Dans un excellent billet, Le Coucou s'étonnait de l'impunité dont jouirait le président de la République dans notre pays. Le pire est qu'on s'y habitue. Dans un éditorial du Monde aujourd'hui, j'ai été frappé par le terme "sujets" pour désigner le peuple français...
En y songeant bien, il y a bien un texte qui pourrait permettre de se débarrasser du président : la décision n° 71-44 DC du 16 juillet 1971 qui donne une valeur constitutionnelle à l'article 2 du texte voté le 26 août 1789 ("Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.")
Partant de là, on pourrait imaginer qu'un parti présente un candidat contre le président de la République actuel. C'est gonflé mais parfaitement constitutionnel.
Le Coucou y a pensé mais il juge que cette forme de responsabilité relève de la fiction.
Faudrait-il pour le citoyen impatient une procédure d'impeachment à la française ? La Constitution a prévu la Haute Cour. Jusqu'en 2007, le chef de l'Etat pouvait y être traduit pour haute trahison. En 2002, le président Chirac réunit la bien nommée commission Avril laquelle propose de remplacer le terme de "haute trahison" par "manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat". A n'en pas douter, Chirac savait ce qu'il en était du bar ou de la perche. On ne lui faisait pas prendre l'eglefin pour un goret, le huchon pour un merluche, la loche pour un grand-gueule, le mulet pour un Napoléon ou le ouananiche pour un poisson-chien. Après avoir beaucoup pêché, Chirac tentait-il de se faire pardonner ?
Le 23 février 2007, exit la haute trahison, bienvenue au manquement manifestement incompatible etc. Merci Jacquot.
Rêvons un peu d'un Sarkozy en poisson pilote d'une expérimentation dans ce domaine. L'Assemblée nationale et le Sénat réunis en Haute Cour, scandalisés par les manquements manifestement incompatibles avec son mandat, mettent en accusation le président de la République.
C'est possible et tout aussi probable que de retrouver quatre ordinateurs portables dans l'estomac d'une méduse.
photo : photogramme des Dents de la mer


C'est un peu un leurre cet empêchement qu'on glisserait entre la poire et le fromage de la Constitution. C'est une bonne majorité de nos élus qui est malade du système et qui sert les puissants financiers.
RépondreSupprimer:-)
Oui, Poireau, c'est le leurre et l'argent du leurre.
RépondreSupprimerdestituons destituons !
RépondreSupprimerCela pose la responsabilité des politiciens en général
RépondreSupprimerMonsieur Poireau, Nicolas : d'ailleurs, je voulais titrer "Lâcher la lamproie pour l'ombre" mais je ne suis pas sûr que suggérer la confusion entre l'anguille et le salmonidé aurait davantage convaincu.
RépondreSupprimerGaël, c'est finalement pour nous plus facile de le destituer que pour lui de divorcer...
Eric, députés et sénateurs de la majorité voient le président comme Dieu le père ; ils n'ont pas à être responsables.
J'ai dit que sa responsabilité devant le peuple est une fiction, parce qu'elle ne peut être mise en jeu qu'au moment de l'élection en fin de mandat —dans un contexte de compétition, totalement différent de ce que pourrait être un référendum de révocation organisé en plein mandat.
RépondreSupprimerLe mot "photogramme" me plaît beaucoup.
RépondreSupprimerLe Coucou : faudrait presque un pré scrutin pour que le peuple puisse exprimer son désir de voir le président en place continuer ou non avant que n'ait lieu l'élection suivante !
RépondreSupprimer:-)
A force de constamment cotoyer le nain talonnette, on finirait presque par trouver Jacques Chirac démocrate.
RépondreSupprimer@ Le Coucou, j'avais bien compris (le lecteur peut se reporter à ton billet). A lire ton billet, j'ai voulu apporter un commentaire personnel mais un glissement s'est produit et finalement il y a eu un "blop gloup" et tout cela a atterri ici.
RépondreSupprimer@ Appas, oui, j'ai hésité. Je ne suis pas certain, le plus souvent, ce sont souvent des photos de plateau.
@ mike hammer papatam andropov : super le string vache qui rit sur ton avatar. A propos de Chirac, je me suis fait cette remarque. Pire, je me suis dit qu'un jour, on finirait par considérer Sarkozy avec la même bénignité.
destituer un Président comme les Brésiliens ont su le faire : Collar de Mello en 1992. Oui, ça devrait pouvoir se faire. En attendant, ça serait bien qu'on suive aussi l'exemple des Brésiliens en surmontant le machisme de nos institutions françaises(autrement plus insidieux en France que dans les pays dits "machistes"): en parvenant à élire une femme Présidente de la République. Or, ça me semble mal barré... s'il y a une chose à laquelle les coqs français semblent bien accrochés c'est la solidarité masculine pour dégommer les femmes qui pourraient se trouver sur le chemin du pouvoir. A ça aussi il serait bon de penser...
RépondreSupprimerJ'aime bien le commentaire de Lucia !
RépondreSupprimerEn parlant de "machisme" des pays sud américains comme le 'Brasil', je rajouterai : 'c'est celui qui dit qui est'!
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Martine Aubry :"“ Il faut que ceux qui ont beaucoup payent beaucoup; ceux qui ont moins payent moins ”
ça aussi j'aime bien !
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Viva o Brasil !
:)
Une vidéo sur mesure… à faire tourner !!
RépondreSupprimer« Je lutte des classes… Tu luttes des classes… Elle lutte des classes. »
Avec une opinion à la masse
Un pouvoir à la ramasse
Et la sourde menace
De se retrouver dans l’impasse.
Je lutte des classes…Tu luttes des classes…elle lutte des classes
Tous et toute de guerre lasse…Une fois… hélas !
http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Balle%20de%20classe