 2 de passer il save ataquer mai les defenceur centraux son movai le jeu de tete es redicule ces leur gros point faible si il narrive pa a marker en premier periode il von perdre leur aile et la tou peu changer la slovakie les emenra jusquo tire au but"

Voilà un scoop qui va rendre jaloux nos concurrents.

Avec eux, nous croyons qu'on peut écrire de la plus belle manière sur le football.
Avec eux, nous croyons qu'on peut écrire de la plus belle manière sur le football.
Avec eux, nous croyons qu'on peut écrire de la plus belle manière sur le football.
Avec eux, nous croyons qu'on peut écrire de la plus belle manière sur le football.
Avec eux, nous croyons qu'on peut écrire de la plus belle manière sur le football.
Avec eux, nous croyons qu'on peut écrire de la plus belle manière sur le football.
Avec eux, nous croyons qu'on peut écrire de la plus belle manière sur le football.
Avec eux, nous croyons qu'on peut écrire de la plus belle manière sur le football.
Avec eux, nous croyons qu'on peut écrire de la plus belle manière sur le football.


source : fifa 

jeudi 24 juin 2010

Le nombre de manifestants en toutes lettres

 
Petit clin d'oeil à l'amicale des blogueurs en grève et/ou soutenant la liberté d'expression (Mon avis t'intéresse , Et pour quelques fariboles de plus..., Mme Kevin, De tout ! Et... euh... de rien !, Chouyo's world, www.daydreamer.fr, Lizzly 2.0, Une autre vie ,  Eric citoyen, les clés sont dans l'escalier, la fée paradis, bulles d'info, le blog qui pétille, Minos et Cie, Qu'est-ce qu'elle dit ? , Je voulais vous dire... , Piratages) (et dans un prochain billet un lien pour ceux capables de m'écrire en toutes lettres le nombre de manifestants dans leur patelin certifié exact avec un degré de précision n'allant pas au-delà de la virgule)


Authueil se lamentait aujourd'hui qu'il y ait des villes qui rassemblent plus de manifestants que n'en compte leur population. C'est la première réalisation importante du quinquennat, on produit du manifestant. 

Le gouvernement est très fort en statistiques mais nul en calcul, donne des leçons de morale mais en est dépourvu. Et en matière de liberté d'expression trouve des serviteurs zélés pour voir des gros mots là où il n'y en a que des plus ou moins bons.




Revenons au sujet de notre billet de ce jour, à notre envoyé spécial dans la manif, aux informations de première main qu'il a recueilli. Dix-sept mille, retenez ce chiffre, cela peut vous servir pour signer un chèque sans faire de faute d'orthographe, dix-sept mille manifestants à Pau aujourd'hui. Si vous êtes beaucoup plus argenté, songez qu'à Tarbes, ils étaient 40.000 ! Je vais l'écrire en toutes lettres, quarante mille mais n'oubliez pas que vous ne disposez de la somme qu'en centimes d'euro. A Bayonne, douze mille. Celui-ci aussi en toutes lettres peut vous servir, c'est peut-être le nombre d'années qui vous sépare de la (maison de) retraite.


Je termine avec ce dernier petit écriteau (cf. photo de gauche) vu dans la rue écrit par un Breton.

Rarement vu autant de monde dans les rues de notre capitale. Le chiffre de Lorient a été annoncé mais je ne l'ai pas retenu. Il était surréaliste.








   

lundi 21 juin 2010

Rédiger le communiqué de l'équipe de France soi-même

   

Le craître de Bloemfontain

Acte III, scène 9


(Dans l'espoir de démasquer le craître , les joueurs de l'Equipe de France décident de monter un stratagène . Ils vont écrire un communiqué dont le bruit sera plus assourdissant que celui d'une cohorte de vuvuzuelas. En gros, c'est pour dire que lundi, ils s'encraineront pas ),



L'avocat de G., joueur de tête
Vaudrait mieux dire : "...inhérent à la vie d’une équipe de haut niveau."


G., joueur de tête (regardant les Bleus dans les yeux)
Inhérent, il veut dire intrinsèque.


R. équipier modèle
Nous sommes plusieurs à préférer immanent mais nous ne tenterons rien pour imposer notre point de vue (plusieurs joueurs se lèvent et viennent serrer la main de R.)


Le conseiller fiscal de H., beau joueur
" Haut niveau, haut niveau", restons mesurés !


Trois joueurs dont le portable est déchargé 
Nous, le public, c'est total respect. On va aller les voir à leur rencontre de ces supporters, qui sont avec nous. Ca, on le garde, c'est rien que nous qu'on l'a écrite.


Le conseiller image de R., avant-garde du football moderne 
Faites ce que vous voulez mais "... d'aller à la rencontre de nos supporters... " me semble plus correct. Et puis il faudrait revoir la fin.


La mère d'un jeune joueur (FCPE)
Faut le faire lire par Raymond. A l'oral, ça passera. Tenez, vous lui donnez ça : "Nous ferons tout individuellement. Sans oublier que le collectif soit à l'honneur qu'on gagne, pour que la France, mardi soir, sorte en klaxonnant." Soyez attentif, il lira : "Nous ferons tout individuellement, bien sûr, mais aussi dans un esprit collectif, pour que la France, mardi soir, retrouve son honneur par une performance enfin positive".


H., beau joueur
Je voudrais qu'après "exclure de notre groupe" on précise "de notre groupe démocratique et autogéré". Je sais, c'est très politique mais on peut être sportif de haut niveau et défendre des valeurs.  (tous les joueurs présents se tournent les uns vers les autres se donnant un signe de paix)


La mère d'un jeune joueur (de la PEEP celle-là)
Je propose de faire deux communiqués commun et qu'une position libérale soit clairement défendue.


R., équipier modèle
Faisons chacun un communiqué et tirons-le au sort. (les joueurs se jettent à genoux, certains se signent, d'autres appartenant à des clubs charismatiques rédigent des chèques à l'ordre des veuves et orphelins du Paris St-Germain)
* * *

Le communiqué lu par Raymond, entraîneur d'égaux :

« Par ce communiqué, tous les joueurs de l’équipe de France sans exception souhaitent affirmer leur opposition avec la décision prise par la Fédération Française de Football d’exclure Nicolas Anelka du groupe. Si nous regrettons l’incident qui s’est produit à la mi-temps du match France-Mexique, nous regrettons plus encore l’utilisation d’un évènement qui n’appartient qu’à notre groupe et qui reste inhérent à la vie d’une équipe de haut niveau. 





A la demande du groupe, le joueur mis en cause a engagé une tentative de dialogue, mais sa démarche est restée volontairement ignorée. De son côté, la Fédération française de football n’a à aucun moment tenté de protéger le groupe. Elle a pris une décision sans même consulter l’ensemble des joueurs, uniquement sur la base des faits rapportés par la presse. En conséquence, et pour marquer leur opposition par les plus hautes instances du football français, l’ensemble des joueurs a décidé de ne pas participer à la séance d’entraînement. 


Par respect pour le public venu assister à cette séance, nous avons décidé d’aller à leur rencontre de ces supporters, qui par leur présence, nous apporte un soutien sans faille. Pour notre part, nous sommes conscients de nos responsabilités, celles de porter les couleurs de notre pays, mais celles également que nous avons à l’égard de nos supporters, de leurs cadres, éducateurs, bénévoles et des innombrables enfants qui gardent les Bleus comme modèles. Pour ce qui nous concerne, nous n’oublions rien de nos devoirs. Nous ferons tout individuellement, bien sûr, mais aussi dans un esprit collectif, pour que la France, mardi soir, retrouve son honneur par une performance enfin positive. » 

photo : quelques joueurs de l'équipe de France réunis avec leurs épouses, photo prise par maman
   

mardi 15 juin 2010

Victoire tactique du Brésil



C'est un supplice d'entendre cinquante fois dans la soirée les commentateurs s'appliquer à massacrer le mot Seleção. Le bruit de ces affreuses trompettes est déjà suffisamment insupportable. J'ai noté qu'il y a un joueur auriverde dont le nom n'a pas été hispagnolisé alors qu'il l'était habituellement, on voit que la coupe a été préparée sérieusement.

Précisons que  Seleção se dit séléssan,

Julio Cesar             Joulio César et non Djulio Chaipaquoi
Juan                        Jouan et non Djuan

Réduisez en bouillie chinoise tant que vous voulez Ri Myong-Guk, Pak Chol-Jin ou Ri Kwang-Chon, si j'en crois les commentaires lus sur twitter, ce n''est pas grave, ils seront exécutés dès leur retour à Pyongyang. Je pleure car dans cet hiver footballistique qu'est cette coupe du monde, les Coréens du Nord ont soulevé mon enthousiasme un instant. Alors même que je "torce" (encourage) le Brésil avec une indéfectible complaisance et un indéracinable esprit partisan.

C'était l'hiver. Ils ont su s'habiller chaudement. C'est ce que l'on appelle une victoire tactique.

image : A travers la cage...
Mise en ligne par J&S.

dimanche 13 juin 2010

Sept hommes en colère

Notre reporter pas du tout spécial entre dans la salle d'audience au moment où le procureur entame sa plaidoirie. La petite salle est bondée, les fenêtres grandes ouvertes. Le préfet des Pyrénées-Atlantiques a jugé outrageants six mails qui lui ont été adressés au cours de l'été 2008. Une famille d'origine albanaise avec ses deux enfants venait d'être bouclée en centre de rétention, le réseau éducation sans frontières (RESF) invitait à réagir. Le mot rafle ou encore le parallèle établi avec les méthodes pratiquées dans les années noires ont fâché le Préfet. Un professeur retraité, Pierre Favre, a écrit : “Voilà qui ressemble aux méthodes de la Gestapo”. Un ancien ingénieur de la Roche-sur-Foron pas très loin du plateau des Glières , conseiller municipal, militant d’Amnesty a protesté, demandant pourquoi l’on mettait tant de zèle « comme Papon et ses chefs en d'autres temps ? »

Quelques bruissements dans la salle. “Silence ou j’évacue la salle !” J'arrive au bon moment pour entendre la célèbre réplique, un peu rebattue, il est vrai. La petite salle est pleine à craquer. Cela fait deux heures que l'audience a démarré. Le procureur explique : sa parole est libre. Il est attaché à la liberté d'expression mais internet et le sentiment d'anonymat que cela procure a poussé des gens instruits et donc d'autant plus condamnables à abuser de ce droit. Suit une démonstration en deux temps pendant laquelle je perds un peu le fil et m’abîme dans la contemplation d’un crâne parfaitement lisse, du président et de son assesseur, imperturbables.

La police n'a eu aucun mal à retrouver les auteurs de ces mails qui d'ailleurs étaient signés. Certains des accusés étant eux-mêmes anciens fonctionnaires, qu’ils étaient indignés mais qu’il ne leur viendrait pas à l’esprit de s’attaquer à la personne du fonctionnaire. 

Le premier avocat de la défense est un peu dépité. Son client a fait le voyage depuis les Charentes mais le Préfet au tout dernier moment a renoncé à poursuivre. "Cela me rappelle une triste époque où on enfermait des enfants dans des wagons pour les envoyer en Allemagne. Bonne journée !" Le docteur Soares a bien agacé le préfet mais en le relisant plusieurs fois, celui-ci s’est peut-être dit que devant un prétoire, les fenêtres laissant entrer l'air frais de cette fin de printemps, le style du docteur allait manquer de nervosité. L'avocat plaide quand même. C'est intéressant d'écouter la défense d'un innocent. C'est reposant. On n'a même pas à se demander qui a raison. On se dit qu’il faut être malin lorsque l’on écrit au préfet. Avec ce genre de petit jeu, on peut se retrouver vite fait au commissariat à devoir répondre à des questions sémantiques, ce qu’on a voulu dire par là, qui on fréquente, ce qu’on pense... Pour quelques semaines plus tard, faire sa petite valise pour passer la journée sous le soleil riant du tribunal de Pau, s’entendre de façon un peu lassante répéter à quel point les traditions béarnaises sont accueillantes pour les étrangers.

La deuxième avocate entame la partie avec un filet de voix très mince. C'est un bonheur de l'entendre s'affermir. La petite famille qui est à l'origine de toute cette affaire, après avoir épuisé toutes les voies de recours, déboutée de toutes parts, figurez-vous que c'est grâce à l'intervention de Mme Alliot-Marie qu'elle a fini par être régularisée. Est-ce que finalement cela ne sert pas un petit peu de malmener quelques susceptibilités ? N'a-t-on pas donné raison aux protestataires ? L'avocate s'interroge sur le sens des mots concernant le droit des étrangers, tout un vocabulaire utilisé par l'administration qui devant la Cour internationale des Droits de l'Homme parvient enfin traduit et retrouve son véritable sens : placé en centre de rétention = emprisonné, éloigné = expulsé, etc.

La troisième avocate défend une jeune femme qui a écrit au préfet : "Je demande que cesse le scandale des rafles, (...)" Maître Dominique Noguères déclare tout de go que c'est un procès politique que l'on fait ici. On n'a pas le courage de s'attaquer à RESF, on veut faire peur à ceux qui seraient tentés de soutenir son action. La référence historique est naturelle : l'occupation est la seule période de notre histoire où des enfants ont été traités de manière comparable. L'accusée, interrogée sur la police sur son mail, indique que pour elle, le sens du mot est celui que donne le dictionnaire. Il n'implique pas une comparaison avec la France de Vichy.

Le jugement est mis en délibéré et sera rendu le 12 août. Pour ce qui est des peines encourues, je ne sais pas. Sur le moment, j'avais cru comprendre que les accusés risquaient une peine avec sursis et une amende de 1000 €.

Je le sais, vous seriez malheureux si je ne vous proposais l'indispensable pétition . Pour les exaltés, il est possible d'affirmer votre soutien par un chèque.
 
photo : Romana Klee
  

mercredi 9 juin 2010

Qu'est-ce que le Talmud ?

   

- Tout ça est dans le Talmud ? demanda Mendel qui n’avait encore rien dit.
- Dans le Talmud et ailleurs, dit Mottel.
- Qu’est-ce que c’est que le Talmud ? demanda Piotr. C’est votre Evangile ?
- Le Talmud, c’est un peu comme une soupe où il y aurait toutes les choses qu’un homme peut manger, dit Dov. Mais le blé s’y trouve avec le son, les fruits avec les noyaux et la viande avec les os. Ce n’est pas tellement bon, mais ça nourrit. C’est bourré d’erreurs et de contradictions, mais justement à cause de cela, ça vous apprend à raisonner. Et qui l’a tout lu...
Pavel l’interrompit :
- Je vais te l’expliquer par un exemple, moi, ce que c’est que le Talmud. Ecoute bien : deux ramoneurs tombent dans le conduit d’une cheminée ; l’un d’eux s’en tire tout couvert de suie, l’autre tout propre. Quel est celui des deux qui va aller se laver ?
Soupçonnant un piège, Piotr regarda autour de lui comme pour chercher de l’aide. Puis il s’arma de courage, et répondit :
- Celui qui est couvert de suie.
- Erreur, dit Pavel. Celui qui est sale voit le visage de l’autre, qui est tout propre, et croit l’être aussi. Alors que celui qui est propre voit la suie sur le visage de l’autre, croit être sale et va se laver. Tu as compris ?
- Oui, j’ai bien compris. C’est bien raisonné.
- Attends, l’exemple continue. Je vais te poser une deuxième question. Ces deux ramoneurs tombent une seconde fois dans la même cheminée, et une fois encore l’un est sale et pas l’autre. Quel est celui qui va se laver ? 
- Je t’ai dit que j’avais compris. C’est le ramoneur qui est propre qui va se laver.
- Erreur, dit Pavel impitoyable. En se lavant après la première chute, celui qui était propre avait remarqué que l’eau de la cuvette ne devenait pas sale, tandis que celui qui était sale avait compris la raison pour laquelle celui qui était propre était aller se laver. Aussi, cette fois, c’est le ramoneur sale qui va se laver.
Piotr écoutait, bouche bée, mi-effrayé, mi-intrigué.
- Et maintenant la troisième question. Les deux ramoneurs tombent une troisième fois dans la cheminée. Quel est celui des deux qui va se laver ?
- Dorénavant, je dirai que c’est celui qui est sale qui va se laver.
- Encore une erreur. Tu as déjà vu, toi, que deux types tombent dans la même cheminée, et que l’un soit propre et l’autre sale ? Voilà, le Talmud, c’est un peu comme ça.
Primo Levi, Maintenant ou jamais (10/18 pp. 200-201)
   

vendredi 4 juin 2010

Cinq + mais pas 6 B

Quand j'étais étudiant, je m'étais mis à grimper un peu sur les murs de brique des berges de la Garonne à Toulouse. Je n'imaginais pas qu'un jour je toucherais un peu à l'escalade. Cela me semblait parfaitement stupide de courir un risque quelconque sans parler de celui de faire du sport. Pourtant, la brique sous le Pont-Neuf offrait la possibilité d'exercer un yoga minimaliste, qu'il fasse une chaleur de tous les diables ou un froid de canard, le mur finissait par m'attirer de manière obsédante jusqu'à y faire un tour la nuit, dans la semi-obscurité, halluciné, amoureux, désespéré ; restons raisonnable, le plus souvent à jeun, au printemps, quand la pierre est tiède et le soleil du midi point trop accablant.

Bien des années plus tard, je viendrais à découvrir les falaises les plus courues de ma région, Arguibelle, La Mâture, Lourdes, le Pibeste, Arthez-d'Asson et bien sûr Arudy. Il existe un topo d'Arudy c'est-à-dire un petit livre indiquant le nom, la difficulté et la localisation des voies. Arudy ayant été exploré et équipé par des sacrés types dès la fin des années 50, la cotation des voies, éternel sujet de discussion pour les grimpeurs, était plutôt sévère.  Jean Ollivier écrivit plusieurs topos dont personnellement je ne connais que la dernière version, celle datant des années 90. Sur le plan esthétique, il est daté mais c'est là que réside son charme. Il faut dire que certains grimpeurs sont aussi doués pour jeter le tracé d'une voie sur le papier que pour trouver la ligne la plus pure dans leur escalade. 

La Maison de la Montagne de Pau annonce sur son blog la sortie du nouveau topo d'Arudy, une oeuvre collective cette fois, un diamant à n'en pas douter. 

Observons que la critique littéraire s'intéresse rarement à ce type d'ouvrage, à toute la littérature "fonctionnelle" d'ailleurs, revues techniques, guides, manuels, brochures, dépliants touristiques, professionnels. Le Chaix et le catalogue Yvert et Tellier ne sont-ils pas les chefs d'oeuvre à la gloire du  service public (de la SNCF et des Postes) qui valent le catalogue de bien des expositions ? Le guide vert ne vaut-il pas davantage que nombre d'essais historiographiques ?


(J'invite d'ailleurs quelques blogueurs à chroniquer à leur tour un chef d'oeuvre de la littérature ignorée, livre de recettes, annuaire professionnel, brochure indispensable... J'ai pensé à L'Homme Scalp, Des Fraises et de la tendresse, . Et ce serait bien si on pouvait avoir des nouvelles de Z ., MG ,  d'Irene Delse dont le blog a semble-t-il disparu.)

photo : smiscandlon 
   

mercredi 2 juin 2010

Télérama, l'âge de la retraite ?

  
Télérama a 60 ans. Le sexagénaire est plutôt en forme.

Où est passé Télérama ? C'est une question rituelle. Au pied du lit ? Sur le canapé ? A côté de la baignoire ? En province, il est nécessaire d'en conserver quelques piles pour retrouver la critique d'un film lorsqu'il finit par arriver sur nos écrans. Cela laisse le temps d'oublier ce qu'on a certainement lu par pure curiosité quelques mois avant car ils ont tendance à un trop en dire. C'est fastidieux mais que ne ferait-on pas pour prolonger le plaisir. 

Pourquoi scient-ils la branche sur laquelle ils sont assis en offrant pratiquement le même service sur leur site internet. Ils veulent vraiment mettre Télérama papier à la retraite ?




photo : l'ancêtre de Télérama, Radio Cinéma
  

mardi 1 juin 2010

# Un jeu littéraire sur Twitter

   


Je ne garantis rien. C'est un twit du Coucou qui m'a interpellé au niveau du vécu. Je vous le livre texto.




poussez pas, j'étais premier !#4motsavantlamort 




Devant un twit, je me sens comme Champollion devant la pierre de Josette. On clique sur cette formule bizarre : il y a 100 pages à consulter si vous le désirez, le nombre de pages maximum pour une requête sur twitter.


Le jeu consiste peut-être à proposer 4 mots définitifs.




Casse toi pov' con 





Parfois, l'auteur replace le propos dans un sous-genre 




C'était pas ma guerre (#RamboStyle)



Ensemble, tout devient possible (#Style réminiscence)


Les origines du jeu et des sources d'inspiration sont macabres. 


Rire de la mort


Une psychanalyse en 140 caractères ? Un exorcisme ? Un hashtag. #


Un dernier signe : #


Bernanos, à l'article de la mort, a fait fort, en trois mot : "A nous deux !"



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