lundi 30 mars 2009

Le sport, comment ça marche ?

   
Gaël a tagué la rédaction. C'est pas de chance, Henry James, notre chroniqueur spécialiste en économie n'y connaît rien en sport. Par chance, mon neveu est allé au ski la semaine dernière. On lui a donc demandé comment il réussissait cela par temps de crise. C'est ce récit que nous publions aujourd'hui. Puisqu'il est question de sport, attirons l'attention de nos lecteurs sur une série d'émission qui a démarré aujourd'hui sur France Culture, consacrée à la philosophie du sport. C'est à 17 h, le podcast fonctionne très bien aussi pour ceux qui feraient leur jogging à cette heure-là. Les deux invités ont publé un livre chez Vrin, nous allons nous précipiter pour le lire (Denis Moreau et Pascal Taranto « Activité physique et exercices spirituels »). Des intellectuels qui délirent sur le coup de boule de Zidane en finale de la coupe du monde, j'en ai entendu beaucoup. Des footballeurs qui assènent deux vérités totalement contradictoires à quelques secondes d'intervalle, il y en a beaucoup. Faut pas chercher, le cousin de ma chère Cécile qui a fait partie de l'équipe de France de foot championne du monde était invité sur Inter exactement au même moment. L'ex-joueur de Munich expliquait qu'il était sûr qu'ils allaient la gagner cette coupe, qu'il se sentait en pleine maîtrise. Manque de bol, deux secondes après, il racontait comment il avait raté un pénaud décisif qui aurait pu leur faire perdre cette compétition. Taranto et Moreau, je ne sais pas lequel des deux, expliquait le sens qu'il donnait au coup de boule le plus célèbre du XXe siècle : pour lui, il s'agit tout bonnement du péché originel ; Zidane n'est qu'un homme... C'est ça le sport, une crise de la foi !

Comme j'avais la flemme, j'ai mis mon réveil un plus tôt pour préparer mes affaires. Dans la vallée, je me suis arrêté boire un café : j'avais toujours la flemme. Sur la route, il y avait de la glace, c'était comme un rallye. Après, j'ai marché un peu. J'avais oublié ma parka, il faisait très beau mais j'ai eu peur de trouver trop de vent en haut. J'ai eu la flemme un instant mais finalement je suis retourné la chercher.

J'ai vite trouvé la neige, c'était bien car j'ai pu chausser mes skis (quand on a la flemme de porter ses skis, on est toujours content de les avoir aux pieds).

Après, ça montait, c'était très long. Je ne me suis pas beaucoup arrêté, seulement deux fois un peu, pour boire du thé et manger des fruits secs, et puis après, parce que j'avais mal à une épaule. Et à la fin parce que j'avais très mal à un pied. J'ai cru que je n'arriverais jamais en haut mais j'ai continué, sans doute par flemme de trouver une explication pour renoncer.

Tout cela a duré quelques heures. Ensuite, je suis redescendu. Honnêtement, c'est ce que je préfère !


     

Pour podcaster l'émission du 30/3/09 des Nouveaux Chemins de la connaissance ou écouter le flux.
   

jeudi 26 mars 2009

Les nuits de Puce (1)

    
Pendant que Suzanne fait des siennes dans la blogosphère (elle se prend pour Lucia Mel et reproche à Balmeyer de se moquer d'André Rieu, de Madonna et donc de la culture populaire universelle au sens adornien, Dorham, l'infâme ploutocrate jazzophile ne trouvant rien de mieux que de venir défendre le chat Bal à sept queues).

Ca a donné au patron de lancer une chronique people. Il m'a choisie pour l'animer. 

Nous allons consacrer cette première chronique à un autre petit animal qui se promène sur les blogs, le pivert.

Le Pivert Audrey, bien étrange personnage qui rivalise avec le Nico le mec à l'ipho. Audrey a cinq blogs.

Elle a un blog vierge. Toute jeune fille devrait avoir un blog vierge. Cela dit, cela ne va peut-être pas durer. Profitez-en, il s'appelle Samantha Humphries. Je n'ai pas résisté, je suis devenue membre de ce club très fermé. Venez me rejoindre chez Samantha ! Oui, vous aussi Suzanne ! Non, pas vous Balmeyer ! Pas vous Dorham ! Vous n'êtes pas encore assez élistites pour vous joindre à la Blog Set.

Elle a un one shot blog. Je vous explique mais va falloir sérieusement vous mettre au taf. Audrey Pivert, son job, c'est fieldwork manager c'est-à-dire directrice des travaux sur le terrain ; je vous laisse imaginer mais vous livre quand même trois idées quickly :
- actrice de porno de plein-air ;
- inséminatrice auprès des éléphants du Parc Krüger ;
- assistante stagiaire dans une boîte de pub.

Le concept de one shot blog est encore en réalité assez ancien, c'est vous l'avez compris un blog consacré à un seul sujet et ne comportant qu'un seul article (éponyme dirait ma soeur). Il vaut le coup, vous pourrez rajouter la panthère aux petits animaux qui se promènent sur les blogs.

Audrey a aussi sa page web personnelle où elle se livre véritablement. On y apprend qu'en attendant le Tournoi de Miami, Rafaël Nadal et Ana Ivanovic ont joué au golf. Ensemble. Sur l'herbe. Il y a même des photos. C'est vraiment dégueulasse de les avoir pris en photo dans cette position. Vous ne verrez jamais ça ici, nous on pas de scoop mais on a de l'ETHIQUE !

Audrey a aussi un blog video. Lui aussi vierge. C'est un concept cet oiseau ! J'hésite à devenir membre. Allez-y vous qui êtes si courageux ! 

Audrey est un scorpion de l'année du chien. Mince, j'aurais pas dû me moquer d'elle.

Puce Habermas

PS : Audrey a encore un blog avec rien que des jeunes éphèbes célèbres. Ca devrait plaire à Nicolas. A part ça, qui veut des liens ?

Ma photo coup de coeur, je l'ai prise ici.
   

Avec Adorno

       
En attendant de savoir si Grand Master Flash va perdre son permis à points (tant qu'il ne perd pas son permis de bloguer...), la rédaction vous propose ce petit message de service.

Suzanne a ouvert un blog. C'est intéressant de lire un blog qui s'ébauche. Dans son cas, le projet s'affirme avec une certaine netteté. Nous n'avons pas beaucoup de sympathie pour les petits animaux qui pullulent sur la toile, les chats, les chiens, les écureuils, les crocodiles...  Voilà le merle. De qui se moque-t-on ?

A part un vieux feuilleton dont la suite est à peu près écrite et qu'il reste à publier, nous n'avons rien à bloguer en ce moment. Profitons-en pour donner la parole à la rédaction.

Nous, les exploités du blog mtislav, à qui il est donné la plupart du temps d'écrire dans ces tout petits caractères, nous élevons contre les conditions financières de notre "réintégration". Notre odieux patron avait un seul but en fermant son blog pour une durée de quelques jours. Tous nos contrats de travail ont été supprimés. Désormais nous sommes tous des précaires soit disant parce que les blogs eux-mêmes sont précaires. Notre convention collective nous impose des contraintes honteuses. Nous nous sommes joints au mouvement social, qu'allons-nous obtenir ?

Par ailleurs, nous tenons à prendre collectivement position au sujet de la discussion qui a fait suite au billet dont le titre était si joli "Blogs liquides". Bien sûr, Lucia Mel a raison en ce qui concerne le patron, ce n'est qu'un bourgeois qui profite de son capital culturel. Nous n'écoutons pas de jazz, uniquement de la bossa nova, Joe Dassin et des chansons de la guerre d'Espagne. Nous nous sommes renseignés a propos de cet Adorno dont il était question. Nous sommes solidaires et donc avec Adorno. 

Et avec André Rieu, donc. Car sans Rieu, peau de balle.

C'est en conscience que nous jetons cette pierre dans les blogs liquides.

illustration : source
   

mercredi 25 mars 2009

La vie au rayon laser

Habituellement, la question qui se pose est celle de croire à la réincarnation, ce qui est totalement hors de propos. En réalité, c'est une affaire d'organisation. Marquer son linge est probablement inutile, rares sont les colonies de vacances à proposer le séjour. Préparer une petite valise ? On ne voyage pas avec bagages accompagnés. Un bon carnet d'adresses est toujours utile mais pour cette fois il faudra se contenter de garder en mémoire le souvenir de quelques "insolents furibards complétement incontrolâbles, des demi-tarés ou des tarés finis, brisant les convenances, picolant, buvant, baisant, se baladant à moitié à poil, distribuant des coups de bâtons à droite à gauche, se fichant ouvertement des rituels et de la hiérarchie" (je me permets de citer le grand maître zen Rou d'O dou D'Ourou). 

Offrons  donc à Balmeyer la prochaine vie qu'il mérite, laissons-le voyager avec son chapeau.  

Dans cette année 2343, Balthazar Meyer le Jeune, fils aîné de la maison des Rieurs, rejoignait le corps de l'école pratique des lectureurs. Depuis quelques générations, le contact généralisé des populations avec les écrans digitaux avait provoqué une paresse visuelle. Les bipèdes dotés d'un pouce préhenseur ne lisaient plus, écrivaient encore moins. Passe encore les pictogrammes mais pour les textes, c'en était terminé depuis plusieurs générations. 
Les privilégiés avaient le droit de faire des études courtes, les plus prisées d'ailleurs, dans les fameuses miniversités de la ligue de la mousse. Bal le Jeune n'avait pas eu cette chance, étant donné ses origines rustres. Sa mère, Lucia la Prêtresse gagnait sa vie en psalmodiant des chansons paillardes d'une douzaine de mots qui remontaient au XXIème décadent. 

Dès sa huitième année, Bal le Jeune intégra le tronc d'isolement sensoriel de huit ans, seule méthode pertinente pour aborder la carrière de lectureur. Les moins doués, dont le Jeune Bal faisait partie, devenaient écrivateurs. La tâche la plus ingrate leur revenait : traduire en pictogrammes les programmes de pitching que l'on avait conservés et qui dataient de la décadence.

A l'âge de 35 ans, le Jeune Bal, affublé de lunettes épaisses et d'un chapeau qui lui venait on ne savait d'où, entrait dans la vie active unanimement méprisée dans cette société du laser. Il commença à travailler sur les grandes oeuvres du XXIIe, les fameuses notices ikéennes sur lesquelles figuraient encore quelques textes de trois ou quatre lignes. Il s'acharnait depuis quelques heures sur une formule particulièrement difficile à aborder : "IK*A FAMILY, c’est le club des fans de IKE*. Les membres ont accès à un large éventail d'avantages, de remises, de services privilège et à un assortiment unique de produits IK** FAMILY.

Les écrivateurs expérimentés bénéficiaient d'un plan de charge adapté. Ainsi, le vieux Donald Achram avait hérité d'un lot de sentences de la décadence dont le pitch était "Travailler plus". C'était un travail facile que les écrivateurs appréciaient, dans la mesure où de nombreux assortiments pictogramatiques avaient déjà été réalisés. Donald était plutôt content des deux transcriptions ciselées au cours de sa matinée, un "Travailler plus pour manger plus de pizzas gratuites" et un "Travailler plus pour un kebab, c'est cela se reposer". Certes, le choix des pictogrammes avait infléchi le sens de la proposition dans une direction résolument nitschéenne mais on allait être content de lui. De toutes façons, King Kim Hut avait détrôné depuis plusieurs siècles le polisson de Weimar

Bal le Jeune avait fort à faire avec un échantillon de police true type de taille 12 dont il proposa une stabilisation audacieuse :     
L'inscription lui plaisait et dansait dans la Ve avenue de son lobe frontal : "Yes we can !"

En rentrant dans son tonneau bulle de polystyrène/parpaing/chanvre, Bal le Jeune rêvait de fonder une famille. Il s'imaginait, père d'un fils brillant qui arpenterait la cité, coiffé d'un casque rouge, remontant les avenues en courant, le radio-cassette à bras produisant des vroums-vroums de Piagjio Ziao*, le sac à dos chargé de cartons de pizzas. Une telle ascension sociale était sans doute inaccessible mais Bal le Jeune conservait au fond de lui le souvenir d'une existence passée durant laquelle on pouvait manger des pommes, où tout devenait possible.

Parfois, un mot étrange venu d'une langue lointaine lui venait aux lêvres. Il aurait voulu en faire un oriflamme ; la timidité aidant, c'est une épinglette qu'il fabriqua de ses mains malhabiles. On pouvait y lire "Solidarnosc" (ce qui hélas de voulait rien dire).

Pour l'heure, ses collègues de bureau se moquaient encore de lui. Ils en avaient après les étiquettes qui marquaient ses vêtements. Sur chacun d'eux figurait un une contraction fautive de son état-civil, Malbeyer. Ce témoignage d'amour était l'oeuvre de sa mère, héritière d'une lignée dyslexo-trotskyste. Le fond de son chapeau abritait le même étiquette en lettres rouges sur fond blanc. Même pour aller à la machine à café, il devait prendre des précautions pour échapper aux mauvaises blagues. C'est ainsi qu'il arpentait les couloirs, ses crayons dans la main droite, son clavier tâché sous le bras gauche. Plus personne ne se servait de clavier de ce genre mais les écrivateurs avaient l'obligation d'en posséder toujours un sur eux. Bal le Jeune s'inclinait devant la machine qui produisait quelques gargouillis, c'était le moment de méditer au sens de la vie. Bal aurait aimé s'appeler Brian et vivre dans cette lointaine époque où disait-on ces machines délivraient un liquide au goût âpre. 

Brian ! Décidément, il avait vraiment une araignée dans la  tête. 


* le service ethnographique des armées de Chine populaire est chargé de la conservation des bruits de moteur depuis 2063.


photo : Irishflyguy

PS : Je tague Nef, Yaëlle, Didier et Lucia Mel.
      

mardi 24 mars 2009

La dernière chaîne

   
Cela s'est sans doute produit au moment de la grande tempête. Depuis, c'est le même film qui passe, la neige qui tombe, en noir et blanc. Cela s'es san dout produi au momen de la grand tempêt. Depui, c'es le mêm fil qui pas, la neig qui tomb, en no et bl. Ce s'e san do pro a mo de l gra tem. De, c' le mê fi qu pa, la ne qu to, en n e b. Depui, c'es le mêm fil qui pas, la neig qui tomb, en no et bl. Ce s'e san do pro a mo de l gra tem. De, c' le mê fi qu pa, la ne qu to, en n e b.Depui, c'es le mêm fil qui pas, la neig qui tomb, en no et bl. Ce s'e san do pro a mo de l gra tem. De, c' le mê fi qu pa, la ne qu to, en n e b.Depui, c'es le mêm fil qui pas, la neig qui tomb, en no et bl. Ce s'e san do pro a mo de l gra tem. De, c' le mê fi qu pa, la ne qu to, en n e b.Depui, c'es le mêm fil qui pas, la neig qui tomb, en no et bl. Ce s'e san do pro a mo de l gra tem. De, c' le mê fi qu pa, la ne qu to, en n e b.Depui, c'es le mêm fil qui pas, la neig qui tomb, en no et bl. Ce s'e san do pro a mo de l gra tem. De, c' le mê fi qu pa, la ne qu to, en n e b.Depui, c'es le mêm fil qui pas, la neig qui tomb, en no et bl. Ce s'e san do pro a mo de l gra tem. De, c' le mê fi qu pa, la ne qu to, en n e b.Depui, c'es le mêm fil qui pas, la neig qui tomb, en no et bl. Ce s'e san do pro a mo de l gra tem. De, c' le mê fi qu pa, la ne qu to, en n e b.Depui, c'es le mêm fil qui pas, la neig qui tomb, en no et bl. Ce s'e san do pro a mo de l gra tem. De, c' le mê fi qu pa, la ne qu to, en n e b.Depui, c'es le mêm fil qui pas, la neig qui tomb, en no et bl. Ce s'e san do pro a mo de l gra tem. De, c' le mê fi qu pa, la ne qu to, en n e b.Depui, c'es le mêm fil qui pas, la neig qui tomb, en no et bl.  videoCe s'e san do pro a mo de l gra tem. De, c' le mê fi qu pa, la ne qu to, en n e b.Depui, c'es le mêm fil qui pas, la neig qui tomb, en no et bl. Ce s'e san do pro a mo de l gra tem. De, c' le mê fi qu pa, la ne qu to, en n e b.Depui, c'es le mêm fil qui pas, la neig qui tomb, en no et bl. Ce s'e san do pro a mo de l gra tem. De, c' le mê fi qu pa, la ne qu to, en n e b.Dé di é au x lec te urs épui sés de s bl og s. Depui, c'es le mêm fil qui pas, la neig qui tomb, en no et bl. Ce s'e san do pro a mo de l gra tem. De, c' le mê fi qu pa, la ne qu to, en n e b.Depui, c'es le mêm fil qui pas, la neig qui tomb, en no et bl. Ce s'e san do pro a mo de l gra tem. De, c' le mê fi qu pa, la ne qu to, en n e b.Depui, c'es le mêm fil qui pas, la neig qui tomb, en no et bl. Ce s'e san do pro a mo de l gra tem. De, c' le mê fi qu pa, la ne qu to, en n e b.Depui, c'es le mêm fil qui pas, la neig qui tomb, en no et bl. Ce s'e san do pro a mo de l gra tem. De, c' le mê fi qu pa, la ne qu to, en n e b. 
   
   

jeudi 19 mars 2009

32 000 et une vache

    


Oui, je précise, 32 000 manifestants à Pau sans compter la vache.
   


mercredi 18 mars 2009

lundi 16 mars 2009

Fantasme de la femme du commandant, en poste aux portes du désert





























































photo : phinetelue
 

  

- et avec ça ?
Baignée de transpiration, s'escrimant d'une main avec sa robe à volants, brandissant de l'autre un magnifique éventail d'orient qu'elle pointa soudain dans la direction du petit boutiquier qui se prenait les mains nerveusement, torturé par l'angoisse de ne pas satisfaire sa cliente, la belle emprunta le ton du Dr Stanley présumant une rencontre fortuite mais néanmoins heureuse :
- une machine à laver, cet article pourrait-il être mis à ma disposition ?

dimanche 15 mars 2009

Ambassadeur des Pôles

  
Les manchots étaient nombreux en Terre Adélie. Désormais, ils ont été rejoints par un pingouin.

L'ex-Premier ministre socialiste Michel Rocard est pressenti par Nicolas Sarkozy pour devenir ambassadeur de France chargé des négociations internationales relatives aux pôles Arctique et Antarctique.






       
     

samedi 14 mars 2009

Mohammed

  
J'avais 3 ans quand ma famille s'est installée en Algérie, à Collo, dans le Constantinois. Ma mère n'allait pas tarder à accoucher de mon frère. Deux jeunes Français de leurs amis s'étaient noyés peu de temps auparavant, mes parents choisirent d'adjoindre au prénom de mon frère celui de l'un d'eux. Ce qui tenait lieu d'hôpital offrait des conditions peu propices pour une naissance. L'état de santé de mon frère resta une préoccupation constante pour plusieurs années.

Pendant ce temps, on m'avait confié à Mohammed, un jeune algérien de 15 ou 17 ans. 

Quand mes parents quittèrent l'Algérie quelques mois ou années plus tard, j'y laissai tous sans doute aussi tous mes souvenirs. Plus rien n'affleurait de ce qui touchait à ces jeunes années. Ma soeur m'agaçait profondément en exhumant avec exactitude jusqu'aux mots d'arabe qu'elle avait appris à l'école.

A ma mémoire défaillante s'incorpora petit à petit, les bribes du récit familial. C'est comme ça que je sais que Mohammed ne me quittait pas et que je l'adorai. Mon père s'affairait à l'hôpital où il y avait déjà fort à faire d'habitude. Ma mère ainsi que mon père faisaient face aux inquiétudes les plus grandes. Je ne sais combien de temps durèrent ces moments mais la tension devait sans doute être perceptible. 

Dans la maison aux chats, il paraît qu'il y en avait des dizaines, certains tellement sauvages qu'il était impossible de les approcher, je pense que ma soeur et moi n'avions pas le sentiment d'être arrachés à nos parents. Mon père devait sans doute se montrer de temps en temps, c'était ainsi qu'il ne cesserait de nous apparaître tout au long de son existence, en courant, au galop, ponctuant d'un "et merde !" la nécessité de procéder à un départ immédiat ou bien lançant ses fameux "formidable !" devant la fugitive beauté des êtres vivants, humains, arbres, fleurs. Je devais être tout à fait couvé par Mohammed, grand frère attentionné, je l'imagine en voyant son sourire et le mien, sur cette photographie. Je ne sais rien de la vie qu'il a pu avoir. Je ne suis jamais retourné en Algérie. 
   
   

My livre

  
Le dernier numéro de Vendredi est sorti consacrant plus de 25 pages à "la liseuse", c'est comme ça qu'ils appellent le livre numérique. La première chose qui m'est venue à l'esprit est que j'allais devoir attendre une nouvelle version qui n'allait pas tarder, la liseuse waterproof car j'aime bien m'endormir dans mon bain un livre à la main. Comment désormais fera-t-on pour ramasser la poussière ? Comment pourra-t-on réaliser ces constructions babeliennes s'amoncelant au rebord d'une table de nuit ou d'un bureau ? Les piles de livres étaient bien pratiques pour caler les étagères, donner l'illusion à vos invités que vous êtes épris de culture et se poser en héritier d'une civilisation de bûcherons. Vous perdrez bientôt le souvenir de chacun de vos déménagements alors que le tableau de vos amis ployant sous le poids de vos 500 cartons bourrés à craquer était plus beau que les vitraux de Notre-Dame.

Désormais, nous n'aurons plus qu'à nous montrer tels que nous sommes, les poissons new-age de l'aquarium electronicum.

Dernier détail, si vous envisagiez de vous immoler avec vos ouvrages préférés, il vous faudra trouver autre chose.

photo : Julie 70 (détail)
   
   

mardi 3 mars 2009

Championnat de France : les meilleurs buteurs

   
Nous publions ces statistiques absolument indispensables. 

C'est très flatteur, ces visitrices/visiteurs de Mots d'Elle.
 
Les blogs moribonds ont un lectorat plein de vie qui par désespoir est prêt aux gestes les plus extrêmes.

Nicolas ! Je te félicite ! Tu n'es pas encore dans le top ten des blogs techno et nous n'aurons de repos que lorsque Partageons le Reste y figurera.
Merci aux autres, amis discrets, lecteurs attentifs, distraits, égarés, trolls...


Mots d'Elle : 73

Extra-Ball : 62

De tout et de rien, surtout de rien d'ailleurs : 33

Bouche de là : 30


Mes billets les plus lus... Rassurez-vous, ils le sont très peu, je ne dévoilerai pas cette information ! Que voulez-vous, le classement Miko passionne ! 

Je suis heureux des 53 lecteurs de mon billet sur la première partie du film de Soderbergh (celui sur la deuxième partie en a eu 23...), des 21 qui se sont intéressés au premier épisode de mon feuilleton sur les stores : L'Envers de Mars...


Signalons un nouveau blog avec lequel nous envisageons une fructueuse collaboration et dont nous vous conseillons vivement la lecture (surtout par les temps qui courent).

Nous avons un tag qui traîne, celui de la sixième image du dossier le plus récent, c'est celle qui illustre ce billet et je ne me souviens plus d'où elle vient.
   

C'est la guerre entre le royaume de Criticus et la principauté de Toréador

         
Un wappiti intoxiqué au THC s'enflamme dans l'arène : analyse bactériologique. Voilà comment nous pensions rendre compte de l'événement. Malheureusement, les déflagrations s'avèrent plus sérieuses. C'est tout un réseau social patiemment établi sur des valeurs de débat, loyauté, respect qui part en fumée. 

La guerre entre le royaume de Criticus et la principauté de Toréador a éclaté. 

La rédaction a dépêché le spécialiste gastronomie, le seul à être courageux, disponible et habile pour souffler sur les  braises

Voilà ce qu'il a vu :

nazi 
crétins 
collabo
idiot 
futile
gang des fachos du net
con(s)
cons anti-libéraux et anti-démocratiques
xénophobe
raté
faux libéral
faux néo-conservateurs
individus pas très nets
détraqué
connard
sophiste solliloqueur
imbécile
imbécile de centriste
opposum
épouvantail crypto-fasciste
girafes bleues


A force de se lancer des insultes, on finit par se complimenter sans s'en rendre compte. 

illustration : couverture de "Big boy barbecue"
        

lundi 2 mars 2009

Ouverture d'un restaurant cannibale

   
Qui aurait dit qu'on pût être à ce point anthropophage
Et qu'il fallût tant de feu pour rôtir le corps humain

Cela vous a peut-être échappé, la cuisinière d'Apollinaire tenait un fameux bouge, c'est désormais un snack. 

Ex-Rêves de Comptoir, Le Mange-Rêves proposera à sa table, n'en doutons pas, des menus à petit prix mais tout aussi bien, l'inaccessible étoile, des trolls écartelés au comptoir.

Le menu est bilingue. Crazy !

Vous avez tous rêvé une bannière en forme de parc d'attraction dangereusement désaffecté dans une banlieue envahie par le brouillard, Nef l'a fait. 

Nous remercions chaleureusement la Badmash Factory qui nous a autorisé la reproduction de cette bannière. Autrement, sachez que ce grand huit de l'engloutissement, ce fantasme histologique alambiqué est hyper-protégé par des licences qui ne vous autorisent même pas à vous souvenir que vous avez vu ça ici.
   

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