samedi 31 janvier 2009

Classement Miko février 2009 : avant tout le monde !


La rédaction vous propose en exclusivité quelques informations sur le classement Miko de février 2009.

Récemment, Partageons le reste, dans un article très intéressant pour qui prise de tels sujets, revenait sur la question de la détection des liens pointant vers un blog. En ce qui nous concerne, quand le Kremlin nous linke, il nous suffit d'ouvrir GoogleAnalytics pour nous en rendre compte. 

On dirait qu'un tsunami déferle sur nous ! La petite capture d'écran vous donne une idée du phénomène. A plusieurs reprises ce mois-ci,  Nicolas a joué à ce petit jeu. 

Audine et Dorham s'étaient amusés à propulser mtislav...  Vous voyez où ça nous mène. 

Disons-le tout net, nous nous acheminons vers une cessation d'activité. Il y a encore quelques coups que nous avons envie de jouer après quoi nous tirerons notre révérence. S'il y a quelque texte qui nous tiennent à coeur, nous proposerons à des âmes charitables de les publier : mtislav deviendra un SBF, sans blog fixe...

Pour le Miko, ce mois-ci, toujours autant de monde aux premières places. Ceux qui progressent ont tendance à passer devant ceux qui les précèdent. Tristesse, ceux qui perdent des places voient des plus chanceux leur passer devant. Faites bon usage de ces informations, ménagez les blogueurs fragiles et calmez les démonstratifs. 

vendredi 30 janvier 2009

Ouvrez Updike (La Ferme !)

     
Vous n'avez jamais lu une page de John Updike, Loïs de Murphy a oeuvré pour vous...  A ne pas manquer !

"Parler. Il semble que pendant toute mon enfance on n’ait rien fait d’autre à la maison. Parler remplaçait tout, le pain et l’amour, l’argent et la misère, Dieu et le Diable, la confession et la songerie."

C'est extrait de La Ferme (Of the Farm, 1965). La suite sur Biffures Chroniques !


photo : Galerie de Matt and Jordan Bucher 
          

jeudi 29 janvier 2009

27 000 manifestants à Pau...

        
"27 000 manifestants" aujourd'hui à Pau... selon les organisateurs, "historique" ! Voilà ce qui se disait dans la manif'. 

Le cortège avait accompli près de la moitié de la distance à parcourir sans qu'une bonne partie des manifestants n'aient pu démarrer.

Le Post publie une carte des manifestants, le chiffre est sensiblement plus faible. Vendredi fait le point. Un succès !



Pas pris de photo... Celle-ci est de Mat Jacob (source).
   

mercredi 28 janvier 2009

La langue de Laurence Parisot : The Davos Limited

      
Aujourd'hui, nous avions prévu de laisser la parole à notre spécialiste de la rubrique culturelle. En arrêt de travail, aux prises avec de terribles problèmes gastriques (ici, nous considérons que nous vous devons la vérité), elle a renoncé alors même que nous menacions de téléphoner au Docteur Parisot et de l'envoyer au forum "épidémiologie" de Davos. Elle ne pliait toujours pas. Las, nous avons donc décidé de laisser la parole à notre spécialiste en économie, très angoissé en ce moment, tout prêt à lancer des cris confus, garçon fragile s'il en est, garçon compliqué, en crise. Un employé modèle (une lavette pourrie jusqu'à l'arête de l'avis de toute la rédaction).



J'aime beaucoup les collages, celui qui sert de support à la bannière 100 % blogs de meuf me plaît beaucoup. Je l'afficherai bien sur mon blog, je le mériterais car je considère lutter dans ce sens mais je fais plutôt partie de ces soldats veules et opportunistes qui suivent la roulotte de la cantine, tirent dans le dos de leurs chefs ou se séparent de leur uniforme à la première escarmouche. Je ne voudrais pas causer du tort à une cause noble.


Parlons un petit peu chiffons si vous le voulez bien. Laurence Parisot à France Inter (mercredi 28 janvier 2009) : 

Nicolas Demorand : Bon, ça fait du boulot en tout cas pour le Davos 2009, le forum économique mondial... Vous y allez y ou pas Laurence Parisot ?

Laurence Parisot : Pour la première fois euh de ma vie euh j'y vais. Je vais y passer 24 heures, je voudrais... (coupée par le tonitruant interviewer)

Nicolas : C'est un geste de solidarité appréciable en ces périodes de crise ! (rire du tonitruant interviewer)

Laurence : Pas du tout, c'est un geste de curiosité intellectuelle euh e é enfin manifeste c'est-à-dire j'ai j'ai absolument besoin de comprendre, d'abord si certains des acteurs qui ont une part de responsabilité forte dans cette crise se remettent en cause. Il, il le faut et je vais participer à un panel où j'ai bien l'intention de, de challenger je dirais, certains, de ce point de vue là, un panel de discussion.

Nous nous épargnons la transcription de la suite. Laurence n'oublie pas le deuxièmement, la seule chose, c'est qu'elle dit exactement la même chose que dans le premièrement.

Laurence se croît encore à l'IFOP et part à Davos pour participer à un panel de discussion

Challenger ! Un petit peu plus d'un siècle qu'on ose l'utiliser dans notre belle langue, autant dire que les publicitaires n'ont jamais parlé autrement.

Venons-en à la curiosité intellectuelle. Que Laurence prenne plutôt en compte son empreinte écologique et reste tranquillement chez elle à relire Schopenhauer

En ce qui nous concerne, nous irions  bien à Belém, ville du Brésil que nous ne connaissons pas et où a commencé depuis hier le Forum Social Mondial. Ce n'est peut-être plus aussi hype que ça l'a été. A Porto-Alegre, la curiosité intellectuelle poussait quelques VIP jusque là-bas...

Vous rêvez d'y être... au moins dans la rue pour profiter de la batucada... C'est chez Zoé (extraits sonores) et beaucoup d'autres choses encore.


Henry J., responsable de la rubrique économie


photo : Breno Peck et à partir de la planche Flickr de ses albums
  

jeudi 22 janvier 2009

J'ai encore rêvé d'Elle (2)

  

Vous avez le sens des priorités, vous parlez le Jude Law dans le texte, vous méritez de tout savoir sur Elle, surtout sur les pages 48 à 52 du numéro du 18 août 2008 de ce magazine.

(suite du premier épisode,


Mince, cela nous avait échappé. C'est A.G.A. qui signe l'article. Faites comme si vous ne saviez pas. Dites-vous que c'est du Elle, abandonnez vos préjugés. La journaliste a beaucoup de talent. Elle a rendez-vous avec Jude Law, on la fait attendre. Le problème, c'est l'attachée de presse qui veille sur la star. Pratiquement cinquante lignes pour nous mettre dans l'ambiance de l'intervieweuse sous pression.  

Premier mouvement. Déstabiliser l'attaché de presse. A.G.A. confie qu'après une éducation religieuse, "les mères sup' revêches, [elle] en fait du petit bois".

Deuxième mouvement. Se retrouver le plus près possible de la star pour renifler son parfum. L'article est sponsorisé par un grand couturier fabriquant de parfum. Professionnalisme oblige, il faut récompenser son sponsor ce qui est fait élégamment. "Ca sent le gingembre et la mer, je dirais." Puis, voilà qu'elle commence à filer la métaphore. "Law a beau être joli comme une fille, il a l'air d'un mec." Merci de me rassurer, ne mélangeons pas la morue et les aphrodisiaques.


Troisième mouvement. L'enjeu fantasmatique du questionnement nous est révélé : "Jude Law est-il bon à marier ?". C'est pratique car on connaît déjà la réponse. Maintenant, cherchons des repères plus proches de l'expérience commune. Jude Law se lave-t-il ? Passe-t-il du temps à la maison ? Est-ce qu'il fait du bruit à la maison ? Garde-t-il la télécommande serrée contre lui ? Cela a l'avantage de mettre en valeur les réponses, la "magnanimité" de Jude (dans le partage de la télécommande), sa volonté d'être "à 100 % avec ses enfants", les dix minutes sous la douche, information dont la star nous livre le véritable sens : "Ce qui signifie que je me lave". N'allez pas imaginer qu'il se tripote sous la douche, s'envoie la baby sitter quand il ne joue pas de la batterie drogué à mort. Quand on lit Elle, on ne peut pas rêver. On DOIT rêver.

Quatrième mouvement. Sait-il faire la cuisine. L'intervieweuse fait mine de ne pas le croire. Voilà l'acmé, la "question piège" à laquelle "99 % des hommes qui répondent oui sont gays." Revoilà l'odeur de merlan.  Pour vous dire, Jude n'a rien contre les soucoupes. Il doit y avoir un jeu sémantique secret entre soucoupes et succubes. Le succube, c'est ce démon qui se transforme en femme pour séduire un homme durant la nuit. Jude révèle avoir récemment fréquenté un antiquaire. Conclusion intermédiaire : "il est gay".  Chez qui il a acheté, justement, des "soucoupes carrées très jolies". Mais Jude "est très fort" : "Une dinette pour ma fille Iris."

Je passe sur les réveils. La question "Vous avez un côté Bree Van de Kamp ?" permet une conclusion définitive : "Il ne connaît pas les Desperate Housewives". Bon, ben, c'est sûr, il n'est pas gay."


Cinquième mouvement. Pourquoi n'est-il pas remarié ? Jude ne répond pas qu'il a déjà quelques pensions alimentaires sur les bras, que trop d'opportunités ont ruiné les véritables relations qu'il avait réussi à construire jusque-là. On oublie la baby-sitter. On oublie les succubes. "Parce que je suis trop romantique" livre-t-il. Et la journaliste de surprendre le regard entre l'acteur et son attaché de presse. "Dans le regard qu'ils échangent, il y  une complicité presque affolante." Comprenez que malheureusement l'acteur "n'a pas son libre arbitre". Et de conclure que "George Clooney, lui, ne craint pas les tête-à-tête".  C'est pas un homosexuel, juste une couille molle.

N'allez pas croire que vous venez de perdre votre temps. Elle vous propose un test. Nous vous livrons notre score (6 sur 10) et le commentaire qui l'accompagne : "Comme tout le monde, vous connaissez les basiques de la vie de Jude Law et peut-être quelques détails cruciaux comme le fait qu'il soit à nouveau célibataire. Vous avez au moins le sens des priorités..."


*Alix Girod de l'Ain


photos : Elle Japan, Elle China, Elle India.
   



Mon speed-dating avec Elle (1)

 

Il y a quelques semaines, la rédaction s'était émue des catégories du classement Miko/Elle. Poursuivant une série d'articles sur la presse, nous vous proposons une analyse d'envergure sur le dit magazine. Pendant plusieurs mois, nous avons enquêté, infiltré, décortiqué, recoupé, découpé. Nous sommes en mesure de vous présenter ce travail sur les pages 48 à 52 du numéro du 18 août 2008 de "Elle". 
   
   

Comment se procurer la dite revue ? La voler dans une salle d'attente est envisageable, vérifiez cependant l'absence de caméras de surveillance. 

N'oubliez pas que vous n'êtes pas banquier et que vous faites donc partie des délinquants inexpérimentés


Vous pouvez un instant imaginer vous lancer dans la lecture.

Grossière erreur. Un stage linguistique est indispensable. 

"Mon speed dating avec Jude Law", voilà le titre de l'article. Au cours de votre immersion linguistique, vous aurez appris ce que veut dire "Jude Law". Quoique quelques photos et leurs légendes vous renseigneront. Jude est encore un jeune homme, entre 30 et 40 ans à vue de nez, il aime bien se déguiser, se marier.

Repeat after me : "Jude a l'amour du risque, surtout en matière de style... audaces fashion ... touche hip-hop ... jogging flashy ... casual sunday ... fashionisto ... photo call ... grunge". Vous vous débrouillez, on peut continuer.

Kwouess-Tchionn : "Revue des femmes qui ont gagné son coeur". 

"Quand Jude rencontre Sadie, elle plus hype que lui puisque Kate Moss est sa meilleure copine. Il découvre avec elle les joies de la paternité et des paparazzis. Trois enfants et six ans de mariage plus tard, xxxx révèle que Jude est un pervers infidèle." Answer ? (réponse) 

Sadie Frost. 

"Devenu le divorcé le plus hot de la planète, il forme avec la starlette de 22 ans le couple le plus branché - et l'un des plus épiés - de London." Réfléchissez. 

Sienna Miller.

"En pleine romance avec Sienna, Jude est surpris à batifoler avec la nounou. Sienna le largue, invente le style boho et se console avec des rockeurs." Cette fois, c'est facile.

La baby sitter.

"Fini les actrices, Jude se rabat sur les tops. Avec l'exotique et trendy xxxxx, sa nouvelle conquête, arrivera-t-il à se poser ?" Ce n'est pas une colle.

Lily Cole.

Maintenant que vous parlez le Jude Law, vous êtes en mesure de lire la suite.

   

mardi 20 janvier 2009

Thank you (merci)

   
Merci aux visiteurs qui ont été curieux du petit panneau animé "moins d'argent pour les armes, plus d'argent pour la solidarité" et ont signé la "lettre à Obama" de fdh. La cause peut sembler désespérée, l'invention de la pauvreté étant pratiquement aussi ancienne que celle de la richesse. Dans le même ordre d'idée, on pourrait aussi écrire à notre Président.

Qui ne doute de rien n'a rien.
    

         

lundi 19 janvier 2009

J'ai rencontré une vedette

          
Désormais, les lecteurs fameux de ce blog ont atteint la majorité. Ils sont 21 sans compter les autres. Je n'en fais pas partie, même si mon blog est un de ceux dont je me tiens informé régulièrement. A force, on finit par s'agacer de ces expressions qui reviennent sans arrêt. "Sans doute", celle-là me poursuit. Je ne peux pas aligner trois mots sans qu'elle s'insinue. Tare plus redoutable encore, la volonté de se séparer de son lecteur. De le perdre. Le même instinct qui pousse à vouloir le retenir. Cher lecteur. Quelques gros mots peuvent tout aussi bien faire l'affaire. Les bons mots tout autant. Le cri désespéré de celui qui écrit ce qu'il veut dans son blog n'est pas le mien. On n'écrit pas ce qu'on veut mais ce que l'on peut.

La silhouette du nouveau lecteur me fait signe. Il s'appelle Farid, c'est un blogueur. Qui écrit des billets indispensables. Il y a aussi un Farid futile. Qui n'hésite à dissuader le lecteur de le lire en publiant un article accompagné d'une photo de femme nue. Il l'a rencontrée par hasard. 

"J'ai presque failli lâcher le pistolet de gazoil et m'en mettre plein les pieds. Depuis qu'elle a élu domicile dans les environs de Compiègne, il ne se passe pas un jour sans qu'on me dise qu'on l'a croisé ici ou là et même souvent la et là."

D'autres blogueurs ont eux aussi fait cette expérience. 

Dorham, c'était Luis Fernandez

Didier Goux, Mark Knopfler ; c'était au restaurant. Didier s'en souvient, rassurez-vous, il ne savait pas du tout qui il était. Si c'est aussi votre cas, disons que l'un est presque aussi célèbre que les Beatles et l'autre est justement un fan des Beatles

Zoridae, Balmeyer

Je suis sûr que vous aussi, vous avez rencontré une célébrité. 

Les plus chanceux en auront connue une de très près. J'ai ainsi longtemps partagé mon appartement avec une actrice relativement connue.  Disons que sur la porte était inscrite la mention suivante : "mtislav & charlotte rampling".
 
Je crois avoir vu un jour Robert Charlebois. Il portait les lunettes noires de Ray Charles. J'ai un doute cependant. Je n'ai pas pu me résoudre à vérifier.
"- Excusez, ce sont bien vos lunettes ?"

Là, j'en suis certain. J'ai vu Jacques Chancel. Nous étions avec une tante venant d'une autre planète. Du futur. Elle ne connaissait pas cet animateur de télé et de radio réputé (au pré-cambrien). Nous l'envoyâmes en mission : va le voir, demande-lui un autographe. Et la célébrité de se transformer sous nos yeux, camembert qui s'abandonne. C'était un animateur connu pour ses interrogations métaphysiques. On se demandait si elle réussirait à placer un "Et Dieu dans tout ça ?" comme on le lui avait demandé. Très chrétienne, elle y parvint sans aucune difficulté. Amen.

Quelques autres rencontres. Bernard Lavilliers après un concert. Les mères ont toutes les audaces. Jamais je n'aurais tenté la chose. Elle sont capables de vous faire mourir de honte. J'ai suivi. Un peu plus, elle se remariait avec lui. Tu as eu ta chance, Bernard.

D'autres artistes, moins connus. Monica Passos, toujours après un concert. Caetano Veloso,  au cours d'un goûter anniversaire d'un cousin. Je n'ai pas osé l'aborder.

Voilà, à vous de raconter votre rencontre avec une célébrité. Si vous vous êtes contenté de la rêver, que cela ne vous arrête pas.

    
photo : Stardust Memories de Woody Allen
dessin : fmbmp 
    

dimanche 18 janvier 2009

Elle est Belle la marée

    
Pour ce qui est de la critique littéraire, notre collaborateur en charge de cette rubrique est loin de faire l'affaire. Nous lui avons conservé sa place dans la mesure où il s'occupe un petit peu du ménage. Son défaut principal ? C'est un piètre lecteur. Il est un petit peu trop imaginatif. Mais comme il fait un peut tout, il ne pas tout faire. Ce serait bien qu'il aille nous préparer un petit repas là.

Ecrire un feuilleton dans un blog est un art très particulier. Certains vont tout préparer à l'avance, fignoler leur ouvrage et ne le publier qu'au fur et à mesure. D'autres vont préparer un canevas et se lancer. Quelques casse-cous vont oser se lancer sur un coup de tête, se placer délibérément dans des situations narratives impossibles par goût du risque et de l'accident.

On ne sait pas exactement à quelle catégorie appartient Dorham. A toutes un petit peu dans une proportion qui lui est propre.

Le blog de Dorham est un plaisir pour les yeux, il est élégant ; Dorham aime accompagner ses textes d'une image qui en prolonge le plaisir ou offre au lecteur un raccourci émotionnel. La série d'illustrations choisie pour "Belle" (tel est le nom de l'opus que nous allons évoquer) est merveilleuse. Vous êtes en train de vous demander si votre serviteur n'exagère pas un tout petit peu avec sa brosse reluire. Pourtant, je n'ai encore demandé à personne de lire. Vous pouvez facilement vérifier mes assertions.

Bien sûr, il n'y a pas d'actualité urgente à lire un feuilleton. Et pourtant si. Vous êtes ici, je ne parle pas des habitués, parce qu'un blogueur machiavélique propose un lien sur son blog, une ou deux fois par mois. Le lectorat explose à cette occasion. Certains pensent que la notion d'influence pour un blog est ridicule, c'est faux. 

Vous êtes ici, et bien, en sortant, j'espère que vous la trouverez, Belle. Le premier épisode a été publié le 11 novembre 2008. N'allons pas jusqu'à dire qu'il faut lire cet épisode le jour des cendres (c'est son titre). Ce serait abusivement restreindre le lectorat d'un premier épisode qui pour ce qui me concerne m'a littéralement renversé. 

Dorham nous a par la suite mis au supplice. La naissance des flammes le 13. Tu veux dormir avec moi, Ray ? le 18. La chasse aux onze pistes le 21. Les vivants et les morts le 25. Les pilleurs de tombe le 4 décembre. Les hommes s'en vont le 23 décembre. 
Et enfin huitième et dernier épisode, la retraite des braves le 15 janvier. Songez que nous avons passé deux mois sur le gril. 

Vous attendrez moins votre hareng pomme à l'huile. J.P. Géné l'évoque dans sa chronique du Monde 2 de samedi : "Un plat de haute précision". 
Le hanreng pomme à l'huile, faut pas confondre avec le maquereau au vin blanc. C'est pas pareil.” Seule une fréquentation assidue des comptoirs où l'on pense permet de recueillir de telles vérités, empreintes de sagesse bistrotière (1/3 ricard, 2/3 d'eau). Le hareng n'est pas sujet de conversation aux tables de bridge. Il est plein d'arêtes, sent fort, ne vaut pas grand-chose et se vautre dans le gras avec des patates. Un plat de basse extraction, tiré de la mer et sorti de la terre à la force des bras. Il a les ongles sales, les mains crevassées et l'haleine forte. C'est un régal."

Ayant en charge la rubrique gastronomique et celle consacrée à la littérature, je vous prie de bien vouloir comprendre que nous ne pouvons abandonner notre lecteur pour une telle lecture le ventre vide. Et nous voyons une analogie entre ce plat, la mécanique du polar telle que l'utilise Dorham et son esprit. Littérature de basse extraction, le polar est méprisable par son odeur, de peu de valeur et ne flatte pas l'intellect. Avec Dorham, il vous laissera les ongles sales, les mains crevassées et l'haleine forte. Et comme J.P. Géné, il vous faudra conclure que c'est un régal.
Merci à Nicolas qui nous a fourni les lecteurs et le hareng.

   

vendredi 16 janvier 2009

Après le web 2.0, profitez du Coucou 3.0 : ce n'est pas trop tard.

   

J'adore les backlinks du Coucou de Claviers, Technorati et Wikio peuvent aller se rhabiller : voilà le Coucou 3.0 !









PS. Les 20.000 lecteurs qui en feront la demande dans les 5 prochaines minutes recevront un chèque de 10.000 euros et le plus myope recevra une paire de lunettes dédicacée. Dommage, trop tard pour vous.

oeuvre picturale : prêt de la fondation mtislav pour les borgnes, les myopes et les pilotes d'avion
  

Lourd, dingue et borgne

                                   
Ce ne sera pas sur le trône que y piocherez à moins de risquer la crise d'hémorroïde étant donné l'effort musculaire que réclame l'objet. Ce ne sera pas couché dans votre lit, vous passeriez à travers le matelas.  Il faut poser l'objet sur une table et se tenir debout à côté de lui. Procéder donc comme un prêtre durant l'office. Ce sont des "Amis Américains" de Bertrand Tavernier dont il est question.

L'iconographie est fabuleuse, à l'image de cette simple enveloppe où figure l'adresse de Bertrand Tavernier, l'expéditeur étant Delmer Daves, lequel n'apparaît que dans la légende.
 
A prendre dans le double sens du mot. 

On découvre l'obscur objet du désir de Bertrand T., l'angle mort entre l'obsession et le grand écran. 

C'est un scoop, il y a quelques années, vous auriez pu écrire à Bertrand T. un simple et déchirant "Je vous aime", l'adresser au 180 Bd Berthier, Paris 17, France. Maintenant, c'est trop tard mais vous pouvez encore lire quelques passages du nouveau testament dont vous avez forcément entendu parler, écrit pour répondre à l'amour que vous lui portez.

Tu aimeras Bertrand Tavernier. Voici le commandement biblique qui s'impose avant même de jeter un oeil sur l'une des 995 pages. 

Le royaume d'Hollywood sera peuplé de borgnes, c'est le second commandement.

A vous d'en reconnaître huit et d'identifier le jeune homme qui a mis John Ford en état d'arrestation (photo 8). 

1 - 2 - 3






4- 5 - 6







7 - 8










           photographies volées : Amis Américains, Entretiens avec les grands auteurs d'Hollywood, Institut Lumière, Actes Sud.
    
    

mardi 13 janvier 2009

On a marché sur la lune

    
    
C'est décidé, cette année, nous participerons à toutes les manifestations.












   

samedi 10 janvier 2009

Esclave 2.0

   
photo  : Okinawa  Soba
        
Nicolas a été un des premiers visiteurs ici. A l'heure où certains nous mettent en garde contre les effets pervers de la blogosphère - Eric Dupin parle de "nouveau marché aux esclaves" de manière très juste dans l'édito de Vendredi n°10 - force est de reconnaître son courage.

C'est lui qui nous a fait don de nos premiers points technocratiques, lui encore qui nous fait mentir et commente nos billets les plus dérisoires.

Il nous a même laissé le devancer au classement Miko. Et oui, le blog mtislav est maintenant mieux classé. C'est insupportable. Nous en appelons à la générosité des uns et des autres. Conseillez-le. Aidez-le. Linkez-le. De notre côté, nous nous engageons à tout faire pour basculer rapidement dans la catégorie des blogs prétentieux et pathétiques. La seule dans laquelle règne une véritable compétition.
      
Nous apprenons par ailleurs qu'une nouvelle grève d'une durée illimitée vient d'éclater, laissez-nous au moins finir ce bill... 
    

vendredi 9 janvier 2009

Encore un chat écrasé

    
Vendredi est un journal qui vaut la peine d'être lu. Les blogueurs ont bien du talent. La rédaction du blog mtislav a lu Authueil ! Excellent ! Personne ne se souviens plus sur quel sujet, le lien vous permettra de tomber sur un des rares billets qui ne soit pas nu. La reproduction d'un tableau accompagne le billet que nous avons choisi.

Cela ne nous regarde pas, mais vous verrez. Comment il vous regarde.

Les découvertes sur les blogs sont rares, Vendredi permet d'en réaliser quelques unes.

* * * 

Nous avons jeté un coup d'oeil aux statistiques de ce blog de grévistes patentés et d'incorrigibles flemmards. Vous allez rire, le billet qui a été le plus lu (Comment se débarrasser d'un chat...) totalise 286 lecteurs. Nous avons honte, il y a avait une faute d'orthographe dans le titre. Personne n'a osé nous en faire la remarque. Personne n'a commenté le billet.

Moralité : les fautes d'orthographe génèrent un flux de visites beaucoup plus important qu'une saine graphie ne saurait le produire ; choisissez toujours d'être utile à votre prochain quitte à maltraiter  un animal ; évitez d'être commenté.

photo : Môsieur J.
   
   

mercredi 7 janvier 2009

Comment la Catalogne fut inventée

                     
J'ai terminé la lecture du livre de Shlomo Sand à la fin de l'année dernière. Je ne voulais pas nécessairement évoquer ce livre, des blogs en ayant fait un compte-rendu intéressant donnant une idée assez bonne du contenu de l'ouvrage ("Comment le peuple juif fut inventé, De la Bible au sionisme", traduit de l'hébreu par Sivan Cohen-Wiesenfeld et Levana Frenk publié en France chez Fayard). Daniel Mermet avait diffusé une de ses émissions au cours du mois de septembre dont l'invité était Shlomo Sand, ce qui m'avait donné envie de lire le livre.

On mesure à quel point ce que l'on sait sur le peuple juif est fragmentaire et souvent inexact. 

A l'apogée de l'expansion du judaïsme, au début du troisième siècle après J.C. , un brillant haut fonctionnaire originaire de Bithynie, Dion Cassius notait à propos de la Palestine : 
"c'est l'ancien nom de la contrée qui s'étend depuis la Phénicie jusqu'à l'Égypte, le long de la mer intérieure ; mais elle en prend aussi un autre. Elle se nomme Judée et les habitants s'appellent Juifs.
17. Je ne connais pas l'origine de ce second nom ; mais il s'applique à d'autres hommes qui ont adopté les institutions de ce peuple, quoiqu'ils lui soient étrangers. Il y a des Juifs même parmi les Romains : souvent arrêtés dans leur développement, ils se sont néanmoins accrus au point qu'ils ont obtenu la liberté de vivre d'après leurs lois. Ils sont séparés du reste des hommes par toutes les habitudes de la vie ; mais surtout parce ils n'honorent aucun dieu des autres peuples ; ils n'en reconnaissent qu'un qui leur est propre et qu'ils adorent avec ferveur."

Shlomo Sand consacre un chapitre au "Prosélytisme juif dans l'Empire romain". Certes, il est aujourd'hui possible de se convertir au judaïsme mais on n'associe guère judaïsme et prosélytisme. Avant la "révolution chrétienne" pourtant, c'était bien la dynamique à l'oeuvre par le biais non pas de missionnaires mais de la littérature, notamment par la traduction de l'Ancien testament en grec ancien.

Un autre aspect du livre m'a rappelé un essai d'Anne-Marie Thiesse consacré à la question de la création des identités nationales (c'est le titre de son livre paru en poche,  dans la collection Points histoire). Il est question de l'Europe du XVIIIe au XXe siècle. Elle relevait que "rien n'est plus international que la formation des identités nationales". Une autre idée intéressante, c'est un phénomène relativement récent. "Les nations modernes ont été construites autrement que ne le racontent les histoires officielles. Leurs origines ne se perdent pas dans la nuit des temps (...). La véritable naissance d'une nation, c'est le moment où une poignée d'individus déclare qu'elle existe (...). Les premiers exemples ne sont pas antérieurs au XVIIIe siècle : pas de nation au sens moderne, c'est-à-dire politique, avant cette date."

Sand fait une démonstration du même ordre, s'attachant à démonter les mécanismes de cette construction nationale du peuple juif et d'Israël, exhumant ce que l'histoire officielle a mis de côté, falsifié ou oublié.

L'avant-propos est un régal, ce sont de petits récits, celui de Cholek, de Bernardo, de Mahmoud de Jaffa et de Mahmoud le réfugié, de Gisèle et de Larissa. Récits qui permettent de comprendre comment Sand a creusé l'histoire de ces identités individuelles. 
"Bernardo naquit à Barcelone en 1924. Bien plus tard, on l'appelera Dov. La mère de Bernardo, comme celle de Cholek, fut toute sa vie une femme pieuse (elle ne fréquentait pas la synagogue mais l'église). Son père en revanche, avait depuis longtemps cessé tout commerce avec la métaphysique de l'âme ; comme bien d'autre ouvriers métallurgistes de Barcelone la rebelle, il était devenu anarchiste. Lorsque éclata la guerre civile, les coopératives anarcho-syndicalistes apportèrent leur soutien à la jeune République et parvinrent même, pendant un temps, à prendre le pouvoir à Barcelone. Mais les forces franquistes ne tardèrent pas à affluer ; le jeune Bernardo participa, aux côtés de son père, aux ultimes combats dans les faubourgs de la ville. (...) [Il] se retrouva à Marseille en 1948 et décrocha un emploi aux chantiers navals. Un soir du mois de mai, dans un café sur les quais, il se trouva attablé en compagnie d'un groupe de jeunes pleins d'enthousiasme. Au milieu de la convivialité ainsi créée, le jeune "métallo" se convainquit que le kibboutz, dans le tout jeune Etat d'Israël, constituait la continuité évidente des coopératives révolutionnaires de Barcelone, dont il gardait la nostalgie. Sans lien aucun avec le judaïsme ou le sionisme, il embarqua sur un navire rempli d'immigrants clandestins à destination de Haïfa, d'où il fut conduit directement dans la zone des combats de Latroun. Il en sortit vivant, contrairement  à beaucoup d'autres, et rejoignit aussitôt après le kibboutz dont il avait rêvé un soir de printemps sur le port de Marseille. Il y rencontra celle qui allait devenir la compagne de sa vie : leur mariage fut célébré par un rabbin, à la va-vite, en même temps que celui de plusieurs autres couples. A l'époque, les rabbins exerçaient leur office dans la discrétion et ne posaient guère de questions aux futurs époux.
Le ministère de l'Intérieur ne tarda pas à s'apercevoir qu'une malencontreuse erreur avait été commise : Bernardo, qui répondait désormais au nom de Dov, n'était pas juif. Le  mariage ne fut pas dissous cependant, et Dov fut convoqué à un entretien officiel afin de clarifier définitivement son identité."

Je ne vais pas vous recopier intégralement la suite, l'entretien entre le fonctionnaire et Bernardo étant un bijou d'ironie et de mise en abyme. 
"- De quelle nationalité êtes-vous ?" demanda le scribe.
Dov hésita : "Israélienne.
- Impossible ! Ca n'existe pas, trancha l'employé.
- Et pourquoi donc ?
- Parce qu'il n'y a pas d'identité nationale israélienne", soupira le représentant du ministère de l'Intérieur, avant d'ajouter : "Où êtes-vous né ?
- A Barcelone.
- Alors, c'est nationalité espagnole, affirma l'employé en souriant.
- Mais je ne suis pas espagnol ! Je suis catalan, et je refuse d'être inscrit comme espagnol ; j'ai combattu pour cela, avec mon père dans les années 30 !"
L'employé se gratta le front ; il ne possédait pas de grandes connaissances historiques mais respectait les personnes : "Alors on va écrire : "nationalité catalane"."
La réponse fusa : "C'est parfait !"
C'est ainsi qu'Israël devint le premier Etat au monde à reconnaître officiellement la nationalité catalane.
"Et maintenant, quelle est votre religion, monsieur ? reprit l'employé.
- Je suis athée.
- Je ne peux pas écrire cela. L'Etat d'Israël n'a pas prévu cette définition. Quelle est la  religion de votre mère ?
- Quand je l'ai quittée, elle était encore catholique.
- Alors je vais écrire : "religion chrétienne", indiqua l'employé soulagé.
Dov, pourtant de tempérament placide, commençait à montrer des signes d'impatience :
"Je ne veux pas d'une carte d'identité où il est mentionné que je suis chrétien ! Non seulement cela va à l'encontre de mes convictions, mais cela porterait atteinte à la mémoire de mon père qui, en tant qu'anarchiste, a brûlé des églises pendant la guerre civile."
Le fonctionnaire, après avoir à nouveau hésité, finit par trouver une solution ; Dov sortit du bureau avec entre les mains une carte d'identité de couleur bleue portant, en lettres noires, la mention de sa nationalité et religion : catalane."

J'espère que cela vous donnera envie de lire ce bouquin. La lecture du premier chapitre m'a paru difficile, ce n'est pas le cas du reste. La fin de l'ouvrage vous apportera de nombreuses informations sur la question de la démocratie aujourd'hui en Israël. Il pose la question : "juif" et "démocratique" serait-il un oxymore ? Il préfère qualifier son pays de "démocratie limitée" et de "théocratie". On comprend facilement pourquoi il a attendu d'obtenir son titre de professeur pour publier ce livre.


ps : sur la photo, un sommet mythique, symbole d'identité pour toute une vallée et au-delà ; sous cet angle, il est parfaitement démocratique : parviendrez-vous à lui établir ses papiers ?
   

lundi 5 janvier 2009

Souvenir du quaternaire

       




















en dessous du col de Saoubathou, vallée d'Aspe
   

samedi 3 janvier 2009

Nânyah panthâ vidyate ayahâya

    
Vous avez de la chance. Vous avez lu récemment un billet qui vous rappelle le souvenir d'une soirée entre étudiants. Suffisamment pourvus pour se payer un petit restaurant. Pas assez pour que le moment ne soit pas en lui-même une fête. Cela se passe dans une belle ville du Sud. La fille en noir a du poppers. C'est une histoire qui vous rappellera si vous l'avez lu le chapitre IV de l'ouvrage de Sri Aurobindo intitulé "Les Bases du Yoga". C'est un petit cadeau de retour de voyage qui atterrit entre les mains aujourd'hui. Je l'ouvre directement à la page 90.

"Chapitre IV, Désir - Nourriture - Sexe

"Nous ne devenons conscients du désir que quand il émerge à la surface et que le mental le perçoit. Il nous semble être nôtre parce que nous le sentons monter ainsi du vital au mental et que nous ne savons pas qu'il venait du dehors." Ce poppers est un produit déjà interdit à l'époque, peu importe, il se présente sous la forme d'un spray. Il circule autour de la table, qui veut essaye. Un garçon, disons, 23 ou 24 ans plutôt goulu, Caleb, essaye, une fois, deux fois, trois fois. Il ne sait pas s'arrêter. Sait-il que le produit est un aphrodisiaque ? Il le sait mais ne l'a jamais expérimenté auparavant. La soirée se termine. Il est autour de quatre heures du matin. Ils ont regagné un appartement d'étudiant. Il y a là Caleb, un autre garçon, plus raisonnable que lui. Que nous appellerons Nathan. Comme dans "Le Choix de Sophie" que Cal a lu quelques mois auparavant. Il y a aussi la fille en noir que nous n'appellerons pas Sophie car en fait, c'est une rousse qui vous chante "Put the Blame on Mame" avec conviction, ce sera donc Rita.

Le poppers fiche à Caleb une trique d'enfer. Il ne peut pas s'imaginer bouger un sourcil. Le frottement d'un quelconque grain de matière sur son subconscient provoquerait une telle montée du désir qu'il en éjaculerait immédiatement. Cal se concentre sur la formule physico-chimique qui occuperait sans doute plusieurs tableaux noirs, la formule de la bandaison, complexe dans son mécanisme mais éminemment simple dans ses manifestations.

Nathan est du point de vue de ses préférences sexuelles homo, mais ils sont tous les trois là, un petit peu comme quand on découvre la carte. Il y a un menu hors de prix qu'on ne parcourt que par goût de la poésie. Il y a aussi les tripes, ça vous savez que vous n'en voulez pas. Et puis, il y a ce qui vous arrive parce que vous avez cru bon de vous abandonner aux conseils généreux d'un hôte irrésistible.

Rita est toute en caresses, mouvements provocants qu'elle lance comme des jeux. Chacun participe, se soumet. Surtout Caleb car, rappelons-le, l'excès de poppers l'a transformé en pur esprit turgescent qui n'a pas encore lu Sri Aurobindo. Rita sera qualifiée à l'issue de cet épisode de nymphomane. Comprenez, c'est un jugement de dépit. Prenons une image un peu obscure pour nous dédouaner. Vous sortez de table. "C'était bon ton haddock de rhubarbe à la canaille ?" Des patates servies avec une sardine, c'est vrai, c'est bon. Quand on est mort de faim à l'issue d'un conflit qui a entretenu votre faim plusieurs années, c'est un délice. Rita a bien engagé Caleb vers l'incandescence. 

Caleb est chaud. Il entrevoit le souvenir d'un type à la caisse du bar-tabac qui a pris deux millionnaires et un rapido. Il est en train de se faire avoir mais il les veut ses attrape-nigauds. S'il gagne, il en voudra encore. Caleb est dans cet état. Il lui reste un peu de discernement, le même que celui dont dispose le fumeur à ce même comptoir. Il ne va pas demander qu'on lui échange son paquet parce qu'il a écopé de l'inscription "fumer tue". Il pourrait tout aussi bien réclamer une inscription qui lui promette l'impuissance, mais il n'y croit pas.

Rita joue avec l'un des garçons, l'autre attend vivement son tour. Que fait-elle ? Ce que vous imaginez va bien au-delà de la situation. Elle fait courir ses cheveux sur son visage. Pour cela, elle a contourné la chaise, effleuré une épaule avec sa poitrine en inclinant son buste. Dans l'imaginaire d'un hétéro moyen et terriblement inexpérimenté comme Caleb, à la fin, le garçon saute la fille ou mieux encore elle organise tout ça pour que cela se produise avant qu'il ne se transforme en éjaculateur précoce. Et là, il sent qu'il n'y a pas assez de kilomètres de tableau noir sur la planète pour y inscrire la résolution de cette équation compliquée. Il n'y a pas de cerveau pour en imaginer la solution. A part peut-être Sri Aurobindo : "La différence entre le refoulement et le rejet essentiel est la même qu'entre une maîtrise mentale ou morale, et une purification spirituelle.

Le problème, revenons-y, ce sont les drogues en général, le poppers en particulier. Nous n'en faisons pas l'éloge. Bien des années plus tard, Caleb, Nathan ou Rita ignorent ce qui a pu se passer. Et lorsqu'ils parviennent à se souvenir de tel ou tel moment, c'est avec assurance qu'ils vous assènent que ce soir-là il ne s'est rien passé.
      
        image : source

   vidéo : extrait de "Gilda" de Charles Vidor (1946)
 avec Rita Hayworth, Glenn Ford. 
Dans l'extrait, Steven Geray.
   

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