jeudi 28 mai 2009

¡ Cuba libre !

   
Julien Coupat libre ! Il faut y regarder de plus près pour ne pas trouver le citron vert trop amer. De longs mois à l'ombre et des conditions de remise en liberté qui ne lui permettront pas d'aller fumer le Havane chez l'habitant. 

Le contrôle judiciaire auquel Julien Coupat est soumis lui impose de rendre ses papiers d'identité et son passeport et de séjourner en Ile-de-France, de ne pas rencontrer ses potes, de verser une caution... On peut augurer qu'il restera privé de toutes les petites affaires qui sont mises de côté quand la police s'intéresse un peu trop à vous, son ordinateur s'il en a un, sa bibliothèque (une poudrière sans aucun doute), sa brosse à dent radioactive, son carnet d'adresse, le pense-bête pour faire les commissions... 

Il devra payer une caution. Yes mam' ! Une vrai série américaine qu'on nous propose dont le budget et l'ambition sont dérisoires quelque soit le talent de la vedette.
   

Europe, titre provisoire

    
La rédaction a été taguée deux fois par le Coucou sur la thématique européenne. Une première fois, il s'agissait de répondre à la question "Quels Européens sommes-nous ?", une chaîne lancée par le blog Ruminances. La seconde, pour une chaîne également, lancée par Arrêt sur les mots dont nous avons tracé un petit arbre pour faire plaisir à ceux qui aiment ça ; généalogie de cette question bien incomplète car la chaîne est récente et les uns et les autres sont probablement en train de mûrir leurs réponses.

Nous n'aimons pas être mis dans une case mais pour faire plaisir au Coucou, nous avons répondu au petit questionnaire d'EU Profiler ; voici en image le résultat.























C'est triste de voir à quel point la rédaction n'est pas capable d'ouvrir les yeux sur les problèmes de sécurité et de finances publiques. Vous imaginez le bordel dans nos bureaux, le chacun fait, fait-fait-fait, ce qui lui plaît.















Pour ce qui est de la question posée par Arrêt sur les mots (via Le Coucou), il faut répondre à trois questions : "C’est quoi l’Europe pour toi ? Que peux-tu écrire à tes lecteurs pour les encourager à aller voter dimanche 7 juin ? Quelle liste représente les idées que tu veux voir défendre au Parlement européen ?"

Pour répondre à la question, nous avons sollicité une personnalité éminente de la rédaction, son membre fondateur, un homme d'un âge certain qui porte une grande estime au Coucou et qui lui a adressé la lettre qui suit. 

Cher Coucou,

Dans cette foutue rédaction, ils se sont piqués de littérature, voilà des semaines qu'ils harcèlent Loïs pour figurer dans sa blogroll en tant que "plume". Henri Michaud doit bien rigoler. Pour l'Europe, comme pour toute élection, j'ai longtemps pensé que l'essentiel était de participer. Le devoir de tout citoyen me semblait être de s'inscrire sur les listes électorales et de voter. Je regardais d'un oeil rêveur les électeurs qui ne parvenaient à se décider qu'au dernier moment, au fond de l'isoloir. 

Abonné au PS pour le second tour avec un sentiment de déplaisir qui allait croissant, l'attachement au kermesses votives m'a poussé jusqu'à glisser un bulletin Chirac dans l'urne un certain dimanche de 2002. Lorsque la possibilité nous était donné, nous avons durant la fin du siècle dernier poussé pour les Verts tout en étant inquiet de leurs manoeuvres parlementaires à Strasbourg, alibi d'un libéralisme dont ne se cache guère un Cohn-Bendit. Séduit par José Bové puis déçu par la tonalité populiste de sa dernière campagne présidentielle.

Resterait le Front de Gauche ou le NPA, ce qui serait cohérent avec le fait d'avoir dit non au référendum de 2005 sur la Constitution européenne.

Lier le projet européen et l'idéal démocratique va bien au-delà de l'organisation de quelques scrutins dont l'issue semble particulièrement aléatoire. J'entends les orateurs prendre la parole quelques minutes à la radio sur les créneaux qui leurs sont alloués sans même pouvoir identifier leur pedigree ou reconnaître des accents qui me semblent mélodieux. 

J'ai la conviction plus forte pour les Chroniques d'Europe et quelques autres passages à écrire pour qui je me prononce à l'unanimité.

Voilà, cher Coucou, une réponse bien décevante,

Veuillez agréer, ..."
     
Nous transmettons le tag d'Arrêt sur les mots à Loïs et Zoé, dont la rédaction entière serait curieuse de connaître le point de vue.
     

mardi 26 mai 2009

Pas de baisers pour les fantômes

   
Des nouvelles de Julien Coupat. Par lui-même. C'est dans Le Pavé.

A la lecture, un doute surgit. Et si ce Julien Coupat n'était pas Julien Coupat. Un questionnaire lui a été adressé auquel il a répondu, même les caractères en italique sont de lui. Comment douter alors que ce qui est écrit ne le soit pas autant. Tout simplement, en le lisant. Et si ce n'était pas le cas, celui qui a produit ce texte sait ce que Julien Coupat veut dire. D'ailleurs, tout le texte est une explicitation de cette idée. Même si l'italique est parfois de notre fait...

La glose de Julien Coupat est acérée comme peuvent l'être les textes de prison, un genre littéraire en soi. On n'y trouvera pas d'angoisse poignante*. Ce n'est pas une correspondance privée. La détermination est pourtant la même sans pour autant que Julien Coupat doute une seconde de la nature de la peine qui lui est infligée : "La prolongation de ma détention pour une durée “raisonnable” est une petite vengeance bien compréhensible au vu des moyens mobilisés".

De sa prison, Rosa Luxembourg constatait "l'effondrement du vieux monde qui croule par pans entiers, jour après jour". Et s'étonnait "que la plupart des gens ne s'en aperçoivent pas et croient marcher encore sur un sol ferme." Coupat avance lui le terme de "gigantesque perte de maîtrise", "fin de civilisation", "implosion d'un paradigme". Tout le discours tient dans l'écart qu'il y a entre cette fin annoncée et la démesure des moyens visant à ce que la société finisse par ne point dérailler. Il y a du grotesque dans la détention de Coupat car en fin de compte, sa préoccupation intellectuelle est bien la sortie des rails de la société toute entière au moment même où on l'accuse vous savez de quoi. Car est terroriste celui qui se voit accolé cet adjectif par l'Etat, c'est la définition qu'il donne du terme. Dans son cas, "l'anti-terrorisme a fait un four". A ce compte là, Guantanamo est une école de pâtisserie. 

Ce que Julien Coupat veut dire... Qu'il n'est pas l'auteur de L'Insurrection qui vient. C'est amusant et kafkaïen. Il faudrait que ce soit lui qui ait écrit ce qu'il prétend ne pas avoir écrit quand bien même il tiendrait des propos du même ordre que l'ouvrage, rappelons-le, signé par un collectif mystérieux. Coupat est un peu notre comte de Monte-Cristo, nous lui voulons un peu de mystère, pas celui des petites embrouilles concoctées par des indics, des scénarii de criminologues de série télé ou de responsables de la sécurité en panne de crédibilité. 

Coupat récuse le statut de philosophe, "le deuil bavard de la sagesse ordinaire". Kant, Marx et Hegel ne vont plus oser venir boir un coup avec vous après ça. J'avoue avoir un peu de mal à suivre là. Se définit-il en intellectuel ? P'têt ben qu'ouai, p'têt ben qu'non. La formule utilisée par Coupat est un chef d'oeuvre qui a dû lui coûter plusieurs nuits de sommeil. Le fait même de penser éloignerait l'intellectuel de sa capacité à vivre. "Je suis Edmond Dantès !" Et bien non, c'est raté, on n'est pas dans un roman-feuilleton. Coupat ne veut pas se résumer comme sur une quatrième de couverture. Et, pour paraphraser ce que dit celui qui se dit Coupat, seule la police des oeuvres s'intéresse encore à identifier les auteurs. De sa prison, Coupat répond au tag qui fait fureur sur la toile

Tâchons de traîner en longueur. C'est l'affaire elle-même qui l'exige. Et notre désir de vous voir préférer lire celui qui a lu Gramsci, Foucault et le comité invisible d'ailleurs aussi.  "La chair est triste, hélas! et j'ai lu tous les livres." Faut-il suivre l'incantation mallarméenne ? - Fuir! là-bas fuir!  Car sorti de son cachot, voilà La Boétie en Coupat. Si lui est en prison, le sort des masses est aux prises avec "l'administration de la misère par le shit, la télé, le sport, et le porno". On est fatigué, celui qui se dit Coupat a certainement tout lu. l'A.S. Neill de Libres enfants de Summer Hill compris. L'école est aussi dénoncée. Tout ce bout à bout est maîtrisé parfaitement comme si vous lisiez votre première leçon d'esperanto. Car si Coupat ne produit pas de la pensée, c'est un maître de musique. 

Comment va-t-il, que fait-il ? Très bien merci. Tractions, course à pied, lecture. On s'étonne que nos gouvernants s'avisent de le maintenir prisonnier. Pour qu'il puisse dire très justement ce qu'il en est de la prison, "le sale petit secret de la société française".

D'autres que lui auraient plus de raison d'avoir affaire au système carcéral. Il l'écrit. Ils mettraient moins à profit leur séjour pour nous faire comprendre ce qui nous arrive. Se désespéreraient. Comme Milena Jesenska, pour qui "les baisers écrits ne parviennent pas à destination, les fantômes les boivent en route".

Celui qui se dit Coupat, ce n'est pas traduit du russe par Dostoïevski. Juste quelqu'un qui ne nous envoie pas de baisers.


* Comme dans la dernière lettre d'Olga Benario à son mari et à sa fille, écrite depuis le camp de Bernburg en 1942 où elle sera gazée après avoir été livrée par la police brésilienne à la Gestapo. "E totalmente impossível para mim imaginar, filha querida, que não voltarei a ver-te, que nunca mais voltarei a estreitar-te em meus braços ansiosos."

PS - Les billets foisonnent semble-t-il sur le sujet : celui de CC, au titre bien féroce, ASI, Slate (qui s'intéresse à la parenté entre L'Insurrection... et le texte du Monde).. 

   

lundi 25 mai 2009

Tilt


C'est le bruit que fait votre flipper lorsque vous avez un peu trop abusé de sa patience. Dorham a totalement déblogué, cela ne s'est pas produit dans l'arrière-salle d'un bistro populaire, sur une scène, dans une chapelle lombarde ou dans une cave militante. On aimerait que cela ne se soit pas produit, on sait que les blogs meurent et parfois ressuscitent, que Dorham vibre pas loin... 

C'est quand même dommage, ce sont deux blogs qui tombent comme une drop target, Extra-Ball et Blackstabber, pour évoquer les entreprises les plus personnelles de notre ami. Je ne suis pas sûr de pouvoir citer toutes les autres collaborations, il me semble qu'il y a eu à moment donné un "Cravache-moi Gunther" mené avec Balmeyer, les Mâles-Fêteurs (ex-hommes engagés) qui continuent bien entendu, La Fabrique où sous le pseudo de Tivi il joue quelques "spéciales"... 

Audine serait mieux placé pour évoquer ces fidèles, cette communauté issue des forums de Télérama, qui se sont d'abord retrouvés dans les Lentilles,  puis ont mené ce projet de La Fabrique. Quelque chose de moins individualiste que ne le sont parfois les blogs. Un blog en forme de multiball...

Cela faisait autour d'une année que l'on se connaît avec Dorham par l'entremise des blogs. Je ne crois pas avoir manqué beaucoup de billets d'Extra-Ball. J'en ai commenté quelques uns sans toujours réussir à réussir à exprimer le plaisir que j'avais à les lire. 

Je comprends qu'on envoie tout par la fenêtre ou qu'on balance des grands coups de batte de base-ball dans son écran. J'ai déjà été tenté de le faire. Tu pouvais fermer les commentaires, débrancher l'appareil et laisser tes lecteurs profiter de ton écriture un peu plus longtemps... 

Je fais donc une supplique, restaure-nous la machine même si son propriétaire reste dans son speakeasy... avant de te lire de nouveau. 

Sinon, on ira écouter Ingrid Bergman supplier... "Play it again, Dorham".

image : avatar de Dorham sur La Fabrique 
(juste rajouté du bleu)
   
  

samedi 23 mai 2009

Etreintes Brisées d'Almodovar, un grand film

    
La rédaction lui remet la Palme d'Or (encore un peu verte) pour son magnifique hommage au cinéma... D'ailleurs, ça se passe pas loin de Las Palmas...








   

mercredi 20 mai 2009

Gagnez des places gratuites au classement Miko

    
« Bon, Mesdames, Messieurs, chers compatriotes, on parle beaucoup de l’anonymat dans les blogs mais au fond de nous-mêmes est-ce qu’on ne devrait pas s’en foutre royalement dans la mesure où la plupart des gens ne savent même pas ce qu’un blog ? Ne serait-on pas un peu trop centrés sur nous-mêmes ? »

Dans la série, la blogosphère se mord la queue, nous allons répondre au tag de Nicolas. Nous, ici, nous pensons ne pas être centrés sur nous-mêmes. Notre entreprise est d’abord philanthropique. Il faut se rendre à l’évidence, le tag est dépassé. Son utilité résidait à l’époque préhistorique dans le fait qu’en se chaînant, les blogueurs produisaient des liens qui les faisaient monter au classement Miko. J’ai jeté un petit coup d’oeil sur les liens comptabilisés par Big Mother Miko en début de semaine. En peu moins d’une vingtaine de jours d’activité des blogs de la catégorie Divers, les tenants du classement avoisinaient les 200 liens de plus de 50 sources différentes. Nous pouvons déjà vous annoncer selon toute vraisemblance que Virginie B. va grappiller du terrain, Gaël en perdre un peu. Il est vrai qu’il a pris quelques vacances (une quarantaine de liens pour 25 sources). Tous les autres font figure d’amateurs... Très rares sont les blogs qui ont plus d’une vingtaine de sources. Nous avons évidemment réfléchi à la question pour vous proposer une solution à la mesure de votre ambition.

Vous pouvez choisir de vous moquer du classement Miko. Vous serez très mal vu de Nicolas mais c’est toujours comme ça, les premiers de la classe ont horreur qu’on se moque du tableau d’honneur. Cela dit, si vous rêvez de pompe et de gloire, nous vous proposons de vous présenter à l’Académie française des blogs. Elle compte aujourd’hui un blogadémcien, vilain mot que nous vous proposons de remplacer par mycologue. En effet, l’amateur de champignon se dépêche de courir après l’averse pour trouver le précieux objet forcément en décomposition. Tel votre billet de blog. Vous savez bien que les meilleurs sont ceux qui se nichent dans les sous-bois que vous seul fréquentez... Vous voilà prêt pour le statut de mycologue. Pour donner à ce titre son véritable sens, nous l’orthographierons mikologue. Devenir membre de cette académie sera pour vous un gage de stabilité bloguesque. J’imagine que les mikologues organiseront quelques barbecues réservés à cette élite. Ils établiront leurs propres rites de reproduction. Pour être mikologue, introduisez un lien vers ce billet sur votre blog, nous vous communiqueront toutes les informations utiles. Si vous n’avez pas de blog, adressez-vous à Nicolas qui nous en sommes certains voudra bien vous en céder un à un prix modique.

Deuxième astuce pour satisfaire votre féroce et légitime ambition, lorsque vous êtes tagué, répondez en plusieurs fois. Divisez votre billet en petite monnaie. Nous nous appliquons cette règle illico et commençons par taguer Boubouille, Montréal Express, la Rouquine, Marie et Marlou. A vos plumes, on veut tout savoir sur votre anonymat, vous êtes nos champions !

photo : mikologue pensant
   
   

"trois personnes ont tiré sur une voiture de police transportant un détenu avec des kalachnikovs."

   
On ne devrait pas laisser les détenus se déplacer armés. Bientôt, ils voudront conduire le fourgon et faire monter les copains. 



Et nous faire adopter le 2e amendement.

« Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, il ne pourra être porté atteinte au droit du peuple de détenir et de porter des armes. » 






   

mardi 19 mai 2009

Fils de P.

   
Ma mère est une p..., mon père est un flic. Je l'ai longtemps ignoré, pourtant c'est la vérité. Comment on fait dans ces cas là vous demandez ? Ou bien vous vous en foutez. Vous voulez savoir mais rien à carrer. Quand on vit avec papa maman, que tout est normal, on se demande pas vingt fois par jour de quoi on a envie. Quand maman ne passe vous voir qu'une fois tous les quinze jours, vous ne vous demandez pas où est papa. J'ai passé mon enfance à attendre que ma mère s'intéresse à moi. Papi et mamie me gavaient de soupe au pistou, de pain de poulet et de confiture framboise groseille. J'attendais ma mère comme on attend le dessert. Je n'avais envie de rien d'autre. C'était comme si j'avais eu des parents trouvés dans un grenier. Un peu passés, toujours dépassés, incapables de courir derrière vous quand vous enlevez les roulettes de la bicyclette, nager à vos côtés quand vous vous lancez pour traverser le grand bassin. Trop vieux pour avoir un tout petit peu l'air d'être vraiment vos parents. Trop gentils pour leur dire merde. Trop aimants pour vouloir vraiment les aimer.

Juste une anecdote. Juste une pour Zoridae qui veut qu'on lui raconte une histoire de fils. J'ai 18 ans. Je me suis tiré pour la ville. La grande ville. Je traîne. Je fais des rencontres. Il y a encore de longues journées plutôt chaudes. Je dors dehors. J'ai bien une adresse, un ami de ma mère qui venait nous voir chez papi mamie. Paulo. Il est content de me voir qu'il dit. "Qu'est-ce que je fous là ?" Il me trouve un endroit où dormir, une caravane toute pourrie et un boulot dans une gargote. Je le vois de temps en temps. Il ne voit plus du tout ma mère. Moi, c'est pareil. Je ne veux plus la voir. Il aime bien boire des coups. Il parle pas beaucoup. Je finis par lui poser la question. Il aime pas trop. Quand j'ai le courage, j'y reviens. Lui, il préfère qu'on boive un autre coup. Enfin, lui parce que moi, je bois pas, j'aime pas ça. Et au bout d'un coca, j'en ai assez. Je vous raconte vite fait, c'est pour Zoridae, parce que cette histoire, c'est vraiment une belle saloperie. Paulo, il est jamais beurré. Sauf un jour. Il a tellement picolé que je le soutiens dans la rue. Il a passé un bras sur mon épaule pour tenter de marcher droit. De l'autre il finit par s'appuyer au mur de la ruelle et il gerbe tout ce qu'il a bu. Tout ce qu'il a bu récemment. Beaucoup ou très peu en fin de compte. Il s'écroule quelques mètres plus loin et moi avec. Je l'adosse péniblement au mur. Il doit bien faire 100 kilos, c'est pas facile. Et voilà pas qu'il sort ce qui lui reste dans le ventre, mon père, que c'est peut-être ce flic. Que ma mère voyait, un temps. Il était sur Fourvières. Maintenant, il est à Meyzieu. Il le sait parce qu'il a coffré machin, ça vous regarde pas. Il s'appelle Pietro. J'y crois pas à son histoire. Il peut pas savoir.

J'oublie l'histoire. Je suis dans mes gamelles, je récure. Nickel, il les veut ses gamelles. Je dis que c'est une gargotte mais le patron lui dit que c'est de la cuisine. Les Lyonnais, c'est vraiment des bouffons, pareil que papi mamie avec leur cuisine. Et je sais pas comment, je me retrouve au commissariat de Meyzieu. Crois-moi pas. Je demande à voir le commissaire P***. Comme il rigole le planton ! Qu'est-ce que j'ai dis ? Je me retrouve avec l'empaillé. Il a pas une trop sale gueule. Il comprend rien puis il comprend tout, je le vois mais il a du mal et fait celui qui se souvient à peine. Ou alors, c'est moi qui suis largué. Faut dire, j'arrive pas à parler. J'ai la bouche toute sèche, c'est comme si je m'étouffais. Il faut qu'il m'arrache chaque mot, qu'est-ce que je fais là, qu'est-ce je veux, qu'il n'a pas que ça à faire. Peut-être, je dis bien peut-être il répète. Il n'a que ça à la bouche. J'ai peut-être connu ta mère. Tu l'as peut-être baisé que je me dis mais ça il ne peut que le lire dans mes yeux. Tu sais, ta mère, c'était une p... ! C'est là que je comprends, je suis bien le fils de P.
   
   

lundi 18 mai 2009

Un blogueur entre à l'Académie

  
Nous avons l'honneur de vous annoncer la création de l'Académie française des blogueurs dont le seul membre à ce jour a été élu hier à l'unanimité. Quelques irrégularités ont entaché le vote, des insultes ont fusé dès que l'information a été connue. On retiendra qu'il est désormais immortel.

Bien sûr, des doutes subsistent. Beaucoup sont encore persuadés que notre nouvel immortel n'existe pas véritablement, qu'un collectif situationniste anime l'internationale gouxiste. Certains l'ont vu essayer son nouveau petit habit vert d'extra-terrestre, éprouvant bien des difficultés en raison d'un rigidité au niveau de son petit doigt qui est immense comme tout chez lui. On raconte que son infirmière personnelle, défibrilateur sous le bras, goutte-à-goutte prêt à être branché, était extrêmement inquiète. Mais Didier Goux est facilement réparable. On trouve des pièces un peu partout.

C'est un long combat qu'il mène depuis longtemps pour la diversité qui lui a ouvert les portes de l'Académie française des blogueurs. Didier Goux est un des rares prolétaires de la blogosphère. "Les ouvriers représentent 23 % de la population, je suis un des rares écrivains en bâtiment de la toile" nous a-t-il déclaré. "Vous pouvez vérifiez les chiffres dans le Télérama de cette semaine." Certains vont observer que si Didier Goux ne lit pas cet hebdomadaire et qu'il n'existe donc pas. Interrogé sur ce point, l'intéressé affirmait que même Dieu ne lisait plus Télérama.

Que lit-on dans le "Wouzo's ouzo" le concernant ? Didier Goux est l'auteur de textes majeurs. "Splendeurs et misères des blogueurs", texte magnifique sur les dompteurs de puces. L'homme est connu pour l'enthousiasme de ses commentaires très écrits ("co**nard", "je t'emm*rde", "je te p*sse à la raie"). C'est aussi un grand amateur de pêche à la morue, sport qu'il pratique avec un fusil Lebel, modèle 1886. C'est l'homme-fontaine : impossible de prétendre lire tous ses billets, le titre de son blog est un bouchon qui surnage quoiqu'il arrive dans votre blogroll. C'est que l'homme ne fuit pas. Il s'écoule, se répare lui-même à l'occasion, élévant ainsi la plomberie au rang des Beaux-Arts. C'est dans l'exercice d'admiration qu'il se montre tel qu'en lui-même, généreux et charitable.

Une anecdote résume l'homme. S'enthousiasmant récemment pour un esprit incorrect qui fustigeait une AG préparatoire à la gay pride plutôt kafaïenne, Didier Goux commentait in petto : "Merveilleux ! je ne vous connaissais pas, je vous “lieimmédiatement." En homme poli, il faisait suivre la proposition de boire un coup et dans un deuxième commentaire montrait patte blanche : "A la Comète du Kremlin-Bicêtre ? C’est un repaire de gauchistes adorables ! Y a même des nègres, comme dirait Césaire, intelligents et adorables, c’est dire…"

On n'est pas certain de la teneur de ce deuxième commentaire. Le taulier (le bien nommé "L'Ubiquiste") précisait qu'il avait en substance réécrit le commentaire de notre cher Didier ("j’ai dû arranger un tantinet votre prose") au grand dam de celui-ci. Les grands hommes sont toujours incompris. 

Quelles seront ses occupations à l'Académie ? Il aura le privilège de désigner rapidement un autre académicien dont il devra prononcer l'éloge sans excéder 150 caractères.
    
illustration : l'immortel combat
    
    

vendredi 15 mai 2009

Suppression de la rubrique économie

       
Mouvement de ras-le-bol dans la rédaction. Sentiment de ne pas trouver du plaisir dans ce qu'on fait. La polémique avec S. a laissé un goût amer. "Nous, on veut bien donner des coups mais c'est au patron de les recevoir." Chacun fait face courageusement. "T'as pas une clope ? " est le propos que l'on s'échange le plus volontiers. La volonté est de ne pas se voiler la face. "T'as du feu ?" redevient la question récurrente. Chacun a donc regardé la réalité en face. De travers pour être précis. "Elles sont bien tes nouvelles chaussures !" Il y en deux qui sont allés au ciné, l'un a été voir un chef d'oeuvre et a vu un navet*, l'autre a fait l'inverse

Une attention toute particulière a été demandée à chacun. Le message bloguesque doit être clair. Beaucoup ont convenu que cela devait être une priorité. A l'heure où cette nécessité était soulignée, la rédaction était pratiquement vide mais les avis étaient unanimes. "Quand je relis, ce n'est pas bon. Ce n'est pas complètement confus non plus. Pour être clair, c'est presque incompréhensible." 

La décision est tombée. La rubrique économique est supprimée. Henry J. s'en ira. 

Un mouvement de grève immédiat et d'une durée de vingt minutes reconductible dès la fin du week-end a été décidé. Tout le monde s'est jeté avec détermination dans l'action. 

Le patron a décidé d'accroître l'effort de formation en direction de ceux dont la pratique professionnelle n'a pas été validée par un diplôme équivalent. D'ailleurs, on publie la photo du personnel concerné.



* Dans la brume de Tavernier, brumeux, en panne d'électricité. Il ne reste plus qu'à trouver le critique génial qui va expliquer comment allumer les bougies. 

photo : anpe (agence des naïades pour l'emploi)
   

mercredi 13 mai 2009

Besoin d'un coup de main les gars ?


Contrairement à ce que laissent penser certains, à commencer par Technorati lui-même, le monstre n'est pas dans les choux. 

On n'apprendra pas au blogueur averti à quoi sert le monstre : repérer si votre blog ou l'un de vos billets a été tagué c'est-à-dire si l'adresse web de votre blog ou de l'un de vos billets a été incluse sous forme de lien quelque part sur la toile. Cela intéresse particulièrement les blogueurs car les divers classement qui fleurissent sur la toile prennent tous peu ou prou en compte ces liens. Si vous avez été "tagué", Technorati vous permet de le savoir rapidement. Là j'évoque le sens plus trivial du mot, l'interpellation virtuelle en chaîne vous invitant à répondre sur votre blog à une question qui si vous vous y soumettez vous permettra à votre tour de taguer un autre internaute.

Je ne vois pas pourquoi je me fatigue, si vous avez besoin d'une mise à niveau, vous avez les conseils de blogage de Pol Geeknick qui sont excellents. En français la plupart du temps.

Le service du monstre est interrompu pour cause de déménagement. Une longue enquête dont il serait fastidieux de relater les méandres nous permet de l'affirmer. Un petit déménagement, quitter leur colocation (proche du Bay Bridge, à Frisco) pour s'installer dans une autre pas très loin. J'ai moi-même participé à une sauterie de ce genre ce week-end. Il y avait une télé, elle est tombée par terre. Non, je confonds, ça c'était la semaine d'avant, j'avais aussi un autre déménagement. Le monstre a déplacé une petite centaine d'ordinateurs. Ils ont l'habitude, ils avaient déjà déménagé en 2004. Ce sont des gens comme les autres, ils ont pris des photos de pouvez les voir sur Flickr

C'est une petite boîte. Un petit bureau aussi à New York et LA.

Peter, si j'ai bien compris, c'est le chef du conseil d'administration de la boîte. C'est lui qui dit comment on met les cartons dans le camion. Il a fondé Elemental Software avant qu'elle ne soit vendue à Macromedia en 1999. S'est occupé du marketing chez Apple un temps. C'est là qu'il a dû ferrer quelques gros investisseurs potentiels du web (America Online, Microsoft, Bell, NBC...)

Joichi, c'est aussi le boss de Creative Commons et un investisseur dans pas mal d'autres boîtes dont Technocrati. Il est né à Kyoto avant que sa famille ne déménage à Chicago quand il avait 3 ans. Fils d'un chercheur, sa mère travaillait comme secrétaire d'une boîte d'électronique. Commence à travailler avec des scientifiques dès l'âge de 13 ans... Copain avec le fondateur d'E-bay. Disc-jockey (dans la scène rave), fait aussi dans la fringue. Aussi connu pour ses activités de journaliste. Considéré par Time ou Vanity Fair comme faisant parti de la cyber-élite, un tycoon du web.

Richard, a été vendeur de voitures, auteur de livres de voyage, conseiller politique, photographe dans la publicité ; chef de Technorati Media.

Ian, responsable du coeur de l'architecture. C'est lui qui fait les noeuds.

David, icône de la blogosphère, a démarré sur Commodore PET avant de quitter Long Island pour la Silicon Valley. C'est lui qui a fondé la boîte.

Adriaan, un Batave, docteur en philosophie, qui a commencé à bidouiller sur un mac à la fac ; chef de la filiale japonaise, spécialiste en intelligence artificielle. 

C'était mercredi dernier. Depuis, ils défont les noeuds. Vident les cartons. Ils font de la maintenance. Ouai, ouai. "Dave, t'as pas vu mon petit carnet noir dans lequel j'avais mis l'adresse de mstlvlav, mtlsvav, tmstlav ?"

En janvier 2004, le monstre référençait 1 600 000 blogs, en décembre 2006, 63,1 millions (source). 100 000 blogs naîtraient quotidiennement ! Le problème, ce sont les splogs, les blogs poubelle qui rendent le décompte aussi facile à réaliser que d'obtenir une libération anticipée pour un prisonnier du Goulag. Bonne nouvelle pour la francophonie, "56 % des blogs en anglais seraient des spams" (selon Wired et l'article déjà cité).
    

mardi 12 mai 2009

Picotératag

   
La rédaction a été taguée deux fois par Nicolas et Didier Goux.  Le premier décrivait la chose comme une chaîne grotesque, pour le second, c'était une tuile. Cela a été difficile de convaincre quelqu'un à la rédaction. On a demandé à un bavard qui avait envie de parler de lui (et qui doit se faire pénitence pour maltraité des animaux sur son blog). 


1) Quatre métiers que j'aurais aimé exercer : cosmonaute, astronaute, spationaute, internaute.

2) Quatre films que je connais par coeur :
Je vais transgresser un  peu la règle du jeu, sans mettre complètement bas les masques. Réfléchissons... Les 4 jours du condor, 13 hommes en colère, les 37 marches, 22 grammes... Je n'ai pas de mémoire. Je ne peux pas répondre.

3) Mes quatre livres préférés : 
La tante Julia et Monte-Christo d'Alexandre Vargas Llosa,
Chesapeake selon Garp de John Michener Irving
Paris est une lune sanglante d'Ernest Ellroy
La Chartreuse de Malevil de Merle Stendahl

4) Quatre émissions ou séries télévisées :
Urgences, Zorro, Fifi Brindacier, Les Monroe (J'ai eu du mal à la retrouver celle-là... Voir la vidéo...)


5) Quatre endroits où j'aime passer mes vacances : à la montagne, chez moi, à la mer ou en voyage.

6) Quatre webs que je visite quotidiennement : j'essaye de ne pas fréquenter le web quotidiennement.

7) Quatre plats que je ne mangerai jamais : on n'est jamais sûr, de la morue radioactive, de la pizza de chez domino avec un bout moisi et l'autre encore congelé, du saucisson qui fait plus de 25 cm de long (avec un emballage rose et blanc dont on vient de faire la promotion sur 12 m2 comme quoi il ne coûte pas plus 1,04 €). Jamais, c'est vite dit. Ce qui est dans l'assiette de mon voisin, sauf s'il m'invite.

8) Quatre plats que j'adore : les haricots noirs avec la farine de manioc, le dalh, les lasagnes, les tajins, je ne suis pas difficile.

9) Quatre endroits où j'aimerais être en ce moment : sur la piazza Navone pour le café, dans un péplum où le vice le disputerait à la vertu, dehors à fumer une clope, la même chose mais dedans !

10) Quatre personnalités passées ou présentes que j'aimerais rencontrer : Louise Labé, Louise Colet, Louise Michel, Louise Attaque, Louise Brooks, Louise Armstrong. Non, non, pas Louise Fernandez.

11) Quatre voeux pour l'année prochaine : l'année prochaine, je veux qu'on libère Ingrid Bettancourt, j'exige pour la France un président noir, que Cécile de France obtienne enfin un rôle dans un grand western et que le Privilégié devienne numéro 1 au classement Miko.

12) Taguons des gens : Alluvions, Eric,  les trois Bills ! et Nef. Ca fait pas quatre ?
   

vendredi 8 mai 2009

La vie, c'est comme lécher du miel...

  
«Au sujet de son grand-père, mort à quatre-vingt-quinze ans dans le même lit. Tout le monde sentait que son heure était venue et la famille était rassemblée autour de lui. Soudain, le vieillard a commencé à s'agiter : manifestement, il voulait parler. Sandor s'est penché en avant et l'a entendu murmurer : "N'oublie jamais : la vie, c'est comme lécher du miel..." Il a répété cette phrase trois ou quatre fois, mais Sandor devinait qu'il y avait une suite. Et finalement, le grand-père a réussi à articuler  "Lécher du miel sur des ronces."»

Alan Furst, Le Royaume des Ombres (Points)

jeudi 7 mai 2009

Tu me gaves, Ada !

Le travail s’amoncelle sur le bureau des grouillots, le rédacteur en chef s’en prend au chef de la rubrique économie qui n’a toujours pas produit les bilans mensuels, court après le plumitif qui s’en prend régulièrement à la gente animale, réclame la publication d’un billet titré “Aucun animal n’est maltraité sur ce blog”, crucifie la femme de ménage qui ne veut pas répondre à un tag.

Le rédac' chef : Le tag, Ada, c’est l’âme des blogs.

Zita : Mais Chef, c’est pas Ada mais Zita. J’ai pas fait votre bureau. J’ai touché à rien.

Le rédac' chef : On va pas en faire une tragédie. Vous la voulez toujours cette prime de salissure ?

Vous savez maintenant pourquoi je suis derrière le clavier pour m’occuper de ce chgat, eschtag, bref. Je lis l’étonnement sur votre visage, vous vous dites, cette Zita est passablement sous-employée. Vous avez raison. Si vous saviez. Et j’en ai des choses à raconter ! Il va s’en mordre les doigts. Vous n’imaginez pas sa dernière lubie : il a dicté à sa sectaire une lettre pour le estaff de Miko. Pour qu’ils changent le bolg mtichlav de catégorie ! Il veut passer de la catégorie “divers” à “littérature”. Un petit changement de rien du tout, de rien, après tout ce qu’il a fait pour Madame Bogolfière. Même que un certain Estalquer le soutient. Y pense que la compétition sera beaucoup plus à son avantage dans cette catégorie où l’usage des mots “business plan”, “stratégie manageriale” et “service qualité” sont quasiment inconnus. S’il savait ce que je lis dans le métro entre Soumoulou et Mazères-Lezons ! Ils s’y connaissent bien plus que ça mais bon, laissons-le à ses illusions.

Après étude de votre blog il s’avère que les sujets traités dans vos articles ne traitent pas exclusivement de littérature, il ne sera donc pas possible de le référencer dans la thématique demandée.” J’ai réussi à planquer le mail pendant une semaine - c’est moi qui fais le ménage, je vous le rappelle. Et pourtant, ils ont tout fait pour ne pas le fâcher vous reconnaîtrez. Depuis le patron vocifère, se rue dans les couloirs en agitant d’une main quelques scalps poussiéreux, brandissant de l’autre un volume de La Pléiade lardé d’impacts de fléchettes. “Je veux du Gogol, je veux du Tolstoï, je veux du Mendeleïev !” 

J’ai appelé d’urgence le gardien de la Réserve naturelle. Il sait ce qu’il faut faire quand on commence à être hanté par les cadavres invisibles. Rien n'y a fait. J'ai pris sa main dans la mienne. J'ai tenté de l'apaiser. "Gavalda !" y se met à gueuler. "Gavalda !"

Et pourtant, c'est pas Ada, c'est Zita.

Zita Kiskunfélegyháza


image : Fondation Bouche d'ombre
   

lundi 4 mai 2009

Les nuits de Puce (2)

   
Puce a décroché un job de stagiaire à la rédaction parce qu'elle a accepté de nourrir le chat du patron. Puce l'amuse.

J'ai été au défilé du 1er mai. La tendance était aux parapluies et aux pieds mouillés. J'ai craqué, j'ai dévergondé I. pour aller boire un café dans le dernier virage. C'est pour ça que les médias ont parlé d'un échec. Un échec météorologique.

Bon, bon, si je suis là, c'est pour vous parler de mon night clubbing avec les super-women de la blogosphère. Suzanne sort du placard une tortue, deux canaris et une chatte. Dans son village, on a du mal à imaginer que deux homosexuels puissent entraîner l'équipe de foot. Et encore. N'allez pas imaginer que je recopie son commentaire chez les Femmes Engagées, elle ne m'en a pas donné l'autorisation. Le football étant notoirement un jeu d'homosexuels, les entraîneurs doivent à coup sûr être des spécialistes. Mais s'ils préfèrent écrire "coach" derrière le maillot, c'est assurément du snobisme. On vous parle de la campagne

Le Merle Moqué a de saines lectures (Femmes engagées qu'elle confond avec CC mais pas grave et Crêpe Georgette, le billet de cette dernière étant un bijou, merci le Merle). Elle ajoute son grain de sel exactement sur la queue du p'tit z'oiseau. Et de dénoncer la recrudescence en ville (sic) de l'antisémitisme et de l'homophobie. Comprenez, pas loin des banlieues, la merlette nous un pond un billet dénonçant les pays musulmans interdisant l'homosexualité et concluant que c'est la faute au Coran. J'ai un cerveau de Puce mais je vois bien le plan de vol de l'oiseau et le survol problématique de la banlieue. 

Des associations existent comme la fondation Al-Fatiha aux Etats-Unis qui milite pour la défense des gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres de confession musulmane. Cette fondation a été fondée par un américain d'origine pakistanaise et a des branches dans d'autres pays. La fatwah n'a pas manqué de suivre. Sans aller chercher si loin, Kelma à Paris, une association de "gays ethniques". J'en vois déjà sauter au plafond mais quand vous constituez une minorité, c'est un réflexe de défense d'essayer de se grouper. On n'en serait pas à discuter ouvertement de l'homosexualité si quelque uns n'avaient cherché à faire poids à un moment donné (comme dans le quartier du Castro dans les années 70 que certains ont eu la chance de connaître).  Folles nuits. 

"Peut-on être gay et musulman ?" Cette question évoquée sur plusieurs forums donne lieu à des remarques émanant de musulmans qui seraient à donner en exemple à quelques intégristes romains ou gaulois. "Que Dieu les guide vers le bon chemin" répond une musulmane. Je sors en boîte avec elle.

Un dernier petit mot au Merle qui invective mon patron qui ne vivrait pas dans le même pays qu'elle et n'aurait pas le souci de l'Autre. Je te rassure, tu l'as pas vexé et l'autre non plus.

Puce Habermas

Mon image coup de coeur, je l'ai trouvée ici
     

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