jeudi 25 mars 2010

Les falafels de Haïfa

  

En raison d'un mot d'ordre de grève des membres de la rubrique cuisine, le billet prévu sur les falafels de Haïfa est reporté à une date ultérieure.







  
image : "¡ ɐɔoɔ ɔıuɐƃɹo ʞuıɹp"






mardi 23 mars 2010

Astro-zoologie pratique

  
On connaît l'argument que le hiérarques socialistes adressent aux partis d'extrême-gauche : "Vous ne prenez pas vos responsabilités, vous ne souhaitez pas exercer le pouvoir..." En Limousin, entre les deux tours, le PS n'a pas voulu fusionner avec une liste du Front de Gauche et du NPA. Désormais, on sait qu'au PS, on est prêt à gouverner avec la droite mais plus avec qui se trouve plus à gauche que soi. Et pourtant, cette petite liste "Limousin Terre de gauche" qui avait recueilli 13 % des voix au premier tour en a obtenu 19 % au second. L'abstention reculait en même temps de 4 points, le socialiste passant de 38 % à pratiquement 48 %, le gain correspondant à peu près au score d'Europe Ecologie qui a fusionné avec le PS.  Contentons-nous de lire ce qu'en pensent les représentants du Modem : "La montée en puissance du Front de Gauche, que je félicite au passage pour leur performance, représente-t-il une alternative crédible à la politique de décroissance mené par le Parti Socialiste ? Europe Ecologie, en s’alliant avec le Parti Socialiste, n’a-t-il pas prouvé qu’il n’est qu’un supplétif de ce dernier et qu’il ne représente sûrement pas une alternative ?"


En Aquitaine, la place du Front de Gauche est réduite à la portion congrue par le PS.  45 élus PS et radicaux de gauche, 10 Europe Ecologie... et 3 Front de Gauche. Sud-Ouest  observait que le FdG avait négocié après les Ecologistes pour un accord obtenu au forceps. Olivier Dartigolles , responsable du PC dans les Pyrénées-Atlantiques, commentait entre les deux tours l'ambiance des négociations. "Ces moments là ne sont vraiment pas les plus flamboyants dans l'activité politique. Mais on peut y mesurer les poisons et délices de la nature humaine. Les caractères se révèlent, les masques tombent. Il y a certes les spécialistes de la politicaillerie, des coups, qu'ils soient bas ou tordus, mais il y a aussi des personnes qui font preuve d'une très grande classe. C'est amusant de lire certaines déclarations dans la presse : les plus médiocres se font passer pour les champions du rassemblement, et ceux qui ont agi en responsabilité se taisent. En politique, comme dans notre société, l'obscénité prend bien trop souvent le pas sur l'éthique et la dignité.

La rédaction n'a pas débloqué les moyens techniques pour orienter l'antenne de télévision vers le Pic du Midi. Après chaque coup de vent, la neige tombe sur le poste. La première chaîne peut être captée quelque soient les catastrophes climatiques. Toujours parfaitement. Journal de ce soir, une catastrophe à lui seul. En ce jour de manif , Laurence Ferrari titre sur les obsèques du policier tué. Toute sémillante, Ségolène Royal attend d'être interviewée. Je zappe un peu sur la 2 qui embraye sur des problèmes plus anecdotiques : les larmes de Darcos quittant son ministère, le projet de taxe carbone à la trappe, la réunion  houleuse des députés UMP anonymes... Chantal Jouanno "désespérée". Je ne comprends pas que tout cela laisse Laurence Ferrari de malbre . Retour sur la une, résumé de l'entretien au sommet par Laurence (cancer ascendant lion) : "Vous n'êtes pas candidate à la présidence de la République". Quand on a autant de scoops politiques à se mettre sous la dent, quelle tristesse de se contenter de l'horoscope.

La rédaction s'excuse pour les coups tordus, les promesses non tenues et pour s'être moqué d'une blonde.

photo : fondation mtislav pour la foi



samedi 20 mars 2010

Tristes tropicques

 

Lors que nous quittasmes la baie de Guanabara au printemps 1561 pour mériter un rang jusqu’à la cour du roy, nous n’estions aux yeux de nos hostes que des sauvages lointains. Les guerres de religion avoient accoustumé les François à la barbarie, ils en usent et s’en délectent jusqu’à aujourd’hui à travers tout leur païs et ceus veisins. On nous oublia très vite sans mesme penser à nous vestir. Pourtant, l’hiver estoit rude. Personne n’envisageait pour nous la volte. Et comme nous ne barguaignions même pas trois mots de cette langue, point n’estoit besoin de songer à négocier nostre retour. Rares estoyent ceux qui pratiquaient un peu ce portugais dont nous maîtrisions quezques vocables et intonations. Nous étions comme des poissons échoués loin du rivage, guettés par l’asphyxie et la mort. C’est là que le seigneur de Montaigne est apparu. Il m’a emmenez dans son château, m’a laissez vivre pieds nus dans sa campagne. Avecques patience, il m’a pris par la main, m’a montrez chasque chiose de sa demeure et les animaulx de ses pasquages, parcourant chasque lieuë, descouvrant les bastimens et domaines. Ses gens sont devenus pour moy des gardiains alors que je ne connaissais sur ce continent que des gaioliers. Ses pensées, il les a partagez. Il voulait que je sache escrire. Ce qu’il a voulu fût faict et c’est einsi que vous me lisez, moy, fils du Brésil et aujourdhui de France, déracinez mais replantez au-delà des mers par la bonnegrace d’un gentilhmme perigordins dont la noblesse alla jusqu’à vouloir goûter à la mode des Tamoyos quezques fiers catholicques.

(Nicolas m'a proposé sur une idée de Didier Goux ce petit jeu consistant à user de la machine à remonter le temps... Je propose à mon tour à Colombine, à Noisette et à Gaël d'effectuer ce petit voyage...)
Illustration : manioc 
  

mardi 16 mars 2010

Exercice de démocratie théorique

 
Il y a quelques années, quelques idéalistes d'un pays tropical découvrant la démocratie prétendaient introduire dans leur constitution une disposition amusante : tout scrutin à l'occasion duquel le nombre de votes blancs serait supérieur au score du candidat le mieux placé serait annulé, un nouveau vote étant organisé pour lequel les candidats du premier scrutin ne sont pas autorisés à se présenter. 

Le but de la mesure était de moraliser la vie politique, d'en finir avec des élections où le personnel politique est unanimement rejeté par l'électorat.

Bien évidemment, une telle proposition est plutôt risquée. Organiser une élection en laissant ouverte la possibilité de ne pas produire un résultat peut s'avérer risqué. La démocratie elle-même est un système politique risqué. D'où l'idée d'en proposer des versions édulcorées.

Certains pensent qu'en France les votes blancs ne sont pas décomptés. Ils se trompent. Cela est très facile à vérifier en se rendant sur le site du ministère de l'intérieur. Dans mon département, il y a eu 13 412 votes blancs ou nuls au premier tour des élections régionales. En réalité, ces commentateurs veulent dire que les votes blancs n'ont pas d'influence sur le déroulement du scrutin. Imaginons une disposition modifiant la donne. Quelque soit le choix opéré, le résultat sera de paralyser le scrutin. L'élection, momentanément, ne désigne pas de candidat. Finalement, un choix supplémentaire est offert aux électeurs : celui de ne désigner personne ! On pourrait même imaginer de retourner au vieux système du tirage au sort pour désigner les représentants du peuple dans un tel cas de figure.

Pour donner une idée de l'importance de ce vote blanc ou nul, dans les Pyrénées-Atlantiques, il a numériquement la même importance que le score réalisé par le candidat du FN (13 701). Forcément, à vouloir compter les blancs et les nuls, on ne pouvait échapper à un total de la même importance.

La liste "Euskal Herri Bai" (conduite par un dénommé Xavier-Philippe Larralde) a totalisé 187 votes : le nationalisme est dans une mauvaise passe... 

Notons plus sérieusement que six listes sur onze regroupent un nombre de votants inférieur à celui des blancs ou nuls. Pour qui se donne la peine de consulter les résultats, on peut mettre en balance les 13 412 citoyens qui sont venus déposer un vote blanc ou nul avec les 242 436 qui sont allés à la pêche (dont c'était d'ailleurs l'ouverture). Observons que le décompte des abstentionnistes s'affiche avec une finesse exceptionnelle alors que le vote blanc est fondu avec le vote nul. Reconnaissons que c'est assez démoralisant de confondre les myopes et les plaisantins avec quelques citoyens scrupuleux. Sans parler de l'idée de proposer aux Basques et aux Béarnais de cohabiter. 

Imaginons que la loi électorale change, qu'une proportion donnée d'abstentionnistes soit reconvertie en vote nul, la première conséquence concernerait la protection de la flore aquatique : quelques truites échapperaient à la capture. Il faudrait revoter. Il n'est pas certain que davantage d'électeurs modifient leur emploi du temps si les candidatures sont identiques...

Heureusement, la démocratie ne se résume à quelques parties de pêches. Il y a les associations, les manifestations, les révolutions. Dans ce dernier cas, on passe à la pêche au gros, le décompte est plus douloureux.
   
   

jeudi 4 mars 2010

Ruminations de princesse

   
Ansó, 500 habitants environ. Petit village haut perché en Jacetania. Au moins trois troquets, pleins à l'heure du match de football. J'ai beau écumer les pages sportives des journaux, particulièrement bien fournies, pour y trouver une allusion à un quelconque résultat olympique,  il n'y en a que pour le football.  Certes, en fouillant dans les revues du bar Zuriza, je trouve quelques informations sur la déjà ancienne opération du nez de la princesse des Asturies. Pour l'heure, c'est l'appareil dentaire qu'elle vient de se faire poser qui retient l'attention. Si l'on peut dire car il est quasiment invisible. Il a coûté un prix fou (on parle de 6 000 €). Certains commentateurs soulignent qu'elle ne s'est pas fait poser des "brackets " mais un traitement "invisalign ". Opération de communication plutôt que dentaire : corriger sa dentition n'est pas frivole. Malgré la crise, la princesse n'aura pas froid aux dents. Elle pourra sourire à son peuple sans le plonger dans l'effroi.



































Sierra de Alano depuis le Quimbo Alto (Aragón)

mercredi 3 mars 2010

A ceux qui ont déjà donné, prêtez maintenant !

    
Romain Blachier (à la suite de Nicolas) attire notre attention sur Veecus, site proposant de participer financièrement à des projets de micro-crédit. Vous prêtez de l'argent à un(e) entrepreneur(se) du Cameroun, du Cambodge ou d'Inde, il développe son activité et vous rembourse. Veecus est un intermédiaire entre vous et l'organisme de prêt sur le terrain. Quelques points méritent d'être soulevés. 
Pourquoi prêter plutôt que donner ? "Donner aux pauvres prête à rire" disait Pierre Dac. Le fait de prêter a un avantage théorique, vous êtes censés récupérer une part de votre argent... L'inscription à Veecus coûte un euro TTC. Vous ne pourrez bénéficier des avantages fiscaux liés au don. Vous bénéficiez de la période de rétractation légale d'une semaine. La somme versée doit être au minimum de 20 €, augmentable par tranches du même montant. Le bénéficiaire final du prêt peut se voir appliquer un intérêt afin de couvrir ses frais de fonctionnement. Les responsables du site expliquent que la microfinance coûte très cher ! Le travail est différent de celui d'un banquier classique. Il implique en particulier un accompagnement du "microfinancé", une formation, un suivi. 

Veecus vous remboursera si l'entrepreneur est défaillant. Les projets proposés ne le sont que sous réserve, notamment que l'intégralité du projet puisse être financée dans un délai de deux mois. A l'issue de la moitié de la durée du prêt, vous serez remboursés de la moitié de votre prêt ; le reste, à  l'échéance. Le tout par carte bancaire (PayPal) ou par virement bancaire. A moins que vous ne décidiez de réaffecter la somme à un autre projet. Si vous disparaissez sans laisser d'adresse, Veecus gardera bien au chaud pendant trois ans vos petits sous avant d'en faire don à une organisation de micro-finance.

Quelle confiance pouvez-vous avoir dans ce système ? Le label Finansol rassurera quelques hésitants. Dans un souci de transparence louable, Veecus n'hésite pas à mettre le micro-crédit sur la sellette sur leur blog. Selon une étude d'Esther Duflo, après 18 mois, l'impact pour les bénéficiaires du micro-crédit ne semble pas avéré du point de vue de la scolarisation ou du pouvoir de décision des femmes. Rue 89 avait posé la question il y a quelques temps de manière un brin provocatrice : "le microcrédit sert-il à enrichir les pauvres... ou les riches ?

Pour ceux que l'aspect éthique intéresserait davantage, notons la très brève mais néanmoins brillante étude sur le sujet. 

Retenons deux effets potentiellement négatifs : le micro-crédit peut encourager le désengagement de l'Etat dans la lutte contre la pauvreté ; le micro-crédit encourage les gens à travailler. Plutôt qu'à bénéficier d'une allocation. Voilà ce qui arrive quand on soulève les problèmes éthiques.

Pour terminer, deux effets potentiellement positifs de la micro-finance : des pauvres, des chômeurs deviennent leur propre employeur, gagnent en estime de soi ; la micro-finance modifie les relations sociales oppressives. Dites-vous bien qu'un petit peu d'éthique ne vous ferait pas de mal.

Je serais curieux de connaître l'avis éclairé sdu Privilégié, de ses deux amis des Trois Bills, de Dorham et du Coucou sur le sujet. Et d'une femme pétrie de morale bien sûr.

Notons qu'ils sont adeptes de la graphie "microcrédit"en un seul mot. Voilà donc des banquiers bien audacieux.

photo qui n'a rien à voir : village d'Ansó(fondation mtislav pour la foi)

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