Hier soir, le Président nous a subjugué avec son "J'aurais d'ailleurs préféré qu'il restât." Ami lecteur, nous te proposons un petit jeu. Dans le texte qui suit, tu noteras la présence de quelques imparfaits du subjonctifs. Combien sont fautifs ?
Le Président était si performant qu’on le félicitât. Quelques heures plus tôt, nombreux étaient ceux qui doutaient qu’on le remerciât. Nous étions satisfaits qu'en toute humilité un président revînt parmi nous. Quelques semaines auparavant, battant le pavé, beaucoup voulaient absolument qu’il partît. Et hier soir, il entra, Claire Chazal se décidât à parler. Nous ne rêvions pas. Pour tout un tas de petites tâches, il acceptait désormais que le Premier ministre le remplaçât. Quelques questions l’agacèrent. David Pujadas lui rappelait un petit larcin qu’il déplorât. On craignait qu’il eût une crise. Je ramenai la pommade qu’on appliquât aussitôt. Le public souhaitait qu’on l’encensât.
Pour finir, rappelons les propos du général Guderian : "L'utilisation de l'imparfait du subjonctif par des personnes dépourvues de talent dans l'écriture me fait toujours penser à la vaporisation de parfum à la violette dans les toilettes."
photo : collection ministérielle (tout ça est à moi désormais).
Quant à la démission que nous évoquions dans nos éditions des jours précédents, ce n'est qu'une rumeur fondée sur une traduction approximative. Le ministre avait fait état de sa résignation et non pas de sa démission.

16 commentaires:
Cinq.
J'aime bien les jeux comme ça mais je manque d'entraînement (néanmoins, cinq fut le nombre que je maintîns).
Enfin ... la raison a parlé !
Salut MGP :-)
Six ? Et je vais dîner… Il eût mieux valu nous demander le nombre des justes!
des passés simples :
qu'on le félicita
se décida à parler
qu'il déplora
qu'on appliqua
@Le Coucou : "il eût mieux valu" n'est pas un plus-que-parfait du subjonctif mais un conditionnel passé deuxième forme... (équivalent à "il aurait mieux valu", cf. Barbara, Ma plus belle histoire d'amour, "si ce soir, je vous jure/ que, pour vous, je l'eusse faite à genoux", où, d'ailleurs, elle fait une erreur car elle chante "je l'eus faite à genoux")
@Lucia, mais je n'ai pas cherché à écrire au subjonctif !
Il eut été heureux que vous nous expliquâtes les règles afin que nous puissions remplir avec succès cette mission !
:-))
Si j'eu compris, j'aura essayé.
@Le Coucou : tu eusses pu :))) tant tu excelles au conditionnel passé 2e forme.
@M.Poireau : il eût été heureux que vous nous expliquassiez les règles, afin que nous pussions remplir avec succès cette mission (j'avoue : j'ai dû consulter le Bescherelle pour le "pussions").
Je reçois le mail de ta réponse, et tiens : pour compléter ton billet, voilà quelques vers tirés de «Lady L.» de Romain Gary…
« Ah! fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu'ingénument je vous le disse,
Que fièrement vous vous tussiez.
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me désespérassiez,
Et que je vous idolâtrasse,
Pour que vous m'assassinassiez. »
(Ode à l'humanité, ou emploi
du subjonctif. Auteur inconnu.)
Le Coucou : merci de citer Romain Gary !
:-)
Marie-Georges Profonde, ton commentaire me fait plaisir.
Eric, ton commentaire me fait plaisir.
Le Coucou, ton commentaire me fait plaisir.
Lucia Mel, bravo. Une aisance étourdissante.
Lucia Mel : quel tracas que ces conjugaisons…
:-)
M. Poireau, Nicolas, les effluves du Beaujolais nouveau ont pris le pas le parfum de violette...
Le Coucou, très chouette cet extrait.
Donc aux chiottes vit le (faux) arbitre.
C'est dire la merde dans laquelle nous pataugeons.
Et pas de nettoyeurs à l'horizon.
Arf !
Zgur (en extérieur)
http://zgur.20minutes-blogs.fr/
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