Une foule innombrable arpentait les rues de la capitale béarnaise aujourd'hui selon les manifestants, un peu moins selon la police. Y compris ce monsieur d'un âge certain qui brandissait à lui tout seul un bon nombre de bannières. Renseignement pris, son drapeau rouge datait de la Deuxième Guerre mondiale. Certaines tendances sont indémodables.
photos : fmplf

merci à ceux qui ont pu défiler... (moi, je devais bosser, toujours pas compris comment on pouvait faire pour pas aller bosser... il suffit sans doute de le vouloir et de s'organiser).
RépondreSupprimerBelle photo et belle allégorie sur l'état d'apathie de la société.
RépondreSupprimerTiens ! J'allais commenter une bêtise mais le commentaire de Lucia Mel me la retire de la bouche : je vais la remplacer par une autre... J'ai le même problème qu'elle : je ne sais pas COMMENT faire grève.
RépondreSupprimerIl voulait fâcher personne peut-être.
RépondreSupprimer@ Lucia, Nicolas. C'est pas plus compliqué de défiler que de se défiler ! Plus sérieusement, quand on voit certaines grèves de gens qui sont tout en bas de l'échelle, sans papiers, avec des gros bras sur les bras, oui, à eux, il faudrait leur demander comment il font.
RépondreSupprimer@ captainhaka. Apathie ? Jean-Michel alors. Les médias présentaient la réforme commme bouclée avant même que les cortèges ne se rassemblent.
@ Dorham, je n'ai pas eu la cruauté de relever les couleurs qu'il n'arborait pas mais je n'ai vu ni drapeau de l'OM, ni celui de FO.
Ce que je veux dire, mtislav, et probablement ce que voulait dire Lucia : mes collègues ne faisant pas grève, je ne sais pas comment m'y prendre pour ne pas aller au boulot.
RépondreSupprimerEn tant que cadre sup, ai-je le droit (moral, pas au sens du code du travail) de faire grève ? Ou plutôt : les jours de grève, n'ai-je pas un devoir d'être présent ?
Les manifestants sont loin d'être tous grévistes. Dans ma petite ville, un certain nombre de manifestants prennent une rtt ou une récup' pour assister à la manif et repartent au boulot en suivant. Beaucoup de gens travaillent à temps partiel. Les chômeurs et les retraités peuvent en théorie être présents facilement mais parfois on se demande si ce n'est pas encore plus difficile pour eux cette idée de "cesser le travail".
RépondreSupprimerj'entends par apathie, ce manque de réaction. L'allégorie étant dans le manque de bras pour porter les drapeaux.
RépondreSupprimerce n'était pas une manif unitaire (manquait FO) le mot d'ordre n'a pas été exclusivement sur les retraites car le projet du gouvernement est distillé au comptes-gouttes pour effriter les réactions. La prochaine sur les retraites sera monstrueuse car mieux expliquée. Ce jour-là, on se battra à Draguignan pour porter les drapeaux :)
La photo, c'est pour enrager Masson!
RépondreSupprimerC'est plus agréable de défiler avec de beaux drapeaux, je suis jaloux!
RépondreSupprimerma question était également : peut-on faire grève quand on est dans le privé ? peut-on manifester ? Pas si facile, oui, c'est vrai, tu peux poser une RTT. Pour ça je disais que c'est sans doute une question d'organisation, sauf que moi c'est pas possible, j'ai pas de RTT, je suis annualisée...
RépondreSupprimerAprès, ça veut dire, effectivement, que pour manifester il faut être soit fonctionnaire (moins de risques de perdre son boulot), soit chômeur ou RSAiste (ben ouais RMiste ça n'existe plus), ou retraité... ou sans-papiers (dis-tu). Ce que je veux dire c'est que l'action, et l'action de gauche de surcroît, est minée de l'intérieur, avec cette action-là (qui en devient folklorique en Europe) et qui sert les intérêts de certains.
Tant qu'un postier sera "anarchiste" et "troskiste", je me méfierai de la gauche extrême. Tant que Mélenchon nous dira (en insultant le journaliste de F2 faisant une émission sur les riches s'exilant en Suisse) que c'est normal que les fonctionnaires soient privilégiés, ben oui, quoi, qu'il a dit à la face des pauvres cons du privé de plus en plus exploités : "que les fonctionnaires soient bien payés et aient des avantages, c'est une bonne chose, ça leur donne du pouvoir d'achat, ça permet de relancer l'économie, c'est bon pour la croissance". Attends, je rêve ! C'est le discours des élites : "que nous soyons très très riches, c'est bien, ça crée des emplois".
@ captainhaka, tu fais bien de préciser, je n'y avais pas pensé ! Je n'avais pas compris que tu étais dans le Sud-Est ; avec la belle image de bateau sur ton blog, je m'étais inventé que tu habitais Saint-Nazaire...
RépondreSupprimer@ Le Coucou, je t'ai vu en photo !
@ Lucia, merci de m'apporter une précision : par "gauche extrême", tu entends ceux qui se situent à gauche de DSK ?
A ceux qui se posent la question du "comment faire grève", quelques indices venant d'un responsable d'équipe R&D dans le privé :
RépondreSupprimer1) la RTT pour la journée, c'est facile et ça n'engage que vous, et pour ceux qui ne veulent pas se montrer, c'est discret et sans perte de salaire
2) La disparition de longue durée pendant la manif. Dans plusieurs villes, elle a lieu entre midi et 2, et quand on est cadre sup, une disparition de 11h30 a 14h30 n'a rien de gênant (pas de pointeuse, forfait jour) et vous pouvez même rattraper le soir => pas de perte de salaire, discrétion et le patron peut toujours compter sur vous
3) A partir du moment où il y a un appel à la grève au niveau national, chaque salarié peut s'y joindre, même s'il est non syndiqué (ce que la direction ne sait pas). Alors sur le relevé de temps mensuel, précisez grève, assumez la perte de salaire et la position personnelle. En 20 ans d'expérience/ 4 boîtes, je n'ai jamais été sanctionné pour ça (une convocation une fois, pour savoir ce qui n'allait pas dans l'entreprise !!!) => 1 journée de salaire retenue, et honnêtement, à 3500€ par mois je suis loin d'être à ça prêt - C'est ce que je fais, et j'en parle à mon équipe qui suit ou pas, mais en tout cas ils savent qu'il n'y aura pas de sanction
Tsroskisque !
RépondreSupprimer(Michelange, revient quand tu veux !)
@MichelInge : oui, sans doute à 3500 euros par mois, t'es sans doute pas à une journée de salaire près... moi à 1700 euros... ben j'aurais tendance à réfléchir (mais je suis une nana, habituée, pour la même qualification que toi peut-être, bac + 5, à gagner 50% de moins). Pour les RTT : non, je ne peux pas (comme je le disais précédemment) en poser. Dans le secteur de la formation, tu ne peux pas t'absenter comme ça... tu as des stagiaires tout au long de l'année : des groupes, des gens qui sont là... même les jours de grève. Et puis, je ne sais si tu as entendu parler de l'annualisation du temps de travail : là tu n'as pas de RTT, tu as un emploi du temps variable chaque semaine, donc, si tu décides de ne pas aller travailler et bien tu n'es pas payé. Point. Non, tu n'es pas obligé de dire que c'est pour aller défiler. Sauf, que certains y vont (défiler) avec leur salaire qui leur est quand même payé (par le syndicat ou par l'administration).
RépondreSupprimerJe dis que la culture du défilé... ça se pratique à Rio, et ça se pratique à Paris (et ailleurs en France !) un peu pour les mêmes raisons : la fête. C'est un folklore.
@Mtislav : par gauche extrême j'entends petit "fonctionnaire de la révolution"... mais, tu as raison, finalement DSK est bien le symbole de ces gens-de-gauche-là : prêts à tout si ça peut servir leurs intérêts (et capital)... Non, franchement, après Arlette... la gauche extrême est morte. ;-)))
Lucia, je trouve que c'est intéressant de lire des points de vue différents mais je ne partage pas ton point de vue. Tout d'abord, si tu avais la chance de suivre un de ces cortèges de manifestants comme celui de jeudi, tu verrais que le privé est bien représenté. Les gens que je connais payent pour adhérer à un syndicat. Rares sont ceux qui disposent de décharges. La plupart acceptent de perdre une ou deux heures ou un jour de salaire depuis l'amendement Lamassoure.
RépondreSupprimerLes organisateurs tentent de donner un côté festif au défilé. Le ramener à un simple folklore, c'est méconnaître le sens et les origines du folklore lui-même...
Mtislav,
RépondreSupprimerpardon pour le ton vif de mon propos... c'était vendredi soir (tard). Pour faire court : le "défilé" est-il aujourd'hui le meilleur moyen de faire pression ? Je pense à Internet, au buzz, à FaceBook où un simple "apéro géant" a plus fait parler de lui... que toutes les manifs de jeudi...
Voilà, je m'interroge aussi sur le renouvellement des syndicats et sur leur action (leur représentativité : la France est le pays du monde au taux de syndicalisation le plus bas (ou l'un des pays). Ca pose des questions, non ? Ségolène Royal s'était aussi penchée sur cette question, majeure à son sens... je vois que la gauche-nouvelle-identité-tous-unis-puisqu'on-l'a-virée-la-Ségo a écarté cette thématique... Dommage.
Beaucoup de gens du privé ? en activité ? quelle proportion ?
Désolée... de prendre ça un peu trop à coeur.
PS : c'est d'autant plus étonnant que les salariés soient si peu syndiqués ( 8 à 9% environ dans le public et 5% dans le privé ) qu'on peut déduire une partie de la somme de ses impôts...
Dans ma boite, c'est la coutume de se moquer des syndicats, comme de Domenech : c'est un réflexe. Mais quand y'en a un qui se fait licencier, tout d'un coup, le syndicat, c'est pas si pourri que ça. Ca aide. Ca défend. Ca donne des conseils. On est tout heureux qu'il soit là. Et puis une fois qu'on est pas licencié, les habitudes reprennent peu à peu, et les syndicalistes c'est des fainéants.
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