mercredi 29 juillet 2009

Mouchoir orange pour Contador

   
J'étais là avec les copains et les copines. A huit heures. On attendait le signal. Puis on nous a ouvert la porte. Alors on a foncé. Il y a quelques années, nos embardées étaient plutôt discrètes. Je passe sur les un ou deux mille peones, machos, caracoles et autres babosas qui encombraient le passage. Mais on bénéficiait d'une certaine discrétion. Une belle photo dans le journal, des pantins en blanc entourant un frère ou un cousin. Désormais, il n'y en a plus que pour les commissions du Real ou du Barça. Et nous passons à la télé. Plus possible de s'échapper comme cela a pu être le cas il y a 150 ans quand Cervato s'est fait la belle, interrompant définitivement le destin d'un étudiant vétérinaire et blessant trois personnes dont le régisseur des arènes. Il ne faut pas exagérer le danger que nous faisons courir lors de l'encierro : "il est plus mortifère de se promener sur les murailles de la vieille ville avec un coup de patxaran dans le nez"*.

C'était une autre époque. Deux ans après, Contador obtenait l'indulto. Voilà autre chose, cette tendance à vouloir nous laisser la vie sauve. Encore faut-il donner satisfaction. Le public ne doit pas avoir été volé. Chienne de vie. Il faut se faire recoudre

On s'y attaque dès qu'on est rentré à la maison. Vous imaginez la corrida sinon ?


* Miguel Izu, universitaire navarrais et blogueur.

photo : fêtes de Linares de Mora.

Petit clin d'oeil à Monsieur Poireau, amateur de statuaire ;  j'avais pensé présenter cette photo du monument dédié à l'encierro à Pampelune signé Rafael Huerta installé en face des arènes mais la copie n'est pas autorisée. Même topo avec une photo d'écureuil d'Eirotropus qui résumait bien mon état d'esprit pourtant. La fragilité de l'homme face à la puissance de la bête. Quand je pense qu'il y en a qui interrompent le blogage par des vacances, nous avons décidé d'interrompre les vacances par du blogage tout en évitant le malaise lipothymique
   

mercredi 8 juillet 2009

Les commentaires seronts fermé


   
La rédaction sera occupée quelques temps par un séminaire sur l'orthographe élémentaire. Les commentaires seront fermé. 

- s !

Les commentaires seronts fermé.











photo : Bahia Salinas, La Cruz, Costa Rica
    

mardi 7 juillet 2009

Une chorégraphie parfaite

   
Je ne suis guère sensible à la danse, plus intéressé par la culture lorsque elle est sous-culture et ne prétend pas intimider comme des gros bras qui viendraient exercer leur racket dans votre modeste mercerie. En 1981, les Francas proposaient un séjour au festival d'Avignon. Je ne sais pas comment j'avais saisi cette opportunité. J'avais pris le train avec ma bicyclette, fait le projet de revenir en pédalant. En réalité, la première étape du retour, longue d'une cinquantaine de kilomètres m'a été fatale. Je me souviens des camions qui me frôlaient tandis que j'escaladais une côte, de la chaleur. A Nîmes, j'ai déclaré forfait et pris le train...

Je ne regrette pas d'être venu à Avignon avec ma bicyclette. Nous étions logés dans une école au centre ville. Des jeunes de toutes les nationalités se trouvaient là. Des places pour un certain nombre de spectacles nous étaient proposées. C'est ainsi que j'ai vu un Richard III en georgien dans la Cour d'honneur du Palais des Papes. A la fin du premier acte, la moitié des spectateurs sont partis. A la fin du deuxième acte, idem avec la moitié de ceux qui étaient restés. J'ai vu Philippe Caubère qui lançait "La Danse du Diable" dans un lieu nommé la Condition des Soies. J'étais loin d'imaginer qu'il allait poursuivre plus de 20 ans cette veine. Et puis cela a été le spectacle "1980. Ein stuck von Pina Baush". C'était extrêmement séduisant. Je me souviens de la fascination produite par ces longs corps de femmes dans un spectacle qui faisait exploser les genres. J'étais un peu inquiet de ce que j'allais voir avec un tel titre. Sans compter que cela se déroulait au théâtre municipal, adjectif redoutable alors que triomphait dans les rues de la ville la rumeur du mariage imminent entre Lady Diana Spencer et le Prince Charles, que les sonos des magasins passaient sans répit "New Years Day" de U2.

Il y avait un festival de cinéma dans les murs, c'était ce qui m'intéressait le plus... Je me souviens d'un film allemand qui racontait la vie d'une femme enceinte qui se prostituait avec des immigrés turcs et vivait cela comme une expérience christique. C'était horrible. Là aussi, tous les spectateurs se barraient... Là, je suis parti avant la fin, une des rares fois de ma vie.

Pour revenir à Pina Bausch, j'en garde le souvenir identique à celui d'une révélation amoureuse, un moment unique.

Quelques années après, à peu près à la même période au début de l'été, je travaillais quelques semaines dans un supermarché, à l'étiquetage. La musak diffusée dans le supermarché l'était aussi dans les ateliers. La nuit, je voyais des étiquettes oranges fluorescentes. J'entendais En Rouge et Noir et La Toute Première Fois de Jeanne Mas en boucle, toute la journée. Et la nuit, lorsque réapparaissaient les étiquettes oranges. Nous disposions de 3 minutes de pause par heure c'est-à-dire 21 minutes pour une journée de 7 heures ou 24 les journées de 8 heures. Il fallait choisir entre la cigarette où le dessert. Le chef d'atelier était un ancien militaire avec une mentalité de caporal. Il faisait respecter avec zèle l'interdiction de s'appuyer contre la chaîne sur tout le personnel de l'atelier. Uniquement des femmes. Une chorégraphie parfaite demande de la discipline.

 
   

dimanche 5 juillet 2009

Disparition du Dr Pratt

 
C'était un jeune urgentiste très talentueux. On le regrette déjà.

















source : dernière saison d'Urgences, le feuilleton le plus populaire de l'histoire de la télé

vendredi 3 juillet 2009

Classement divers : étreinte brisée dans l'accident du minibus

    
Le moment est venu pour nous de faire le bilan. Celui qui nous tient particulièrement à coeur, c'est le classement des Zozos Aquitaine. Nous avons planté nos racines dans ce terroir où Henri IV naguère enfantait chaque fille de ferme, le pays où au crépuscule la couleur orange teinte l'horizon nous plongeant dans une rêverie qui fait parvenir jusque dans notre coeur le propos de Chateauterni. "Je me suis rencontré entre deux siècles, comme au confluent de deux gaves ; j'ai plongé dans leurs eaux troublées, m'éloignant à regret du vieux rivage où je suis né, nageant avec espérance vers une rive inconnue."* Cette 26ème place est particulièrement remarquable, talonnés que nous sommes par Joan Taris de Blanquefort que nous sommes parvenus à reléguer à la 28ème. Cela a été un combat difficile. Songez que ce blog n'existe pas ! Dès lors, comment lutter à armes égales ?

Le blogage évolue. Que voyons-nous aujourd'hui ? Des blogueurs qui fabriquent des commentaires à la chaîne. D'autres qui fabriquent leurs billets à partir de leurs propres commentaires. C'est l'avenir. Une malfaitrice qui prend la place des malfaiteurs. Un faucon qui se prend pour un écureuil. De bons amis qui s'étripent : gare au hachis. Les petits animaux sympathiques et les noms d'oiseaux, c'est toute notre vie. En voiture, c'est notre destin.

La bonne nouvelle, c'est la montée de notre indice technocratique. Le monstre a toujours autant de difficulté à indexer les billets. Ce n'est pas grave puisque désormais il y a les laboratoires spécialisés dans la ficelle qui effectuent le même service.

Le Blog-au-nez ? 228 place. C'est excellent. Nous sommes dans la catégorie culture. Mais oui. Ca vous en bouche un coin. On parle de François-René de Chateauterni, on essaye de ne pas être trop balourds, trop empesés, ni trop, osons le mot, cool. Comme certains. Je ne critique pas mais je les trouve un peu trop cools. Si vous voyez ce que je veux dire. Cherchez pas trop non plus.

Le Classement Miko ? C'est vraiment le truc qui n'intéresse que moi, ça. Pardonnez-moi d'en parler. Ma consœur et néanmoins amie Yaëlle en sera particulièrement bouleversée, elle qui aime les titres sulfureux, les étreintes belliqueuses et les baisers à l'âme. Crions avec elle***. Notre effroi. Cette torpeur qui nous glace. Car le Miko a baissé. Nous n'évoquerons pas notre rang dans cette catégorie "divers" qui nous humilie chaque mois davantage. Nous ne sommes pas divers. Nous aspirons à l'unité du corps et du saint esprit. Enfin, bref. On perd 12 places. Un minibus. C'est incompréhensible. Enorme. Quand on pense que aussi bien personne ne réagira.
Il ne nous reste plus qu'à espérer un miracle, une 100ème place au général pour que le Toréador retourne la banderille dans la plaie. 

* François-René de Chateauterni, Mémoires d'Outre-Blog
** Très bon le billet dudit Faucon sur la presse people.
*** Un petit mot amical au sujet du classement de nos amis : criez votre joie, criez votre peine, c'est la nôtre.

    

Conseil de bolgage : plantez des commentaires

La rédaction vous prie de bien recevoir ses pattes écluses, le seul rédacteur disponible aujourd'hui est affecté d'un syndrome d'inversion kitenique. Sic.

Le classement Blog-au-nez a de plus en plus de succès auprès des bolgueurs. Sachez cependant qu'il prend en compte le nombre de commentaires. 

Il prend en compte le nombre de commentaires.

Il prend en compte le nombre de commentaires.

Il les prend en compte.

Ca compte.

Donc, pensez à laisser pousser les commentaires. Et à les arroser. Et les arroser. Arroser. Hic.






   

jeudi 2 juillet 2009

Bye Malden !

Dans les années 70, il n'y avait pas grand chose sur les chaînes de télé française. Les Rues de San Francisco donnait l'impression qu'on allait avoir quelque chose à se mettre sous la dent avec de vrais acteurs, qui avaient une gueule ou un nom et bientôt un prénom, Karl Malden et Michael Douglas. 

De bons seconds rôles, Henry Silva, Martin Sheen, James Woods...  

Un scénario un brin accrocheur. Faut dire que le producteur  était une pointure, Quinn Martin. Les Incorruptibles. Le Fugitif. Vous vous souvenez du Dr Kimble ? Les EnvahisseursCannon.

Karl Malden, son imper, son chapeau mou et son visage de flic à qui on ne la fait pas, c'était déjà ça. A l'époque, il n'y avait guère de grand cinéma à la télé et une série comme "Les Rues de San Francisco", c'était une un peu le ciné qui rentrait par la petite porte.

Et Mladen Sekulovitch, dans tout ça ? C'était un grand meilleur second rôle. Le méchant de One-Eyed Jacks (La Vengeance aux deux visages, en 1961),  un formidable western avec Marlon Brando. Dans Patton, manque de bol, il joue le général Omar Bradley et c'est George C. Scott qui a la chance de jouer le général foutraque, qui se voit décerné l'oscar du meilleur acteur. Et le refuse...  

Abonné aux rôles de sergent
- Winged Victory (caporal en fait...), 
- 13 Rue Madeleine (Jump master, entraîneur pour le saut en parachute en fait...), 
- Le Carrefour de la Mort (Sergent William Cullen, voyez, je vous le disais), 
- Okinawa (PHM2 C.E. 'Doc' Jones, grade indéterminé, vous le savez vous sûrement),
- The Sellout (capitaine Buck Maxell),
- Courrier Diplomatique (sergent Ernie Guelvada),
- Operation Secret (major Latrec),
- Bombardier B-52 (Master Sergeant Chuck V. Brennan, Line Chief),
- La Mort frappe trois fois (Sergent Jim Hobbson),
- Les Cheyennes (Capt. Wessels),
- Meurtres au soleil (Captain John Kiley)
- Sergent La Terreur (sergent Laverne Holt),

Dans La Cible Humaine, il est patron de bar mais qui sait si n'a pas eu un passé militaire.

Variante, le rôle de flic Mark DixonBoomerangLa Loi du Silence. De gardien intraitable (Le Prisonnier d'Alcatraz).
 
Alors forcément, vous pensez, quand dans Un tramway nommé désir il fait le joueur de poker, bingo, il rafle l'oscar. Sacrée performance pour le sergent.

Autre vocation, les rôles de père (Le Grand Imposteur). Père psychorigide (Prisonnier de la peur, L'Ange de la violence). Père d'as (Le Kid de Cincinatti). Curé (Sur les Quais). Père vert (Baby Doll). Père exigeant (Billy Galvin).

Petit à petit, certains se sont dit qu'on pourrait imaginer une autre carrière pour lui. Il a fait le riche industriel, le médecin, le prospecteur rustre, le tycoon du tabac, l'ancien acteur, devenu imprésario, patron de ranch, méchant bandit raciste, voleur, juge, amateur de puzzle aveugle. Toujours des second rôle.

Dans La Conquête de l'Ouest, il fait un caméo, cameo appearance, ça veut dire qu'il entre et qu'il sort, il n'a donc pas le temps de monter en grade, d'apprendre un métier ou de martyriser son fils.

A la fin de sa vie, dans Twilight Time, il joue Marko Sekulovic, c'est-à-dire un peu lui-même (son vrai nom, vous le savez était Mladen Sekulovitch).

Ajoutons que dans L'Arnaque 2, il interprète un rôle qu'il a beaucoup joué, le même que dans le précédent, L'Arnaque 1.
    
En guise de conclusion, vous pouvez lire le très joli billet de Birembaum sur Le Post intitulé "Karl madeleine". Il y en a toujours pour jouer les premiers rôles à votre place.
    
   

Archive de blog