lundi 30 novembre 2009

Le thé sans la menthe : recette hélvète

  

Je me souviens d'avoir bu un thé à la menthe à la Mosquée de Paris, c'était fort agréable ; le souvenir de la présence du minaret s'est estompé au point que j'aurais pu jurer de son absence. A Tolède, impossible d'oublier la tour mudejar de San Salvador (photo : fondation mtislav pour la foi)

Qui songerait à part quelques édiles adeptes d'une supra-rétroactivité à retirer le permis de construire aux chefs d'oeuvre impurs de notre patrimoine ? Serions-nous condamnés aux installations proto-laïques ? Certes, la bataille entre le clocher et le minaret est dérisoire, la lutte pour qui construira la tour la plus haute aussi. Le World Trade Center est par terre, les esprits s'agitent dans la poussière de ce péché originel . Il y en a pour s'inquiéter des retombées économiques de la décision des Suisses ! 

A Pau, l'église St-Jacques a perdu ses flèches après la tempête de 1999. Il est compliqué et coûteux de les réinstaller... Le monument s'installe dans nos mémoires avec cette allure plutôt space ...

Voter pour le bon goût ? Il nous faudrait un guide ...



    

jeudi 26 novembre 2009

Les nuits de Puce (4)

  

Le patron nous a lancé dans un fastidieux travail de documentation. Alors que je dépouillais "Histoire de la province de Sancta-Cruz que nous nommons ordinairement Le Brésil " par Pero de Magalhanes de Gandavo, publié à Lisbonne en 1576, je tombe sur la page 96. Google fait du travail bâclé !  Voilà cette page définitivement perdue pour la postérité.


Voilà quelques temps, αяf avait tagué la rédaction à propos du Roman d'Arnaud. Là, c'est de la belle ouvrage. Une mise en scène impressionnante.


Il faut être honnête, ici tout le monde déteste lire derrière un écran d'ordinateur . Allons plus loin, pas un qui aime bosser ici !  La conférence de rédaction (terme pompeux pour désigner la réunion que nous tenons deux fois par semaine pour faire tourner la boutique) en donne un bel exemple.


Le patron honni : Bon, qu'est-ce qu'on a comme tag qui traîne ?
Arpette n°1 : Il y a le Privilégié qui veut savoir "quel macho êtes-vous ?"... Il s'agit de donner les cinq preuves du machisme quotidien de votre (ex)conjoint. J'ai bien déblayé le terrain, ce qui est délicat, c'est le nombre de preuves limitées à fournir.
Le patron tant détesté : En tout cas, je veux ça pour hier.
Arpette n°2 : Vous oubliez que c'était prêt hier mais que vous avez refusé de publier. Cela était de nature à porter tort à notre image avez-vous signalé.
Le patron détesté à juste titre : Bon, bon. Qu'est-ce qu'on a encore ?
Arpette n°3 : Lediazec nous demande "C'est quoi un blog ?"
Le patron tel qu'en lui-même : Faut quand même trois jours pour répondre à ça ! Vous cherchez Frédéric Lefebvre pour vous aider à répondre ou quoi ?
Arpette n°4 : Jean-François Mabuse veut que l'on cite 7 chansons qui nous causent. J'ai pensé à Mady Mesplé dans la 5ème des Bachianas brasileiras de Villa-Lobos mais j'ai juste trouvé une interprétation de Joan Baez.
Arpette n°2 :  Ah oui, "Is to you, Nicolas and Bart , j'adore. Cela dit, on ne parviendra pas à les sauver.
Arpette n° 4 : "L'Amour est un oiseau rebelle" de Bizet par la CallasCarcará de Maria Bethania dans une version d'une qualité technique épouvantable. C'est un vrai problème...
Le patron content : Et vous n'avez rien qui plaise un peu aux jeunes ?
Arpette n°4 : On a Carnavália des Tribalistas, Adoniram Barbosa ...
Le patron tout en sucre : On va faire un malheur dans les maisons de retraites. On a pas le compte, il fallait sept morceaux. Tu nous mets un truc un peu funèbre et c'est bon.
Arpette n°4 : Flûte ! Quand même pas Woman of Ireland des Chieftains ? La Sarabande de Haendel ?
Le patron (qui se prend pour Barry Lyndon) : Quick, quick, go on.
Arpette n° 5 : J'ai une chaîne, le gus il a écrit "pour faire suer mtislav". Il faut exhumer les trois premiers billets du blog.
Le patron (qui se prend pour Don Corleone) : Tu découpes son cheval en morceaux et tu lui fourres ça dans le plumard, ça lui apprendra. Il y a longtemps qu'on les a déssoudés ces trois premiers billets.
Arpette n°1 : Il y a quelques polémiques auxquelles nous n'avons pas participé...


Le patron, il se méfie des balles perdues. On a donc changé de sujet. Figurez-vous qu'on a un nouveau stagiaire. Il a fait une école de commerce. Il propose d'étudier nos perspectives de développement à l'international. Et de commencer par vendre pour dans la foulée ouvrir des blogs filiales :
- mtislav entertainment ;
- mtislav editing :
- mtislav entreprise ;
- mtislav etc.


J'ai modestement rappelé que Gaël s'était décarcassé comme un malade en mettant à jour le Paradis avec de nouvellles animations. "Vendez", voilà ce qu'il m'a répondu. Même le Tronçonneur de blogs a voulu être au Paradis. Vous n'aviez pas été prévenu, vous l'êtes...


Le patron a décroché le téléphone. Il voulait parler à Henri Proglio. "On a besoin d'un manager " qu'il a dit. Vous voyez le lien ?


Puce Habermas
   

vendredi 20 novembre 2009

Un lecteur nous écrit




Certains lecteurs répugnent à laisser un commentaire et nous adressent parfois quelques missives plus personnelles. Nous nous permettons de publier quelques lettres d'un de nos correspondant en hommage à tous ceux qui ont songé un jour à nous écrire et qui y ont renoncé.


* * *
Monsieur,
Je suis tombé sur votre petite bafouille ce soir. J’ai immédiatement regretté de ne pas avoir succombé cet après-midi à un terrible accident qui m’aurait épargné ce moment pénible.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.
P.S. : par pitié, ne me répondez pas !
* * * 
Monsieur,
Je rectifie le contenu de mon message d’hier. J’ai lu ce que vous avez écrit aujourd’hui. Je suis au désespoir que cet accident ne vous ait pas été fatal.
Merci de surtout  ne pas répondre.
Veuillez agréer, Monsieur...
* * *

Monsieur,
Le sort vous ayant épargné, j’ai l’infortune d’avoir lu ce nouveau billet de votre fait aujourd’hui. Figurez-vous qu’alors que je me promenais en forêt cet après-midi, j’ai vu mon chien fourailler  derrière un arbre. J’ai pensé que vous vous trouviez là, caché, tapi, prompt à envahir jusqu’à ma promenade avec Codule. J’ai effectué quelques pas qui me séparaient de ce chêne. Derrière ce bel arbre, il n’y avait rien. Mon chien ne s’était donc pas trompé. Ce rien, c’était bien vous.
Veuillez agréer...
PS : Continuez à ne pas me répondre, c’est le seul soulagement que je peux attendre de votre part.


* * *

Monsieur,
Vos billets se suivent et me plongent dans une détestation obsédante. Aussi ai-je résolu de fréquenter un atelier de yoga proposant des exercices de relaxation. Votre billet de ce soir me pousse à prendre la décision de tout arrêter d’un coup. Le yoga, la méditation ainsi que toutes les techniques de maîtrise de soi ne sont pas en mesure de m’aider à évacuer les désastreuses impressions que me procurent votre lecture.
Veuillez...
PS : Votre dernière réponse était aussi inutile que cruelle.
* * *

Monsieur,
J’ai lu votre billet il y a à peine quelques minutes. Le facteur n’est pas encore passé aujourd’hui. J’ai hâte de recevoir ma facture de gaz, elle me procurera au moins la satisfaction de savoir que je peux en finir contrairement à vos élucubrations. Cessez de me torturer avec vos courriers.
* * *

Monsieur,
Je viens de lire votre dernier billet, encore une fois. Je suis à chaque fois saisi par l’espoir que ce soit bien le dernier. Inutile de vous dire que vous me décevez cruellement.
Votre lecteur qui vous déteste cordialement,
PS : Vous ne m’avez pas répondu. Auriez-vous un coeur ?


* * *

Monsieur, 
Quel espoir insensé vous me donnez aujourd’hui ! Je lis ces quelques phrases magnifiques. Quelle bonne idée de recopier la prose de quelqu’un d’autre ! L’idée que vous ayez faite vôtre  ne serait-ce qu’un instant ces nobles pensées m’indigne et m’écoeure.


* * *

Monsieur,
Je vous demande de renoncer à votre activité. Avez-vous songé au fait qu’on puisse vous lire ? Méditez cela je vous prie.
Je vous prie d’agréer, etc.
* * *

Monsieur,
Ce que je viens de lire de vous en ce jour aurait pu être drôle. Il faut que vous sachiez que ce n’est absolument pas le cas. Réalisez-vous à quel point votre ambition est consternante ?


* * *

Monsieur,
La modestie de vos intentions affichée dans votre billet de ce jour (notez que j’y vois mon influence...) aurait dû me réjouir. Malheureusement, celle-ci s’épanouit jusqu’à atteindre une vacuité désespérante.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de ...


* * *

Monsieur,
Vous pensiez sans doute nous rafraîchir avec votre propos philosophique de ce jour. Si Cioran vous avait lu, ne doutons pas qu’il aurait différé son suicide pour ne plus penser qu’au vôtre. Sans compter les envies de meurtres que vous lui auriez procurées.
Partageant avec lui cet état, d’esprit, je vous prie d’agréer...
* * * 
photo : Jocelyn Wedge 
   

mercredi 18 novembre 2009

C'est aujourd'hui dimanche

 

En hommage à l'exercice auquel se livre le Coucou de Claviers le dimanche soir, nous lui offrons ce rébus. Comme il a seulement l'habitude de trouver, nous espérons que vous l'aiderez en lui donnant quelques indices. Il s'agit d'une personnalité politique évidemment...

Il n'y aura qu'un gagnant donc. Ceux qui donneront la réponse seront déclarés perdants.

 






dessin : Vasldo Lirad
   

dimanche 15 novembre 2009

Sarkofrance : interview




Juan, peut-on vous appeler Don ? 
Oh que non. Je suis très fidèle. Juan est mon second prénom.
Don Juan, votre profil sur blogger indique que vous êtes balance. Comment vivez-vous cela ? 
Je n'accorde aucune importance aux signes astrologiques...
Vous affirmez être âgé de 39 ans. Sans être indiscret, prenez-vous la peine chaque année de mettre à jour cette donnée ? Jouissez-vous du plaisir de rajeunir en vous abstenant de cette corvée ? 
Vous vous trompez. J'actualise chaque année. J'ai commencé à bloguer à 36 ans...
Seul compte l’enthousiasme de cette grande famille qui est la tienne Cher Alain JUPPE. Sans toi et sans la victoire de Jacques CHIRAC en 2002 elle n’aurait jamais existé. Oui, mes chers amis, tous ensemble réunis, unis, solidaires, tout devient possible.” Vous souvenez-vous d’avoir publié cette phrase sur votre blog ? 
Absolument pas. Une citation peut être ? 

[Ndlr : il s'agit d'un extrait du premier billet de Don Juan sur Sarkofrance, la reproduction in extenso du discours de Nicolas Sarkozy au Congrès d'investiture de l'UMP le 14 janvier 2007 ]


Peut-on comprendre la chose politique sans avoir soi-même trahi un vieil ami ? 
Oui. Car la chose politique est diverse et se lit à plusieurs niveaux. Les simples militants n'ont pas besoin de trahir pour comprendre que les hommes et femmes politique sont de simples mortels.
Dans les coulisses de Sarkofrance*, vous écriviez récemment “Nicolas Sarkozy est faible”. Quel degré de certitude donnez-vous à cette affirmation ? 
Assez grand, mais très variable.
N’éprouvez-vous donc aucune compassion pour l’homme attelé à la lourde charge qui lui a été confiée ? 
Aucune. Je ne pourrai pas assurer autant de blogs sinon.**
Y-a-t’il un homme politique de droite pour qui vous éprouvez une forme d’admiration ? 
De Gaulle.
Vous êtes de gauche par tradition familiale ? à la suite d’une erreur d’aiguillage ? par ce qu’il y avait de la lumière ? 
Une grosse tradition familiale...
La Gauche bénéficie-t-elle d’une supériorité d’ordre moral ? 
De moins en moins.
Avez-vous du coeur ? Parvenez à rester insensible aux déboires d’un Charles Pasqua ? 
Deux fois oui.
Les Coulisses de Sarkofrance mettent en lien le blog de François Bayrou dont le dernier billet date du 27 juin 2008. Maintenant que votre blog connaît le succès, n’avez-vous pas les moyens de vous payer une femme de ménage ? 
Je fais déjà le ménage chez moi. J'ai du mal avec les blogs. Merci de m'y faire penser....
Combien de fois avez-vous déjà relu un de vos billets qui vous plaisait ? 
Une fois.
Vous arrive-t-il de mettre à la poubelle un billet entièrement rédigé ? 
Oui. J'en ai jeté un la semaine dernière mais je ne dirai pas sur quel sujet.
Pensez-vous qu’il y ait de réels talents sur la toile ? 
Oui
Mes deux enfants pleurent, ma femme console; je rassure” écriviez-vous dès l’élection de N. Sarkozy. Pourquoi ne pas avoir pleuré ? Estimez-vous honnête de “rassurer” vos enfants ? 
Oui. C'est le rôle d'un parent que d'apporter, de temps à autre, un peu de recul nécessaire pour éviter un trop plein d'emotions mal contrôlées.
Pourriez-vous vivre à Berlin ? 
Sans doute. Pourquoi cette question ?
On vous propose un séjour d’une semaine dans un palace avec Eric Raoult et Penelope Cruz en vous promettant que le premier va se désister. Vous acceptez ? 
Non. Je suis fidèle en amour.
L’expression “identité nationale” figure comme mot-clé sur votre blog depuis à peine 6 mois et est crédité de 116 entrées. Don Juan, est-ce que les blogs vigilants ne marquent pas davantage de buts contre leur camp que dans celui de l’adversaire ? 
Faux. Identité Nationale est l'un des premiers mots clés utilisés sur Sarkofrance, le 7 mai 2007. Sarkozy fait du vacarme. Il n'y a que deux ripostes possibles : faire encore plus de vacarme, et rappeler ce qui se cache dessous. Je parviens à publier suffisamment pour me permettre de suivre les deux options.


Interview accordée le15 novembre 2009, 1 h du matin ; merci à Juan.  


   

samedi 14 novembre 2009

25 façons pour que l'argent vous parvienne et une vingt-sixième

   

Je me suis régalé avec Ludmilla Ouliskaïa. Je cherchais à me souvenir du titre de son ouvrage en discutant avec un ami. "Daniel Stein, traducteur" ? Non, décidément, ce n'était pas ça. "Daniel Stein, interprète". Tout le sel de ce livre est dans ce mot : il est question d'intercessions divines. Les efforts des catholiques pour empiéter sur la mémoire juive sont rebutants. Aussi, on pourrait être sceptique lorsque l'on se rend compte qu'il est question tout au long du livre de suivre l'émigration de juifs chrétiens en Israël. J'avais été attiré par la quatrième de couverture qui résumait le destin de ce personnage : "Le père Daniel Stein, né en Pologne en 1922 et mort en Israël en 1995. (...) Il échappe miraculeusement à la déportation en se faisant passer pour un Allemand, puis se convertit au catholicisme, avant de s'installer dans un monastère près de Haïfa.


C'est un roman par lettress. Hilda écrit à sa mère. 


"Et voilà que, brusquement, nous avons reçu une lettre de la municipalité nous informant que nous occupons illégalement le terrain près de l'église Elie-de-la-source et qu'il appartient à la ville. Et cela, alors que nous avons déjà tout remis en état, et même deux fois. La deuxième fois après l'incendie. (...) Daniel est aussitôt allé les voir, et ils lui ont dit qu'ils pouvaient nous laisser le terrain, mais uniquement en location. La somme est énorme, totalement impossible à payer pour nous. Daniel était très calme, bien qu'on lui ait dit que si le loyer n'était pas versé d'ici un mois, ils viendraient avec un bulldozer et détruiraient tout. J'en ai pleuré pendant deux nuits, mais Daniel, lui, n'avait pas l'air de s'en faire du tout.


Un jour, il m'a fait venir et m'a dit : "Tu veux que je te raconte une parabole juive ? " Et il m'a raconté l'histoire d'un certain rabbin Zoussia, qui devait rembourser une dette avant le lendemain matin et qui n'avait pas d'argent. Ses disciples se demandaient avec angoisse comment s'en procurer, mais le rabbin restait calme. Il a pris une feuille de papier et a noté vingt-cinq façons par lesquelles l'argent pouvait arriver. Et une vingt-sixième sur une autre feuille. Le lendemain matin, ils ont reçu l'argent. Les disciples ont alors lu la liste avec les vingt-cinq possibilités, mais celle grâce à laquelle l'argent était arrivé n'y figurait pas. Alors reb Zoussia a déplié l'autre papier. Il y avait écrit dessus : "Dieu n'a pas besoin des conseils de reb Zoussia."
Cela m'a fait rire, bien sûr. Mais deux jours avant la date fixée pour le versement du loyer, un groupe de protestants américains a débarqué, des sympathisants d'Israël, et leur pasteur nous a fait un chèque de cinq mille dollars. Cela représente une année de loyer !"


* * *


Je ne résiste pas au plaisir d'un deuxième passage. Un peu plus avant (p. 160), toujours Hilda a sa mère.


"Le lendemain, la guerre s'est terminée. Je ne peux pas te décrire ce qui s'est passé ici. C'était une liesse, un tel bonheur ! On a tout de suite appelé cette guerre la guerre des Six-Jours.
Et voilà qu'au beau milieu de la joie générale arrive Daniel, l'air assez sombre. Il s'assied à table et dit :
"Félicitations pour la victoire ! On parlera de cette guerre dans tous les manuels de stratégie militaire jusqu'à la fin du siècle ! Les Arabes ne nous pardonneront jamais cette humiliation."
Et Moussa, qui était passé ce jour-là, a répondu :
"Je connais bien les Arabes, Daniel, ils trouveront moyen d'interpréter cette défaite comme une grande victoire. Ils ne laisseront pas le monde entier se moquer d'eux."
Daniel a hoché la tête. Il aime beaucoup Moussa, il y a entre eux une entente très profonde. Et il a dit :
"Bien sûr, Moussa, seul un homme intérieurement libre peut rire de lui-même et laisser les autres se moquer de lui."
Là, j'ai immédiatement pensé au spectacle cocasse de Daniel transportant le hassid sur sa Vespa, et j'ai dit :
"Oui, avant-hier, tout Haïfa s'est bien moqué de toi en te voyant trimballer ce hassid !
- Ah bon ? Tu m'as vu ? a demandé Daniel, affolé.
- Bien sûr ! Et je ne suis pas la seule, toute la ville était morte de rire !"
Il a eu l'air consterné et s'est aussitôt lancé dans des explications : "Il était en retard pour un kaddish, tu comprends, et il n'y avait pas un seul taxi, pas un seul autobus. Quand je l'ai vu qui courait dans tous les sens, je me suis arrêté pour lui proposer de l'emmener. Et il est monté. Cela n'a rien d'extraordinaire ! Je l'ai conduit là-bas, il m'a dit merci, et c'est tout. Qu'est-ce que cela a de drôle ?"
Moussa se tordait de rire. Mais Daniel ne comprenait toujours pas.
"Mais on allait dans la même direction !
- C'est parce que vous êtes juifs tous les deux ! Les Arabes et les Juifs, eux, n'iront jamais dans la même direction... Je te dis ça en tant qu'Arabe. Quant à nous, les Arabes chrétiens, nous n'avons nulle part où aller, nous ne pouvons échapper ni à vos victoires, ni à vos défaites."
Nous avons bu du café et, avant de partir, Daniel m'a dit :
"Hilda, j'aimerais bien que tu n'ailles pas crier sur les toits que j'ai transporté un hassid.
- Je n'en dirai pas un mot à qui que ce soit... Seulement toute la ville t'a vu !
- Peut-être que ce n'était pas moi, mais un autre prêtre ?"
D'autres prêtres comme lui, cela n'existe pas, je te jure !"


* * *



Au passage, j'en profite pour signaler le déménagement de Loïs de Murphy maintenant Anna de Sandre . J'aimais beaucoup ce qui n'est que son ancien pseudonyme, je l'ai déjà dit. Comme d'habitude, dès qu'il  y a du changement, je ne suis pas content. En l'occurrence, je suis révolté : mtislav ne figure plus dans sa blogroll. Il y a plusieurs catégories : "Ecrivains", "Plumes", "Lecteurs", etc. Emeline Bravo est dans la première catégorie, Nefisa dans la seconde. Vous savez ce que j'ai fait : j'ai pris un petit papier et j'ai écrit dessus vingt-cinq façons pour avoir un peu de talent.


En renonçant à la vingt-sixième. J'ai peur qu'Anna de Sandre et Dieu n'aient pas besoin de moi...


photos : extraites de la galerie de Globe Trodden, Funny signs. Galerie très bien nommée.

mercredi 11 novembre 2009

Pas de baisers pour la demi-finale

A surveiller en particulier : Kassidy Shumway (n°21) du BYU et Elizabeth Lambert (n°15) du New Mexico.

Suite à la menace de grève illimitée lancée par la rédaction après à la publication de ce billet, la rédaction, croulant sous les réactions de protestation, du fait aussi du coup de téléphone de tati et de mamie, parce que de toutes façons vous pouvez retrouver cette vidéo en ligne si vous ne pouvez vous passer de voir des images dégradantes pour le football féminin, ne cédant en aucune manière à la promesse d'abstinence sexuelle de nos partenaires habituelles, nous avons décidé librement de supprimer cette vidéo.


Nous remercions Roy et Phil Perfect de ne vous avoir incité à manquer totalement de dicernement ! Nous dédions cette vidéo à personne. Nous persistons à nourrir une pensée spécialement en direction des non-violents amoureux du ballon rond

mardi 10 novembre 2009

Moines de Tibérine : le synopsis est prêt

 

Surpris d'entendre France Inter ouvrir son journal par de (nouvelles) révélations sur l'assassinat des moines de Tibérine, nous effectuons un tour sur le site du Bigarot qui a quelque chose à dire sur le sujet. Un commentateur nous aiguille sur Algeria-Watch. Dès le mois de juillet de cette année , tout ou presque y était dit... Savant jeu de "je te tiens, tu me tiens par la barbichette..." entre Paris et Alger, on aurait tout d'un coup retrouvé quelques dossiers qui traînaient au ministère de la Défense. Ranger, ranger, ranger, c'est toujours pareil, après, on finit par ne plus retrouver ses affaires. Sauf s'il s'agit de lancer un coup tordu contre... au hasard, tiens, Juppé. Il est pénible celui-là. Pasqua aussi passe son temps à emmerder le monde. Et Chirac, avec son bouquin, ce sont des choses qui peuvent rendre jaloux. Mounir B. ironisait le 9 juillet 2009 sur la levée du secret défense dans cette affaire des moines de Tibérine : en comparaison, l'affaire de Villepin-Clearstream ressemblerait à un fait divers.

Le pitch est enfin prêt. Des moines enlevés par des islamistes du GIA. Une opération de l'armée algérienne qui aboutit à la mort des moines. Maquillage par l'armée algérienne de l'affaire. Seules les têtes des victimes sont conservées pour faire croire à un attentat du GIA. Paris est au courant très vite, pour ne pas dire immédiatement car la DGSE espionne les télécommunications de l'armée algérienne. La DGSE (Rondot) en rivalité avec la DST (Marchiani). Pasqua, ministre de l'Intérieur, Juppé, Premier ministre. Voilà le travail. Manquait un metteur en scène génial pour réaliser un machiavélique remake.

lundi 9 novembre 2009

Nicolas Sarkozy est passé à l'ouest

  

C'était il y a vingt ans, jour pour jour. Les médias de la planète entière commémorent l'événement.

Suite à la publication sur Facebook d'une photo prouvant de manière irréfutable son passage à Berlin en novembre 1989, la polémique enflait immédiatement quant au jour exact de l'événement. Aurait-il déclaré "Ich bin ein Berliner" un presse-purée sur la tête ? La seule chose certaine, Nicolas Sarkozy est toujours à l'Ouest.


image : couvre-chef que d'aucuns lui auraient vu arborer dans Unter den Linden

samedi 7 novembre 2009

Nonobstant le classement Miko

 
"Nonobs", c'était le surnom du père d'un ami. Il ne pouvait pas s'empêcher de lâcher ce "nonobstant" dans la conversation, ce que sa progéniture jugeait parfaitement ridicule.

Une sourde plainte court les blogs. La blogueuse n°1907 du classement Miko rassemble derrière elle la masse des laissés pour compte de la blogosphère. Elle pousse un cri : "Nous les aigri(e)s, les sans grade. " Son neveu est triste de la voir à cette place. Un trop plein de fado et de samba triste a-t-il plongé cet enfant dans les saudades ?

Mille neuf cent six place plus haut dans le classement, on éructe, on déblatère dans tous les sens comme si les clefs de quelques blogs avaient été confiés aux pensionnaires d'un asile d'aliénés. Partageons ma thérapie.

Faut-il franchir les rives de la Méditerranée pour trouver le pirate qui entretient la bonne distance dans cette course ? C'est ce que réussit (forcément) Barberousse.


En lisant les commentaires chez mon amie Lucia Mel, j'apprends que Dorham ne s'est pas réinscrit au classement Miko après la reconstruction de son blog il y a peu. Et oui, un blog se reconstruit tel un visage après une chirurgie faciale.  Il fait part du sentiment d'exaltation qu'il a ressenti après cette opération : "Tu redeviens toi-même". Un être humain."

Frère Didier lui aussi invite chacun à retrouver la quiétude. "Demandez à être radiée du Miko !" dit-il à l'intention de sa cicérone. "On se sent tellement tranquille, après..."

Circé songe à se désinscrire. On ne dressera pas la liste des autres gueules cassées du classement Miko mais on a une pensée pour le Dr No qui ne s'est pas tout à fait remis du traumatisme qu'il a subi en rompant brutalement avec l'aliénation des classements. Nous avons Dominique (Le Petit Champignacien illustré ) qui selon ses dires a quitté le Miko volontairement. C'était pour lui une question d'hygiène mentale et politique. Oui mes amis ! Un engagement. Il dit avoir agi en "tant qu'intellectuel de gauche conscient de ses propres valeurs". Ce n'est plus simplement d'esthétique dont nous parlons mais de rééducation.

Avant de prendre une décision hâtive, nous avons consulté les statistiques de notre petite entreprise. Et oui, ici, on ne s'amuse pas, on bosse. On n'est pas là pour se faire plaisir. Toute notre équipe de grévistes, faut les faire bouffer. Tous ces stagiaires crève la faim, notre priorité est bien de les pérenniser dans leur situation, celle-là même qui  leur fait nourrir un espoir merveilleux en l'avenir.

Depuis la création de ce blog (un petit peu après la fin du XXème siècle, je le précise pour Zo qui n'a pas la mémoire des dates), extra-ball nous a apporté 908 visiteurs, jegpol 896, yaëlle 816, Zoridae 472.

Miko vient derrrière ! 464 visites. On ne les cite jamais ici. Vous pensez bien qu'ils nous le rendent bien. On n'hésite même pas à se moquer de Jeannot,  notez bien qu'il est trop fin pour s'en formaliser. Je n'ai rien contre ces gens-là qui pratiquent une redistribution plus généreuse de leurs gains auprès de leurs salariés. Mlle Agnès, n'hésitez pas à revendiquer ! Mais ne coulez pas la boîte, soyez raisonnable : de quoi parlerions-nous, nous autres pauvres blogueurs, si vous alliez jusque là ?

Didier Goux vient ensuite avec 397 visiteurs. Il fait pratiquement jeu égal avec la firme qui pousse à ces conduites de petit bourgeois, nous éloigne du socialisme et d'une vie de vrai chrétien. Les jeunes doivent le savoir.

Me désinscrire ? J'y ai songé, je le confesse. Mais j'en ai quand même bien profité. De toutes façons, on a utilisé tous les moyens possible pour être lu ici. Vous n'imaginez pas toutes les bassesses, les facilités, les complots machiavéliques, les détours, les compromissions que nous avons acceptés. Certains (i.e. Dominique de Champignac pour ne pas le citer) ont pu penser qu'on se serait rendu coupable de copinage. Qu'ils conservent cette idée qu'ils se font de nous ! Ils sont charmants avec leur illusion, nous les aimons.

Nous avons même écrit une liste assez longue de billets dans l'espoir d'être lu. C'est vous dire.

Se désinscrire du Miko, est-ce que ce ne serait pas tout simplement faire preuve d'opportunisme ?

Nonobstant cette nouvelle infamie, nous sommes assez tentés.


image : infamie 

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